Textes et images - septembre 2009

 

Visage d’enfant en larmes

Mercredi 30 septembre 2009

Si ces visages défaits et en larmes étaient des adultes, nous aurions pu penser à toutes ces imprévisibles et malheureuses circonstances de la vie : perte, abandon, séparation, souffrance, trahison, échec, humiliation… Même si elles étaient encore si jeune, ces visages d’enfants angéliques tout en larmes traduisent déjà mille et une peines de la vie humaine. Si la peine n’a qu’un seul aboutissement, elle peut être de mille causes.

Vous vous demandez peut-être la cause de ces pleurs, la source de ces peines inexprimables. Pourquoi pleurent-elles ces petites cocottes?

Soyez rassuré! Ce sont des pleurs provoqués volontairement par une photographe. L’expérience artistique se déroule en sécurité, dans un studio en présence des parents qui chérissent leur progéniture. Sans doute. Pas de violence physique, ni de traumatisme psychique. On leur a tout simplement enlevé un bonbon de la bouche, un jouet doudou ou leur suce. Si vous avez des enfants de cet âge, vous auriez probablement déjà vu ce type de visage lors d’une prise de sang ou d’une vaccination. Ça vous a brisé le coeur, dites-vous?

Ah! Nous avons quasiment oublié le sujet de ce billet… ce sont des oeuvres de Jill Greenberg, une photographe, née à Montréal, mais Américaine.

Enfant et vaccination Jeune fille en larmes
Les larmes d'enfant Un bébé qui pleure

Pas de baisers à Naples

Mardi 29 septembre 2009

Pas de baisers à Naples, non plus!

En parlant de l’artéfact, le reliquaire de San Gennaro est aussi interdit aux baisers des fidèles à Naples. Car la grippe H1N1 fait peur à plusieurs. La propagation du virus de la grippe H1N1 a incité l’archevêque de Naples à interdire la pratique des fidèles qui embrassent le reliquaire renfermant les ampoules contenant le sang de San Gennaro.

Connaissiez-vous du truc de sang liquéfié de saint Janvier? Pardon… non?! Ah! Que vous nous déceviez. ;-)

La légende du saint Janvier raconte qu’à Antignano, le samedi précédent le 1er jour de mai du début du IVe siècle, lors du transfert de son corps vers sa catacombe, le sang se liquéfia lorsque les deux ampoules contenant le sang desséché furent approchées de sa dépouille par sa parente.

Ce phénomène a ensuite été attesté pour la première fois à Naples le 17 août 1389.

Vive Wikipédia! Si vous aimez connaître davantage sur saint Janvier (San Gennaro), par ici.

Reliquaire de San Gennaro

Fesses de Lleona interdites aux baisers

Lundi 28 septembre 2009

Gérone, la ville de l’Espagne connue pour sa statue médiévale représentant une lionne agrippée à une colonne, interdit que l’on embrasse les fesses de sa lionne, la Lleona de Gérone!

Une tradition locale… disons une superstition veut que tout voyageur se doive de baiser les fesses de Lleona pour que la chance soit de son côté durant son séjour au pays d’ailleurs. Voilà maintenant que la pandémie de la grippe A H1N1 bouleverse les moeurs et coutumes de la Gérone. Devant le risque de propagation du virus grippal A que représente les baisers en quête de chance, la Ville de Gérone a retiré l’escalier qui conduit aux fesses de la lionne… pardon, à la statue porteuse de chance.

Ce dont plusieurs ignorent, l’authentique statue est au Musée d’art de Gérone, la Lleona dont son derrière est maintes fois embrassées n’est qu’une pâle copie.

Ah! C’est fâchant! Ces tricheurs d’artefact!

Les fesses de Lleona de Gérone interdites aux baisers
Photo : J. Soler

Baiser de la mort

Dimanche 27 septembre 2009

Ben non, ce n’est ni un baiser de la mort, ni un baiser de la grippe. C’est juste un baiser non contagieux, un baiser protégé, un baiser pour la photo…

Pensez-vous que cette image ferait partie un jour au folklore des photos de baisers célèbres, comme le Baiser de l’hôtel de Ville, le Baiser fraternel de d’Honecker et Brejnev, le Baiser de Britney et Madonna…? Ouin, il y a là de la matière pour plusieurs billets. Bon, nous pensons toutefois qu’il manque un peu de magie, de drame et surtout, une absence de spontanéité dans ce baiser aux masques anti-grippe.

Alors, y a-t-il un couple qui fera mieux avec des masques? Levez la main si vous plaît! ;-)

À bien y penser… il y avait aussi le Baiser au balcon du Palais de Buckingham qui a viré au couchemar. Bon, assez de blabla de baisers célèbres. Bonne semaine!

Baiser de la grippe A

Masque de grippe et photo de femme

Samedi 26 septembre 2009

Tout peut être prétexte pour parler de l’art, seul le sens du mot « art » varie. Par exemple, qu’est-ce que le pouvoir? Est-ce la mise en place des institutions, le processus d’influence, l’instrument de la domination, le jeu de rapport de forces, l’exécution du mandat confié, la puissance de la multitude…

Au fait, de quoi voudrions-nous écrire aujourd’hui?

Il y a ces moments comme présentement, nous voulions simplement écrire quelques phrases comme «Ah la grippe, source d’inspiration infinie pour des artistes à la recherche d’un sujet porteur de l’expression de leur art… » et, en vous flanquant cette photographie de femme à la masque de l’artiste Andy Julia, tout en terminant le billet avec une phrase nulle, genre, « tout est prétexte pour utiliser la grippe A comme véhicule. »

En fait, en ce moment-ci, avec ce billet intitulant Masque de grippe et photo de femme.  Une p’tite voix fatigante dit : « Aille! Que faites-vous du sens et de la portée… »

Vous le saviez sans doute, il faut parfois simplement l’ignorer.

En passant, n’oubliez pas de cliquer sur le lien que nous avons placé sous le nom de ce photographe, le concept de mise en séquence d’images de Andy Julia est intéressant si vous vous intéressez à la représentation du « temps », aux images mentales et à l’oeil de l’artiste. Si vous n’êtes  pas intéressé à ces préoccupations formelles et abstraites d’artiste, ben, vous y trouverez quand même des photos de jolies femmes… peu vêtues.

Si si, nous ne parlons pas du voyeurisme. Sans blague, nous faisons référence à la pulsion de l’être humain qui tente de se rassurer, de sa propre normalité en observant d’autrui.

photo, masque, grippe, femme...Image : Andy Julia, photographe contemporain

Virus de la grippe A H1N1

Vendredi 25 septembre 2009

Aujourd’hui, de l’art insolite…

Une sculpture de verre du virus de la grippe H1N1 est exposée à partir d’aujourd’hui à la Wellcome Collection de Londres, une galerie spécialisée… tenez-vous bien, dans la vision artistique de la science et de l’histoire. « J’ai créé cette sculpture pour réfléchir sur la pandémie imminente de grippe A H1N1 et sur la fascination générale autour du sujet, tel qu’il est présenté dans les médias », a expliqué l’artiste.

L’oeuvre est baptisée « Grippe porcine ». Elle a été achetée par la galerie pour 5000 livres sterling. L’exposition se terminera le 18 octobre.

La sculpture a été réalisée par un jeune artiste dénommé Luke Jerram. Il compte à son actif artistique plusieurs sculptures en verre de virus et de bactéries, notons, la grippe aviaire, le sida et l’E. coli.

Et puis, qu’en pensez-vous de cette oeuvre insolite?

Virus A H1N1

Peintres de l’Enfer?

Jeudi 24 septembre 2009

Tout est une question de couleur : le bleu du ciel et le rouge de l’enfer… Regardez ces valeureux peintres de bâtiment, ben, ils ont l’air carrément à des peintres de l’Enfer.

- Youooo, y a-t-il un Lucifer en personne parmi vous? :-|

Bon, blague à part, voyez-vous l’importance du rôle que joue l’arrière-plan dans une image? Les coups de rouleau du peintre céleste d’hier donnent à l’image cette impression d’ascension et le peintre de bâtiment un chérubin, alors que l’image d’aujourd’hui, presque frontale, suggère une sensation de pesanteur.

Maintenant, essayez de voir cette image autrement, juste pour le plaisir comme dirait l’autre… Imaginez si ces peintres de bâtiment étaient en train de couvrir un mûr rouge de peinture grise… voyez-vous, c’est pas facile d’être artistes, nous avons toujours du temps à perdre et, bien de choses à raconter inlassablement quand nous sommes devant une image.

D’ailleurs, n’est-ce pas belle cette image? De beaucoup supérieur à celle d’hier… Bon, bon vendredi et bon weekend à tous!

Les peintres de l'Enfer

Peintre céleste

Mercredi 23 septembre 2009

Un peintre céleste

Le talent n’est peut-être pas toujours essentiel dans tout. Parfois, il suffit un peu de chance pour réussir, d’autrefois, beaucoup de travail pour atteindre le but ultime. Tenez, celui-là, il a tout simplement la bonne peinture, la bonne couleur. Cela a fait de lui un peintre céleste et génial.

Sinon? Ben, sinon il est juste un peintre de bâtiment. ;-)

Ah! En parlant de peintre de bâtiment, vous le saviez bien entendu qu’il n’y a point de mépris dans nos propos. Saviez-vous que James Rosenquist était un peintre de bâtiment avant qu’il soit devenu cet artiste que nous connaissons aujourd’hui?

Ça ne vous dit pas grande chose ce Rosenquist? Peut-être une image aiderait… son célèbre F-111, 1965. Il y a du métier dans les tableaux de Rosenquist.

Rosenquist, artiste PopImage : Andrew Moore/The New York Times

Comment jouer au Lying Down Game

Mardi 22 septembre 2009

Aviez-vous entendu parler du jeu « Lying Down Game »?

Si vous aviez des amis facebook, vous le sauriez peut-être. Le « Lying Down Game » est fort populaire sur l’Internet. Si vous souhaitiez d’y participer, voici comment ça marche le « Lying Down Game »…

Il suffit de trouver un endroit et de s’y coucher à faire semblant de stopper la mort. Oky! Disons, à faire le mort pour freiner la mort. Vous devez nécessairement avoir un ou une complice qui vous prend en photo. Ensuite vous mettez la ou les photos sur le net, par exemple, vous partagez ces clichés inusités avec vos amis facebook. Voilà! Le tout est joué. Plus l’endroit où vous vous allongez est surprenant et original, plus c’est intéressant selon les internauts adeptes du jeu « Lying Down ».

Selon certains adeptes du jeu « Couche-toi et fais le mort », leurs manifestations sont interprétées comme étant le retour à la nature, un geste créatif et écologique.

Se pourrait-il que le monde s’ennuie, ou encore, c’est juste pour le plaisir? Voici une image de l’authentique « Lying Down Game »

Lying down Game Facebook

Un ours imitateur du « Lying Down » dans la nature.

Lying down Game

Et maintenant le « Lying Down Game » selon Rembrandt, une preuve tangible que Rembrandt est un vrai artiste visionnaire! Nous vous avons promis un autre billet sur Rembrandt. Et bien, le voilà! :-)

Lying down Game selon Rembrandt

Oeuvre d’art authentique

Lundi 21 septembre 2009

Un Rembrandt authentique?Image: Le Cavalier polonais, 1655, 117 X 135 cm, Collection Frick, New York

Au début du mois, nous avons effleuré le sujet du Cavalier polonais de Rembrandt, mais vain.

En fait, l’idée germe depuis cet été, soit tout juste après la post Cavalier ou cavalière. Au début de septembre, c’était facile comme exercice d’association d’idées de passer du 70e anniversaire de l’invasion des nazis de la Pologne au mythe de la défaite des cavaliers polonais en 1939, pour arriver en troisième temps au Cavalier de Rembrandt. Mais il y a trois semaines passées, notre flânerie d’idées est rapidement déviée de sa voie. L’alignement de billets a abouti complètement ailleurs. Les seins nus pour la cause du cancer est un sujet, disons, avec plus de volupté et bien plus amusant à traiter que de brouillonner comme en ce moment, une note sur le sujet des oeuvres de Rembrandt, même si cela nous passionne.

Mais là, c’est quasi du prédéterminisme, le sort prime. Aussi bien faire prévaloir ce soir l’opportunité en butinant un peu le sujet, puisque ça passe, non?

Il arrive à nous aussi ces moments d’impudeur, à glaner ce passionnant sujet plusieurs jours durant sans aucune preuve de retenue. Peut-être, encore un billet sur Rembrandt demain… pourquoi pas? :-|

Vous saviez peut-être, sinon vous vous en doutiez probablement un peu du pourquoi, surtout après le billet d’hier sur ce petit supposé faux Rembrandt. Eh oui, le Cavalier polonais est considéré par plusieurs experts comme l’oeuvre de Willem Drost, talentueux élève de Rembrandt. Saviez-vous qu’en un siècle, des experts ont dérembranisé des centaines d’oeuvres, dont le très célèbre Homme au casque d’or. Ceux qui s’intéressent aux oeuvres de Rembrandt ont probablement entendu parler du Rembrandt Research Project, qui désacralise des non Rembrandt, des pas-assez-Rembrandt et des faux Rembrandt par contrefaçon ou par méconnaissance du passé.

Mais, pourquoi cette épuration si excessive? À qui en profite la pureté du corpus d’oeuvres de Rembrandt? Sûrement pas à Rembrandt lui-même. Comment détermine-t-on avec certitude un tel tableau soit de Rembrandt et non un tel autre? Examine-t-on les oeuvres de Rodin, par exemple, pour savoir combien de coups de ciseau que celui-ci a donné sur chacune des statues signées Rodin? Pourtant, tant d’assistants dans l’atelier de Rodin travaillaient et prêtaient main forte au vieux Maître. C’est connu. Que dire maintenant de ces équipes de spécialistes multidisciplinaires qui travaillent pour des artistes par excellence de notre époque, Hirst, Koons et cies? Combien de Warhol sont des « vrais » Warhol?

Ô combien de questions sans réponse…

Le Cavalier polonais de Rembrandt est-il vraiment de Rembrandt? Nous laissons aux spécialistes le soin d’analyser les pigments, d’effectuer de datation par le carbone 14, de compter le nombre de coups de pinceau, de débattre… Une chose est certaine pour nous, cet arrière-plan du Cavalier polonais a quelque chose d’inhabituel. Son organisation spatiale nous fait penser davantage à un tableau d’expressionniste lyrique. Il y a, sous les sabots du cheval, derrière le cavalier, une sorte de pulsion animale mal maîtrisée et de la lumière dissonante.

Ça, c’est très rare dans les oeuvres de Rembrandt… même si le Cavalier est toujours majestueux depuis 400 ans.

Faux Rembrandt

Dimanche 20 septembre 2009

Le nom Rembrandt évoque en nous toujours un affect bien particulier, même quand nous griffonnons quelques lignes sur un faux Rembrandt.

Devant un bon Rembrandt, même en photo, nous avons le goût de divaguer un peu. Comme cette photo de presse d’hier sur laquelle on a bien essayé de faire une mise en scène avec cette jeune femme observant l’oeuvre sous tous les angles et coutures. Nous comprenons que c’est sexy de faire poser une belle employée, semble-t-il, de Christie’s de Londres à côté d’une oeuvre du vieux Maître. Mais combien désolant quand on savait pertinent bien que seul un richissime collectionneur puisse se payer un Rembrandt, authentique ou faux. Une excellente occasion manquée pour injecter une petite dose d’authenticité dans le foisonnement d’images modernes, si souvent superficielles. Voilà pour la désolation que nous éprouvions hier soir en sélectionnant l’image la moins mauvaise du lot, et pour cette surdose de superficialité des photos de presse clichées.

Tenez, en voici quelques-unes.

Mise-en-scène devant un Rembrandt Employée femme davant un Rembrandt Femme devant un Rembrandt

Rembrandt n’est probablement, ni un saint homme, ni un esprit d’exquis de philosophe de son époque. Son extraordinaire oeuvre picturale dont peu d’artistes dans l’histoire de l’art arrivent à joindre se démarque justement par sa dimension du vrai. La lueur rembranesque, elle est matérielle tout comme ses pénombres. Les ténèbres de Rembrandt expirent au travers ses coups de brosse et aspirent à la lumière.

En 2007, il s’est vendu sur le marché de l’encan londonien un « faux » Rembrandt pour 2,2 millions de livres sterling : lot 377, Autoportait en Démocrite – philosophe riant. Un tout petit tableau considéré par les experts comme étant l’oeuvre d’un artiste qui imitait le style de Rembrandt. Il mesure 23.7 cm par 17 cm, signé RHL, date de 1629-1630.

Peu importe si c’était un faux ou un vrai Rembrandt, le ou les acquéreurs de ce petit portrait ont acheté en 2007 une oeuvre d’art peinte par un artiste digne de la définition du mot « art » au 17e siècle, soit la capacité de rendre facile ce qui est difficile.

Un faux Rembrandt ? Un petit portrait de Rembrandt

Rembrandt aux enchères chez Christie’s

Samedi 19 septembre 2009

Un Rembrandt provenant d’une collection privée est disponible pour un amateur d’art fortuné.

Un portrait d’homme peint par le célèbre peintre du siècle d’Or sera vendu aux enchères en décembre chez Christie’s pour une modique somme de quelques millions. On estime le prix entre $30 à $41M. Rembrandt aux encheres. En voici, trois Rembrandt vendus depuis 2000 :

Rembrandt aux encheres