Textes et images - août 2009

 

Images de l’obésité

Dimanche 30 août 2009

À propos de l’obésité ou des personnes de taille forte, il est aisé que l’on y aille, modérément ou allégrement, d’ironie, de moquerie ou de méchanceté. Ça se peut que nous nous trompions. La méchanceté, il devrait en avoir autant avant et après nous. Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie.

Un fait, ni scientifique, ni empirique. Simplement la vie.

Cependant, nous savions pertinent bien que le mode de vie moderne de la société de consommation favorise la prise de poids corporel. La sédentarisation et l’abondance de la nourriture… dans des pays développés, y contribuent de façon proéminente. Même si cette modernité donne à un plus grand nombre de personnes l’accès à l’éducation, à la connaissance générale et spécialisée, à l’information omniprésente et à un tas de bienfaits, l’obésité gagne du terrain également parmi cette même population privilégiée.  Si la modernité est bonne pour l’humanité, ses effets néfastes sont tout autant parmi nous.

Mais si vous parliez à ceux qui connaissent un peu l’art ou l’évolution de l’art comme nous, si si, le petit « nous » ;-) il est rare que l’on aborde le côté sombre… moins luisant, de l’évolution de l’art. On parle bien souvent de l’apport artistique des génies, du progrès accompli par l’avant-garde d’hier et d’aujourd’hui, des nouvelles formes d’art progressistes, des préoccupations artistiques à saveur sociale, environnementale, écologique, technologique, scientifique, etc.  Nous arrêtons ici.

C’est fou, n’est-ce pas? Ces arts semblent toujours meilleurs…

Bon, trop de blabla! Pour terminer ce billet de ce début de semaine ou de fin de mois, quelques images ayant l’obésité comme enveloppe dont la signification est bien loin de la dénonciation, aucune nouveauté non plus. Elles sont cependant plus fines, plus obscures, plus soutenues et plus personnelles. Nous, nous l’appelons souvent, de l’art qui transcende.

L'obésité dans l'art ancien

De l’art très ancien, tout petit, mais immense. Cette obésité enveloppante a-t-elle le même sens que celui de nos jours?

Une femme artiste, l'obésité et de l'art autobiographique

Une artiste et son regard autobiographique du corps, Jenny Saville : l’art peut être cruel; l’image peut être crue; le corps peut être un chantier d’expérimentation. Lorsque l’artiste est grand, son art transcende.

L'art et l'obésité

Son grand-père analysait l’inconscient de ses patients; lui, il scrute ses modèles, Lucian Freud.

Voilà, de l’art frontal et sans détour, à la fois pour les sens et le cerveau, plus soutenu que l’image accompagne le billet précédent.  L’autre, intéressante, mais comme un vin, de la présence assurément, mais sans corps et jeune.

Art et beauté

Samedi 29 août 2009

Aujourd’hui, un pastiche satirique de cette affiche du désormais célèbre film Beauté américaine et, comme introduction, nous réunissons ici quelques récents commentaires francs et directs des lecteurs qui sont en désaccord avec des images que nous publions ici.

- Ceci n’est pas de l’art!
- Ça, de l’art? J’aime mieux mourir!
- Vous avez un cerveau malade si vous considériez ça artistique.
- De la pure cruauté qui se cache derrière un pseudo art!
- C’est vraiment la honte d’appeler ça de l’art.
- Je crois que cette image est le résultat d’un cerveau malade.

Spécial, n’est-ce pas? En passant, beaucoup de cerveau malade… parfois, la doute nous percute comme l’épée de Damoclès qui tombe.

L’image de cette Beauté américaine ne suscitera pas de commentaires semblables. Car ce large corps dénudé impose certaines gênes, même s’il ne répond pas aux critères esthétiques du corps féminin de notre époque.  Mais cette fois-ci, nous nous demandons si l’ironie et la satire favorisent la vulgarisation de l’art auprès du grand public, ou encore, porteraient-elles ombre à la démocratisation de l’art?

art et beautéImage : Henrich Kimerling

Est-ce que tout le monde s’en souvient du film Beauté américain? … qui date de 1999. Un film oscarisé, qui ne heurt point le bon goût esthétique de la masse populaire, mais il soulève un coin de la vernie du modèle de perfection.

Pour ceux qui ne se rappellent plus de l’histoire, brièvement, l’histoire raconte un père de famille modèle au mi-chemin de sa vie. Il avait un emploi formidable, une femme active et aimante, une fille respectueuse. Le père vit une crise existentielle. Ceci provoque en lui des changements inattendus et bouleverse son entourage. La façade de cette famille américaine typique et exemplaire se met peu à peu à s’effondrer, de même pour la famille du voisin.

Que dénonce-t-il Henrich Kimerling – l’auteur de cette image? La consommation, l’obésité, la société américaine? Il y a aussi la notion de l’ambigueté… est-elle une bonne conduitrice à une réflexion un peu plus élaborée?

Qu’est-ce qui distingue le non-art de l’art?

Jeudi 27 août 2009

Après des jeunes pisseurs cutes, des pisseuses grossières aujourd’hui!

La femme qui pisse, par Rembrandt Pisseuse de Picasso

Qu’est-ce qui distingue le non-art de l’art?

À quel niveau de qualité artistique, la vulgarité contenue dans une oeuvre d’art rompt-elle ses effets grossiers et accéde au grégaire pour son bon goût, sa distinction et son expression délicate?

Et ensuite? … d’y trouver la beauté et la sensualité artistique, avant qu’elle se hisse au piédestal de l’adulation pour acquérir finalement ses lettres de vénération. Ainsi, la vulgarité cesse d’être vulgaire, l’obscénité devient secondaire et, l’art se place à l’avant-scène.

Il y a donc ceux qui ouvrent la voie, ceux qui marchent dans leur trace, ceux qui sont de passage, ceux qui cherchent une sortie, ceux qui s’efforcent à trouver un raccourci et un jour, un qui clame : tous les chemins mènent à Rome!

Qu’est-ce que l’art ?

Mardi 25 août 2009

N’est-ce pas un merveilleux sujet pour un court billet? Des images de garçons qui pissent. C’est si… comment dirions-nous… Ah! cute.

Qu'est-ce que l'art ?

Évidemment, pas juste ça! Car vous auriez pu dire : vous appelez cette image de l’art ? Franchement! Ça se gâte depuis quelque temps…

Ben non, il y a bien trop de légèreté dans tout ça. ;-) Nous voulons plus! Nous voulons de l’insoutenable légèreté en vous posant en même temps la question si banale, mais si peu aisée : « qu’est-ce que l’art? », ou bien, « qu’est-ce que le non art?»

Et ça, est-ce de l’art? Bon, voilà pour les garçons qui pissent.

Petit garçon irakien pissant sur un soldat Art Brussels Art Japon, Vallée Iya

Pouvoir de l’image

Dimanche 23 août 2009

L’ultime rêve d’un artiste en arts visuels est probablement d’arriver à produire une oeuvre intemporelle, grandiose, sublime et qu’elle transcende. Voici une image avec laquelle nous aurions pu simplement rien écrire. Par le pouvoir de l’image, ça aurait suffi.

Mais au fait, qu’est-ce le pouvoir? Pourquoi une oeuvre intemporelle, machin truc et tralala? :roll:

pouvoir de l'image

Voyons?! Que nous arrive-t-il depuis quelques jours? Est-ce un manque de disponibilité pour écrire, ou encore, ce soit le démon intérieur qui nous gruge… D’ailleurs, nous ne cessons de penser à John Cage depuis quelques jours et à propos de son Éloge du silence. Vous saviez évidemment qu’il est un merveilleux spécimen de la musique moderne du 20e siècle?

- Bon d’accord, vous le saviez.

Y a-t-il des amateurs de « la » musique contemporaine parmi vous? Saviez-vous que son pendant en arts visuels est nul autre que Duchamp? Notamment, avec son urinoir intitulé Fontaine.

- Mon Dieu! Ça nous prend peu pour revenir sur ce sujet si médusant qu’est l’art! Allez, ouste démon! Loin de nous!

Amateur d’art abstrait

Samedi 22 août 2009

Un autre grand amateur d’art abstrait comme nous, l’image à l’appui.  :-|

Un record historique ce billet… à l’image d’un Usain Bolt! Comme écrivait Pierre Foglia l’an passé au sujet du record de Bolt, un seul mot : stupéfiant.

Amateur d'art abstrait

Interdit de prendre des photos dans les musées

Vendredi 21 août 2009

Saviez-vous pourquoi il est interdit de prendre des photos dans les musées?

C’est sans doute notre le plus court billet depuis deux ans. :)

Interdit de prendre des photos dans les musées

Image d’une relation père-fils

Mardi 18 août 2009

Aujourd’hui, une image complémentaire à ces trois images d’hier traitant de l’art abstrait : encore des pingouins. :-)

Nous pensons qu’il est plus naturel de laisser parler cette image sur la relation père-fils, jolie petite pensée, lieu commun bien récupéré par cet artiste dessinateur que de poursuivre notre petit interlude sur l’art abstrait. Bref, nous aurons amplement d’occasions d’y revenir…

À la place, nous partageons un peu comment travaille la subconscience… d’un artiste qui tient un blog. Bien que cette image sur la relation père-fils soit intéressante, elle ne l’est pas suffisante pour être publiée sur-le-champ. Elle est donc restée dans notre réserve d’images jusqu’à aujourd’hui. Inconsciemment, il déclenchait en nous une attention plus marquante pour des images d’animaux depuis ce courriel provenant du Nouveau-Brunswick. Par hasard, nous sommes tombés sur les photos de pingouins qui nous ont conduites au billet sur l’art abstrait.

Relation père-fils

Ce sont les brun, blanc et noir qui nous ont faits penser à publier cette image de tête-à-tête.

Nous aurions pu nous laisser guidés par la sérendipité des pingouins pour revenir sur l’art abstrait, comme notre intention n’était pas de faire le procès à l’art abstrait, mais bien par l’épicurisme – éviter la souffrance en évitant les sources de plaisir qui ne sont ni naturelles ni nécessaires.

Donc, considérant cette image comme étant une relation générationnelle entre un papa pingouin et sa progéniture est sans doute plus plaisante pour plusieurs.

Comment regarder l’art abstrait…

Lundi 17 août 2009

Comment regarder l’art abstrait… en fait, le titre de ce billet est un peu traître!

Plusieurs de nos amis aiment les arts sans être des artistes. Mais ils n’apprécient guère l’art contemporain, particulièrement, en ce qui traite des oeuvres abstraites. Bien qu’ils soient des gens instruits, intelligents et curieux. Nous avons que des amis de qualité. ;-) Ils sont généralement déroutés en voyant une oeuvre à la Pollock, par exemple.

Une confession de foi : nous aimons toujours éperdument les bonnes oeuvres de Pollock et nous éprouvons une grande affection pour des oeuvres abstraites. C’est quoi un bon Pollock? Du dripping pur, sans altération. The Deep, rare présence de Pollock sur le sol européen, au Pompidou, est un mauvais Pollock qui représente au plus l’esprit agité d’un alcoolique désespéré face à un cul de sac artistique.

À quelques reprises, nous avons écrit ici, peut-être, pas dans ces mots-ci, que l’évolution de l’art abstrait est un échec parmi plusieurs autres expériences humaines du 20e. Le communisme, formidable idéologie qui finissait en désastre, en est une expérience humaine douloureuse et égarée. L’abstraction l’est également, à cause du grand nombre d’artistes qui se centrent sur leurs préoccupations personnelles au nom de l’art, en privant au public de presque toute référence « humainement » perceptible. Pour ceux qui s’intéressent à l’aventure de l’art abstrait, la vie de Malévitch est un cas qui illustre bien la formidable expérience théorique et expérimentale de ces deux aventures du 20e.

Malévitch est un autre spécimen extraordinaire : artiste, théoricien, mystique et politique.

Le phénomène de l’art abstrait ancré sur le « moi-et-ma-façon-de-voir » s’est intensifié durant la 2e moitié du siècle passé, grâce à la quête d’un art, toujours et plus que « nouveau », et à l’intellectualisation à l’outrance des démarches artistiques. On crée alors un monde où l’artiste se fait sanctifier par ses pairs pour son excessive singularité. La relation entre l’art abstrait et son public se limite à des regards interrogateurs de ce dernier, attirés par des exploits artistiques qui font scandales. N’y a-t-il pas là les germes de nos émissions télévisuelles de Reality Show?

L’artiste devrait-il construire sa démarche artistique autour des préoccupations personnelles et professionnelles? Bien sûr. Au fait, il s’agit d’un idéal légitime et humain. Un art qui évolue sainement doit puiser de la Vie, se transcender la vie personnelle et trouver son écho auprès d’un large public sans recours au sensationnisme débridé.

Mon Dieu, est-ce possible?

Le blog n’est vraiment pas fait pour ce genre de billet, peu productif. Nous n’avons même pas encore effleuré les deux mots les plus importants, la source de cette évolution artistique : la démocratisation et la spécialisation. Mais, nous avons largement atteint le quota de mots. Assez pour aujourd’hui!

Bon, aujourd’hui, pour finir ce billet, des images pour illustrer un aspect de l’art abstrait : la distance et la perspective jouent un grand rôle dans la formation d’une oeuvre abstraite. Parfois, bien saisir la perspective pour observer une chose permet d’amorcer la démystification de celle-ci. Après cela, il faudrait y trouver l’intérêt. C’est plus difficile.

De l'art abstrait ?

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Célébrations de la fierté, à Montréal

Samedi 15 août 2009

C’est la fin de semaine de la fierté gai à Montréal. Demain, il y aura un défilé, habituellement, très coloré et prisé, comme en témoigne cette image-ci.

Célébrations de la fierté gai, à Montreal

C’est enfin l’été à Montréal. C’est la canicule et la cigale ne cesse de chanter depuis hier, strident et monotone, mais toujours puissant défiant même la cacophonie successive de tondeuses à gazon de tout le voisinage. Il fait chaud même à l’ombre et le café tiédit dans son bol. Nous feuilletons le Petit Bob et arrivons sur le mot « fierté ». Signification première de la fierté : courage, intrépidité.

Dans un dictionnaire, on peut traverser des siècles en deux phrases. La vieillesse est hors de portée des mots. Signification numéro deux du mot « fierté » : caractère d’une personne qui se croit supérieur aux autres, s’enorgueillit d’avantages réels ou supposés. Celle-ci précède par la notation « vieilli » – mot, sens ou expression encore compréhensibles de nos jours, mais qui ne s’emploie plus naturellement dans la langue parlée courante.

Finalement, le sens littéraire, sentiment élevé de la dignité, et le sens courant et connu du mot, le fait d’être fier de quelque chose. Le défilé, c’est demain à 13:00, au coin de l’avenue de Lorimier et du boulevard René-Lévesque.

Vous souvenez-vous du changement de nom du boulevard Dorchester pour le boulevard René-Lévesque a provoqué au Québec? Il y avait de la fierté exaltée chez ceux qui célébraient le renouveau nationaliste et de la fierté brimée parmi ceux qui auraient aimé préserver la tradition anglo-saxonne.

Voilà, bonne fin de semaine de la fierté!

Il fait trop chaud

Samedi 15 août 2009

Vous dites quoi? Il fait trop chaud ?! Il faisait 30 degrés au soleil à Montréal, 40 degrés comme température ressentie due à l’humidité.

Suite et fin, 2e billet sur l’art du mou… contemporain :-)

il fait trop chaud !Image : Agence Ogilvy, compagne de pub pour Perrier, avril 2009

Est-ce du Dali?

Vendredi 14 août 2009

Dali, une tête molle

Ménon! C’est du Nik Ainley, un buzz du net qui date.

Le designer illstrateur Nik Ainley est sans doute un artiste de talent, mais sans l’apport technologique des outils modernes comme Photoshop à son travail, le résultat de sa créativité serait-il encore tout aussi épatant?

Sans être un inconditionnel de l’art de Dali, la maitrise technique en peinture de Dali est incontestable, même si l’on ne partage ni de son goût esthétique, ni de son excentricité. La vaste réalisation artistique de Dali demeure une preuve tangible, mesurable et quantifiable de son talent et de sa contribution à l’histoire de l’art.

L’évolution technologique en outillage artistique tel que les logiciels en graphisme, la machinerie en impression, les applications informatisées en animation, la caméra numérique, a permis à un plus grand pourcentage de gens de la population habile à les manipuler d’accéder à l’expérience de création artistique autrement qui leur serait moins accessible. Cette évolution contribue donc grandement à la démocratisation des activités créatrices et artistiques, qui demeure en soi, un acquis extraordinaire de notre évolution. Cela n’empêche toutefois, de constater qu’en échange de cette artillerie d’outils modernes de créativité, s’amorce le contrecoup de l’évolution : l’égarement progressif jusqu’à l’oubli éventuel du savoir artistique en sculpture, en peinture ou en gravure, acquis tout aussi progressivement depuis la Renaissance.

Quand est-ce que certains savoirs centenaires feraient partie du patrimoine de l’humanité à préserver? La rétribution de l’apport technologique pèserait peut-être lourdement à long terme, toujours du point de vue de cette évolution.