Textes et images - mai 2009

 

Homme invisible

Lundi 18 mai 2009

Aujourd’hui, la présentation d’un autre artiste contemporain. Une série de photos de sa performance « Hiding in the City » regroupe une quinzaine d’images largement diffusées sur le net, il s’appelle Liu Bolin. L’été passé, il a participé à une exposition de jeunes talents chinois « New Middle Kingdom » au Royal Liverpool Atrium. L’artiste est très sollicité dans le monde des arts.

Voici une photographie de l’homme invisible… presque invisible… heu, bien camouflé… peut-être, c’est plus précis disant que l’artiste s’est dissimulé au travers de ruine moderne… urbaine. Ouf! Vraiment pas facile de s’exprimer.

Homme invisible

Mais cette image-là, n’est-elle pas séduisante comme l’expression artistique? Voyons maintenant ce que l’artiste a dit.

« Se couler dans la société humaine est une façon simple de s’en échapper. […] Les points de vue varient d’un homme à l’autre dans le monde matériel qui est le nôtre. Ainsi varient les manières de rester en contact avec le monde extérieur. Pour moi, j’opte en faveur de l’intégration à la société. Ce n’est pas que je m’immerge dans ce milieu, mais plutôt que ce milieu m’envahit. S’occuper de notre environnement, c’est le message que je veux faire passer au travers de mes œuvres. » ainsi se confie l’artiste qui cultive l’art de la performance, l’art du camouflage, l’art d’intégration à l’environnement, l’art de l’invisible, l’art de l’illusion… dans le texte promotionnel de la galerie qui le représente.

Voulez-vous savoir comment créer des hommes invisibles ou l’art de se dissimuler? Liu Bolin commence par trouver l’endroit où se déroulera sa performance. Ensuite, il se peint et se fait peindre, patiemment, au détail près, pour se fondre totalement dans le paysage choisi. Dans une telle image, l’artiste joue un rôle de trait d’union entre l’arrière-plan et le premier plan. Il renverse ainsi les codes conventionnels de la composition picturale.

- Mais, c’est quoi ces codes machin-trucs, diriez-vous, peut-être. :-|

On passe de l’artiste qui peint à l’artiste qui se fait peindre; de l’artiste-créateur qui crée et magnifie à l’artiste en support à peindre, muet et figé; le corps devant l’arrière-plan devenant à la fois l’illusion de l’arrière-plan, la présence du corps mais l’absence de la personne, etc. Bon, voilà tout pour cette petite présentation d’un autre artiste contemporain très à la vogue : Liu Bolin.

Nous ne commenterons pas ses propos. En voulant les décortiquer, nous risquons tomber dans du mémèrage ou du tartinage. Oups, si ce n’était pas déjà le cas… trop tard, c’est écrit! Ça doit être les effets du printemps! :roll:

Déjouer les photos radars !

Dimanche 17 mai 2009

Est-ce une voiture invisible pour déjouer les photos radars qui sont sur le point de faire leur rentrée au Québec?

- Ben non, rien de cela.

Nous avons ici un joli visage de jeune fille, mais aussi une vieille idée de l’omniprésence — rendre les choses invisibles; une image unidimensionnelle, oeuvre sans substance; une technique de camouflage à peaufiner; un gros buzz sur le net; un coup de marketing bien réussi. Peut-être, une petite chose à noter, cette image a un schéma semblable à celle de la petite fille de désastres.

Déjouer les photos radars

À retenir cependant son nom : Sara Watson, 22 ans, étudiante en art plastique à l’Université de Lancashire.

- Mais pourquoi? Parce que.

- Au cas où la vie nous contredirait. :-|

« Je travaillais sur le concept de l’illusion, mais j’avais besoin de quelque chose de gros pour créer un véritable impact. Les gens s’arrêtent dans la rue pour regarder, s’approcher. Certains sont même presque entrés dedans. Elle a eu l’effet que j’espérais. » a expliqué Sara Watson au Telegraph.

Homosexuel

Samedi 16 mai 2009

Que vous soyez contre ou pour l’homophobie, nous sommes au pays où « l’État n’a rien à faire dans la chambre à coucher des gens. » Demain le 17 mai, la journée internationale consacrée à la diversité d’orientation sexuelle, ou encore, contre l’homophobie pour être précis.

C’est une compagne de tous les jours, disent-ils.

D’ailleurs, à ceux qui ne savent pas encore, le mot « homosexuel » existe dans le dictionnaire. N’arrachez pas SVP la page sur laquelle se trouvent les mots « homosexuel » et « homosexualité ». Car à la même page, il se trouvent aussi des mots « honnête », « honneur » et « homozygote ». Des mots tout aussi importants de la langue française, ils sont en étroite relation avec notre individualité, notre collectivité et notre espèce.

C’est fou que le hasard fait bien les choses.

Il y a 40 ans, le 14 mai 1969, le gouvernement canadien a réformé le Code criminel du Canada en décriminalisant les actes homosexuels. Lors de la présentation de son bill omnibus, Trudeau déclare « Tout ce que nous proposons comme amendement au code pénal, c’est ce qui se fait entre deux adultes consentants, ça ne regarde pas la police. Nous n’autorisons pas l’homosexualité, mais n’allons pas punir, nous n’allons pas envoyer des policiers pour voir ce qui se passe entre adultes majeurs consentants, en privé. »

Homosexuel
Image : pub du 17 mai — Journée internationale contre l’homophobie.

Nous trouvons cette image bien différente des autres publicités de ce genre qui, à notre avis, parlent « fort » sans parvenir à inviter l’auditoire visé à une réflexion sur la condition humaine – celle ayant l’orientation sexuelle comme cible. Alors que sur celle-ci, la fragilité et la revendication de la cause cohabitent, sans heurt.

Catastrophe aérienne

Vendredi 15 mai 2009

catastrophe aérienne

Un étrange sourire maléfique.

On se demande probablement tous s’il y a une quelconque intention malveillante derrière ce visage de pudeur juvénile. Mais ce même visage semble insister à nous faire penser qu’il y a une obscure pensée derrière sa candeur angélique.

Évidemment, vous devinez que l’image est manipulée sur ordinateur. C’est un travail de l’artiste photographe Dave Roth. Cette petite fille au sourire mystérieusement coquin est l’une des siennes. On l’a nommée « la petite fille de la Catastrophe » sur le net. Car son père artiste a aussi mis en ligne un vidéo et une série d’images similaires, avec ce même trucage, toujours pour le plus grand plaisir des internautes.

Au cas où vous seriez intéressé par le drame que témoigne cette photo, la catastrophe a eu lieu le mercredi 25 février 2009. Un avion de la compagnie Turkish Airlines en provenance d’Istanbul transportait à son bord 135 passagers, s’est écrasé près de l’aéroport de Schiphol à Amsterdam. L’avion a raté son atterrissage. L’impact du choc a coupé l’avion en trois, tuant plusieurs personnes.

Sans cette manipulation de Dave Roth, l’image de la catastrophe aérienne Turkish demeure assez courante malgré le triste drame humain. Le geste de Roth a muni l’image d’une caractéristique qui, avec l’aide de notre faculté de perception, s’avère comme la liaison cause/effet, entre ce drame aérien et l’enfant. Pourtant, aucun lien.

Au-delà de la qualité artistique de cette photo manipulée et de l’imagerie de dualisme du Bien et du Mal, cette image démontre que la perception engendrée par le non-dire est d’intérêt nettement supérieur à une représentation de dualité par opposition, explicitement révélée et parcimonieusement codifiée. Négliger cet aspect de zone grise dans le processus de fabrication d’images artistiques, c’est limiter bêtement l’extraordinaire faculté de perception du spectateur, une faute artistiquement impardonnable.

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Antéchrist

Jeudi 14 mai 2009

Il existe deux manières d’écrire le mot, soit Antichrist ou Antéchrist. Antichrist pour « contre le Christ » ou Antéchrist – « avant le Christ » – pour avant le retour du Christ, l’adversaire du Christ, ou encore, le précurseur du Christ.

Antichrist est aussi un film du réalisateur danois Lars Von Trier, avec Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe. Le synopsis du film raconte un couple en deuil se retire à « Éden », un chalet isolé dans la forêt, où ils espèrent guérir leurs coeurs et sauver leur mariage. Mais la nature reprend ses droits et les choses vont de mal en pire… Ce nouveau film de Lars Von Trier sera présenté en compétition au Festival de Cannes.

Eh oui, déjà… le tapis rouge, les vedettes, un ou deux scandales, etc.

On nous promet un thriller d’horreur controversé. Dans le monde du marketing et de la publicité, il faudrait voir pour y croire, mais encore. Néanmoins, on n’a rien laissé au hasard dans le choix de l’acteur de cet Antichrist : Willem Dafoe – acteur fétiche du Jésus cinématographique.

La représentation de l’Antéchrist est rarissime dans l’imagerie du christianisme, et ce, malgré l’état ultime que représente cette dualité qui oppose le Christ au Antéchrist, le Bien et le Mal.  Sur cette image-affiche, selon vous, est-ce un Lars Von Trier en Antéchrist?

Antéchrist

Cléopâtre prenant son bain au lait

Mercredi 13 mai 2009

Nous sommes toujours un peu jaloux de ces blogs culturellement sexy qui présentent ces corps nus à la perfection jour après jour. À vrai dire, nous sommes toujours un peu intimidés par ces créatures… euh pardon! ces créations artistiques sensuelles.

Ben, aujourd’hui, nous allons les imiter le temps d’un post:?

Ô, Artistes téméraires!

L’avez-vous déjà entendu cette histoire de Cléopâtre qui prenait son bain au lait de l’ânesse, non? Ben voyons! Vous n’êtes pas sérieux… pour de vrai? Nous allons vous présenter une version moderne de Cléopâtre prenant son bain au lait au cas où certains parmi vous n’avez jamais voir cette scène historique. Tenez, comme vous êtes des amateurs d’art, disons que vous aimeriez visualiser cette représentation mythique, n’est-ce pas?

Tout à fait?!

Voilà, un artiste russe Andrey Razoomovsky vient de dévoiler le secret millénaire pour votre simple plaisir visuel. Son talent se révèle davantage dans les deux autres photographies subséquentes, sur lesquelles il a littéralement substitué l’habillement par le lait, en vêtant le corps du modèle de robe, cuissardes et de corset… de lait.

Le fantasme a longtemps été une muse… rien ne change malgré la modernité. Esprit coquin, loin de nous! :oops:

Cléopâtre prenant son bain au lait

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Mutation génétique du virus de la grippe porcine

Mardi 12 mai 2009

Aurions-nous quoi à rajouter avec une telle image qui… en vaut plusieurs milliers mots?  :lol:

Mutation génétique du virus de la grippe porcine

Bon, blague à part. Nous avons commis un détournement de sens en intitulant cette image « mutation génétique du virus de la grippe porcine. » Comme nous avons peu de temps, nous avons succombé à la facilité, de nouveau. Mea culpa pour cet autre sujet d’amusement, une clownerie.

Ô Pascal! Divin penseur, nous vous avons entendu! Le divertissement « nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fait perdre insensiblement. Sans cela, nous serions dans l’ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d’en sortir. Mais le divertissement nous amuse, et nous fait arriver insensiblement à la mort. »

Bon… de quoi parlons-nous… Ah!

Vous connaissiez surement l’illustration originale dans laquelle un singe se transforme en homme moderne. L’image est tellement bien acceptée comme schéma du processus évolutif de notre espèce, on dirait qu’elle fait partie de nos mœurs et coutumes depuis toujours. Comme vous le saviez sans doute, il s’agit d’une fausse perception, un mythe moderne de considérer que l’évolution de l’espèce humaine s’est déroulée de façon linéaire, comme la transformation de chenille au papion, ou encore, comme la guérison d’une grippe. Pouf! Un singe se métamorphose en humain. :roll:

N’empêche que la première fois quand nous avons vu cette image-ci qui se finit en cochon, nous avons ce sentiment que l’on a commis un sacrilège, ne la trouvez-vous pas? Fraîchement, de penser que notre espèce se transformera éventuellement en un gros bouffeur de McDonald qui se fait saigné dans le dos par une brute, puis en gros cochon.

Ouf! Ils exagèrent toujours ces artistes!

Masque de protection

Lundi 11 mai 2009

À quoi ça sert l’art? Il sert à décorer les masques de protection contre la grippe A H1N1! ;-)

Masque de protection grippe A H1N1 artistique

Sans l’art, si une grippe, par exemple, la grippe A comme nous la connaissons, avec ses méchants virus terribles terribles, s’en prend à une population, terrorise les âmes déjà affolées et prises en otages sur un territoire hostile. Selon vous, qu’arrive-t-il?

Tout le monde se précipite à la pharmacie pour se procurer des masques et se couvre le visage dans l’espoir d’éloigner le mal grippal. Sans l’art, on se trouve alors avec des masques médicaux, blancs ou bleus… Ouf, c’est banal et sans personnalité. Cela ferait de vous des personnes aux allures ordinaires. Ce n’est pas ça que vous vous souhaitiez, n’est-ce pas?

C’est là, l’art se révèle… porteur d’espoir!

Avec l’art, même si la grippe faisait rage; même si le mal vous transforme en mères inquiètes, pères angoissés ou enfants traumatisés, le masque que vous portez sur votre visage devient alors votre identité nationale que vous affichez avec fierté, ou encore, une facette de votre personnalité que vous extériorisez. Bref! Des moustaches que vous rêviez en avoir depuis toujours sans jamais oser.

Voilà! L’art sert à ça! Quand la grippe est contagieuse, l’artiste s’exprime. Arriba!

Pilules artistiques

Dimanche 10 mai 2009

Pilules

Vous demandez-vous s’il s’agit de la pharmacie d’un hypocondriaque ou d’un patient en phase terminale, ou peut-être, d’une réserve de pilules d’un quelconque laboratoire en recherche biomédicale?

Détrompez-vous, ceci est une oeuvre d’art, une installation artistique pour être précis, de l’artiste anglais, enfant prodige du monde des arts visuels, Damien Hirst. Cette photo est prise lors de la mise en place de son exposition au Musée d’Art moderne de Munich, Allemagne, le 6 mai 2009, par A. Beier de Reuters. Vous demandez-vous peut-être aussi de la raison pour laquelle ces mains gantées? C’est pour éviter d’altérer ces pilules… des objets d’art.

Artistes méconnus de ce monde, ne soyez pas jaloux, SVP! ;-) Travaillez un peu plus… pour comprendre notre monde.

L’un des facteurs du succès d’Hirst est le choix du véhicule qu’il a fait pour chacune de ses créations. À la manière d’utiliser un chevel de Troie, Hirst bâtit et récolte les succès artistiques pour forger sa réputation de l’artiste du 21e siècle en employant des méthodes de production, de Marketing, de mise en marché, de communication de l’industrie de produits de consommation. Il crée des produits artistiques à l’image de notre époque, selon les conventions de notre époque pour satisfaire ce besoin de créer la richesse. C’est tout à son honneur les succès qu’il a connus depuis environ 15 ans.

Évidemment, vous savez tout aussi bien que la valeur de l’art contemporain ne dépend pas de son expression artistique, ni du sens profond de l’oeuvre. Cette valeur se trouve dans le « produit » que représente un artiste et sa création. Elle se trouve aussi dans votre capacité de définir le seuil de tolérance de ce dont c’est une oeuvre d’art de valeur, et de votre implication à faire une oeuvre d’art un chef-d’oeuvre comme lorsque vous déboursez une somme d’argent pour acheter une action boursière.

Jour de la Victoire

Samedi 9 mai 2009

Jour de la Victoire
Image : Sergei Supinsky/AFP

Hier, on fêtait le Jour de la Victoire, version russe. Une femme russe en rouge devant l’une de ces sculptures monumentales du Musée de la Grande Guerre patriotique de Kiev. Sur les lieux du Musée, il y a aussi cette statue wagnérienne, 62 mètres de haut, la Rodina Mat – Mère de la Nation, de Yevgeny Vuchetich.

Depuis quelques années, sans grande surprise, on voit émerger sur le marché d’art des artistes russes contemporains qui récupèrent cet esthétisme que l’on appelle le réalisme social russe ou soviétique, grandiose et solennel, un réalisme idéalisé à la gloire de la nation et du Parti. La jaune génération d’artistes russes est, tout comme leur pays, sur la voie de reconquérir leur statut de super puissant perdu depuis le symbolique effondrement du Bloc de l’Est. Mais cette crise économique que notre monde vive actuellement vient ralentir de beaucoup l’élan de cette marche vers une nouvelle conquête.

Dieu, buzz et sérendipité

Vendredi 8 mai 2009

Aujourd’hui, une image, deux blogs et trois mots, sous forme d’anecdote.

Eh oui! C’est exact.. ;-) Dieu, buzz et sérendipité.

Allons! Soyons sérieux. Commençons par le commencement. L’oeuvre est de l’artiste Peter Fryer – le Crucifié assis, ou encore, le Fils de Dieu crucifié, assis sur une chaise électrique. Un buzz qui date du lundi de Pâques. C’est encore tout récent.

Dieu

Chaque fois nous traitons une image controversée ayant Dieu comme sujet, il y a toujours un afflux de réactions de ces croyants qui se fâchent aisément. À un tel point que leur colère neutralise même leur capacité de distinction. Depuis, nous avons fermé tous ces commentaires. Souvent, on nous a pris pour l’artiste de l’oeuvre maudite, ou le maudit artiste de l’oeuvre controversée, même si nous mettions en évidence le nom de l’artiste en question. (Soupir…) Pour cette raison, ce Christ en condamné à la chaise électrique est resté dans notre panier à images à traiter jusqu’au début de la semaine.

Après la publication de cette lettre « à la recherche de Paul Lajoie », nous voulions écrire sur ce Jésus électrifié, juste après « Appels entrants illimités ». D’une circonstance fortuite, nous sommes tombés sur un autre buzz, le « dessin à colorier 11 septembre », qui nous a bien fait rire. C’était dans la nuit du mardi. Nous avons alors relégué l’histoire de boîte vocale de Dieu et ce Christ sur chaise électrique à plus tard. Nous voilà aujourd’hui, 4 jours plus tard.

Au début de la semaine, dans une conversation engagée avec un ami sur l’évolution du Web et de l’arrivée du Twitter, ami en question, érudit réfléchi, nous a parlé du mot sérendipité en évoquant ces découvertes inattendues de nouveaux vocabulaires en consultant un dictionnaire et le surf web en utilisant un moteur de recherche, par lequel, on passe d’un site à un autre.

Plus tard dans la journée, en feuilletant un dictionnaire, nous réalisions que le mot sérendipité est un néologisme n’ayant pas encore son logis parmi ses semblables. Déroutés, nous délaissions le dictionnaire pour Google où l’on trouve tout. Les clics nous ont conduits à cet article « Mais que fait mon cerveau? » Devinez, le sujet de son article? Si vous êtes intéressé, à ne pas manquer. Vous y trouveriez plusieurs références très intéressantes.

Sans ce post sur le dessin 11 septembre à colorier, il n’y aurait pas eu ce post sur la « prière aux victimes du 11 septembre ». Ce billet sur le Christ en chaise électrique aurait donc été bien différent s’il avait été écrit en début de la semaine. Il n’y aurait pas ce commentaire qui nous a conduits sur ce blog ayant pour mission le christianisme, fort surprenant, qui vous donne de plus amples informations sur cette oeuvre controversée, et évidemment, ce billet ne sera pas terminé comme là, avec ce large extrait que nous venons tout juste finir de lire aujourd’hui.

Voilà, de la sérendipité.

Mon père me donnait personnellement des cours d’instruction religieuse en vue de la confirmation, ce qui m’ennuyait au-delà de toute mesure. Un jour que je feuilletais le catéchisme pour trouver autre chose que les fadaises coutumières, d’ailleurs incompréhensibles et inintéressantes, sur le « Seigneur Jésus », je tombai sur le paragraphe concernant la trinité de Dieu. Voilà qui suscita mon intérêt : une unité qui est en même temps une « trinité »! C’était un problème dont la contradiction interne me captivait. J’attendais avec impatience l’instant où nous abordions cette question. Quand nous y fûmes, mon père dit : « Nous en arrivons maintenant à la Trinité; mais nous allons passer là-dessus, car, à vrai dire, je n’y comprends rien. »  D’une part, j’admirai la sincérité de mon père, mais d’autre part je fus fortement déçu et je pensai : « Nous y voilà! Ils n’en savent rien et n’y réfléchissent pas. » […]

Malgré l’ennui que j’éprouvais, je faisais tous mes efforts pour me contraindre à croire sans comprendre – attitude qui me semblait correspondre à celle de mon père – et je me préparai à la communion en laquelle j’avais mis mon dernier espoir. Il ne s’agissait que d’une communion commémorative, une sorte de fête à la mémoire du « Seigneur Jésus » […] « Prenez et mangez, ceci est mon corps » , désignant le pain de la communion que nous devions manger comme étant son corps qui pourtant à l’origine était chair; nous devions aussi boire le vin qui à l’origine était sang. […]

Soudain, ce fut mon tour. Je mangeai le pain; il était fade, comme je m’y attendais. Le vin, dont je ne pris qu’une toute petite gorgée, était léger et aigrelet; évidemment, ce n’était pas du meilleur. Puis ce fut la prière finale et tous sortirent, ni accablés, ni réjouis, mais avec des visages qui disaient : « ouf, c’est fait! »

[…] Ce n’est que peu à peu, au cours des jours suivants, que l’idée émergea en moi: rien ne s’est passé! J’avais cependant atteint l’apogée de l’initiation religieuse où je pensais trouver du nouveau – sans savoir quoi – mais rien n’était arrivé! Je savais que Dieu aurait pu se manifester à moi de manière inouïe, créer des choses de feu et de lumière supraterrestres; mais cette célébration solennelle, pour moi du moins, n’avait contenu aucune trace de Dieu : il y était question de Lui, mais ce n’était que des mots. Chez les autres non plus, je n’avais perçu ni désespoir déchirant, ni saisissement bouleversant, non plus que cette grâce débordante qui, pour moi, constituait l’essence de Dieu. […] Pourquoi devrait-on s’unifier à Lui? On l’appelle « Fils de Dieu »? C’était donc, semble-t-il, un demi-dieu comme les héros grecs? Comment un homme ordinaire peut-il s’unifier à Lui? […] Par contre, il était parfaitement clair que Jésus, l’homme, avait affaire à Dieu. Il était désespéré à Gethsémani et sur la croix, après avoir enseigné que l’amour et la bonté de Dieu étaient ceux d’un bon père. Mais ensuite, il avait aussi vu combien Dieu était terrible. […] Et peu à peu, il devint clair en moi que cette communion avait été une déplorable expérience. Il s’en résultait que du vide; plus encore, c’était une perte. […]

Je fus saisi d’une pitié violente pour mon père. D’un seul coup, je compris le tragique de sa profession et de sa vie. Il luttait contre une mort dont il ne pouvait admettre l’existence. Un abîme s’était ouvert entre lui et moi, et je ne voyais aucune possibilité de jeter un pont sur cette faille sans fond. […]

Dans la plupart des buzz artistiques, il y a fort peu d’art, sinon, pas du tout. Il y a souvent dans ces oeuvres d’art controversées, d’expressions mal articulées et sans profondeur, parfois, de gesticulations d’une pâle imitation ou quelques simagrées absentes de sens. Demain, peut-être après-demain, nous vous parlerons d’un petit crucifié controversé, semble-t-il, de Michel-Ange… du moins, comme point de départ.

Appels entrants illimités

Jeudi 7 mai 2009

À Montréal, l’Église catholique fait appel à Dieu pour sa collecte annuelle, vous pouvez même l’appeler pour vous en convaincre. Semble-t-il, son téléphone cellulaire a un forfait d’appels entrants illimités! ;-)

Appels entrants illimités

L’image campe sur deux époques, à la fois du graphisme vieillot pour les réminiscences d’une piété du passé et de l’humour noir soft pour un appel au réveil de la foi. Le concept est intéressant, mais nous en doutons de son efficacité. Si la pub vous soutire irrésistiblement un sourire, un don occasionnel est loin une garantie, sinon, il reste toujours l’appel aux croyants pour le denier du culte.

Bon, revenons sur l’art… il ne faudrait pas nous éloigner trop de la mission de ce blog, c’est-à-dire, à vous livrer des nouvelles artistiques. :-) Surtout quand l’esprit d’artiste vagabonde… c’est dur dur.

Aux Pays-Bas, un artiste… (eh oui! encore!) propose une messagerie vocale aux croyants désirant parler à Dieu. Bon, une autre année occupée pour le Seigneur. Une chance! Pâques est déjà loin, il est sûrement rétabli.

Alors, l’artiste s’appelle Johan Van Der Dong. Il a eu cette brillante idée d’offrir aux fidèles du monde entier un numéro de téléphone consacré à Dieu, afin que les brebis égarées puissent laisser leurs prières dans la boite vocale du Tout-Puissant. L’artiste croit que cette méthode de communion laisse aux âmes pieuses le temps de contempler la vie et d’organiser leurs pensées comme lorsqu’ils prient.

Le message d’accueil de Dieu est tout simple : « Salut! Vous parlez à Dieu. Je suis absent pour le moment, alors laissez un message après le bip! » Le numéro pour rejoindre Dieu est le +316-4424-4901 pour les appels d’outre-mer. Pour les Néerlandais, les proches du Seigneur, c’est le 06-6624-4901. Les chanceux, ces locaux de souche!

Entre-nous, comment se pourrait-il que Dieu s’absente étant omniprésent? Quelqu’un a sûrement tourné les coins ronds dans cette affaire-là! Que des tricheurs dans ce bas monde! :-|

Pour ceux qui s’intéressent à l’art de la pub, les images de «prières pour les victimes du 9-11» et d’«appels entrants illimités» sont conçues par la firme publiciste BOS.