Textes et images - mai 2009

 

Montréal et ses graffitis

Dimanche 31 mai 2009

Il semblerait qu’à Montréal, on dépense cette année 6,1 M$ de fonds publics pour éliminer les graffitis sur les murs des immeubles de Montréal. La Ville de Montréal a publié récemment quelques chiffres qui peuvent intéresser à certains, dont nous-mêmes. :-)

Eh bien! avec 6,1 M$, on peut acheter 13 autobus, semble-t-il.

Le coût pour effacer un mètre carré de graffitis est de 6 $. La Ville doit débourser, en moyenne, 170 $ pour effacer les graffitis laissés par un artiste… graffeur. Si ce dernier se fait pincer, il risque jusqu’à 1000 $ de sanction pécuniaire.

On oublie souvent que laisser sa trace est un désir, disons, profondément enfoui du genre humain. Ce qui est considéré comme socialement inacceptable, la société réprimande, punit et efface. Les dessins laissés sur les parois des grottes d’Altamira et de Lascaux sont tous déclarés de nos jours, patrimoines de l’humanité. Cependant, nous ne savons pas s’ils étaient acceptables à leur époque.

Voilà, un phénomène observable de l’évolution de l’art : des limites de l’acceptable, nous les faisons, nous les défaisons et, nous en inventerons, pourvu que ceux-ci justifient un semblable sens, mais là, encore.

Bonne semaine!

Graffitis

Carla Bruni nue

Samedi 30 mai 2009

Voilà, encore un peu de Carla Bruni. Comment…? D’accord! Nous reprenons.

Voilà, encore un peu de Carla Bruni-Sarkozy. Ça ne vous passionne pas? Oké, nous faisons ça court et bref. Promis!

Carla Bruni nue

Une photo de la Première-Dame de France qui date de 1994, sera mise aux enchères à Berlin, prix de départ? Pour une modique somme de 3000 euros. Carla est souvent photographiée dans le plus simple appareil, rendant probablement plusieurs jalouses. :-|

Sur celle-ci, elle avait alors 26 ans, aujourd’hui, elle a… Combien, dites-vous? 41. Bon voilà, elle a 41 cette année.

La photo en noir et blanc de l’Américaine Pamela Hanson est titrée « Carla Bruni in Bed », qui la présente en amoureuse qui languit au lit : bras levés et mains jointes, regard fixe au luminaire… Si! C’est le luminaire et non le plafond qu’elle fixe; seins nus, bas-ventre artistiquement dissimulé; son corps de fine taille abandonné dans de beaux draps… froissés et d’un blanc immaculé. Vous comprenez bien que l’utilisation du mot « immaculé » n’enferme pas d’autres références que simplement pour vous donner une échelle d’appréciation des nuances de la photographie en noir et blanc, entre le noir sombre et dense de sa chevelure, défaite, et le blanc, clair et lumineux des draps.

Eh oui! Nous sommes comme ça… ;-) la rigueur et la précision, c’est important quand on est un artiste. Car, en raison de la nature de l’expression artistique, qui est généralement considérée comme floue – le flou artistique, un sain équilibre s’impose donc entre la raison et l’expression.

Conséquemment, comprenez-vous que nous ne laissons pas ce billet dans un tel état de légèreté insoutenable, n’est-ce pas? En voici une célèbre peinture pour clore le sujet du jour : une femme nue, d’un corps gracieux à la taille généreuse, disposée selon le même schéma graphique que « Carla Bruni au lit ». Bien que le perroquet dans la «Femme au perroquet » de Courbet soit un accessoire répondant aux conventions sociales de l’époque, le coin du drap blanc qui cache le bas-ventre de la maîtresse du peintre fut traité comme un élément accessoire, alors que sur la photo de Hanson, une mise en plis du drap soigneusement disposé entre les cuisses et les mollets de Carla que l’on dirait de l’art nordique du 15e siècle.

Femme au perroquet, par Courbet

Si certains petits détails font des images des grandes oeuvres, d’autres ne relèvent que l’envergure réelle du talent de l’artiste. Quel dommage que Carla porte en elle un si grand amour pour la présence de la caméra en oubliant de jouer son rôle de langoureuse amoureuse. À moins que le modèle et l’artiste aient toutes les deux oublié l’essentiel.

Une toile

Jeudi 28 mai 2009

Une toile. :-|

Ça fait longtemps que celui-là, il ne joue plus au tennis. Connaissiez-vous de Frederick John Perry? Il est né le 18 mai 1909, mort le 2 février 1995. Trois fois champion Wimbledon.

Une toile
Photo: Reuters

Photo de 100 m

Mercredi 27 mai 2009

Une superbe œuvre photographique de 100 mètres de largeur prise à Berlin par le photographe Danois, Simon Hogsberg. L’oeuvre intitule « We’re All Gonna Die – 100 meters of existance ».

L’œuvre témoigne avec sobriété l’empreint de la vie des passants devant une traversée ferroviaire au cours d’une période de 20 jours. Le caméra de l’artiste a été installé au même emplacement pour toute la durée du projet photographique. Le montage des photos exploite pleinement le médium qu’offre un site web, avec une interface d’utilisateur épurée à l’image de l’œuvre.

À voir absolument et à découvrir l’intégralité de ces 100 mètres de photographies sur le site de cet artiste. Vous verrez là un exemple de ce que c’est le rythme dans une image, une qualité rare. De plus, vous verrez aussi comment un artiste organiser et faire évoluer ses idées au fil des projets pour arriver à ces 100 mètres d’images.

100 m de photos

100 mètres de photographies

 

Merde géante!

Mardi 26 mai 2009

Plusieurs artistes contemporains s’intéressent à la merde depuis les années 1960.

SVP! Ne cherchez pas le côté péjoratif, cherchons ensemble le positif aujourd’hui! Rappelez-vous, nous avons toujours dit que l’art est à l’image de la vie. Voici une installation de l’artiste américain Paul McCarthy, « Complex Shit » – un gigantesque amas de crottes de chien gonflables. L’oeuvre a été exposée au Zentrum Paul-Klee, à Berne.

Merde géante
Image : AFP

Pour des non-habitués à l’art contemporain, ne vous contentez pas au sens primaire du mot « merde », ne vous lancez pas trop rapidement sur une piste de signification mythique et profonde. Ce n’est pas bien de vous précipiter, ni dans l’une, ni dans l’autre. Pour comprendre une oeuvre parfois difficile à cerner, il faut se laisser imprégner, sentir… (au sens propre, SVP!) sa présence.

Nous, nous nous sommes demandé que signifie le mot « Complexe » dans le titre… et  nous sommes arrivés aux questionnements suivants :

  1. Est-ce pour désigner l’ensemble de sentiments humains et de représentations, souvent acquis dans l’enfance, partiellement ou totalement inconscients, pourvus d’une puissance affective qui organise la personnalité affective de chacun?
  2. Est-ce un ensemble d’immeubles ou d’installations qui concourent à un même but, sous un même toit? Cela signifie-t-il que chacune de ces gigantesques matières fécales en crottes brunes représente symboliquement une partie d’un complexe imaginaire?
  3. Ou peut-être, signifie-t-il que ce tas de merdes de chien est composé de nombreux éléments reliés entre eux d’une telle façon qu’il soit difficile à analyser et à comprendre?

Voyez-vous, il y a là un début de quelque chose… réfléchissons ensemble! Si ça vous tente… ;-)

Une mauvaise journée de Superman

Lundi 25 mai 2009

Une mauvaise journée arrive à tout le monde… une sculpture de l’artiste allemand Marcus Wittmers installée devant la Galerie d’art d’Andreas Wendt, à Berlin.

« Même un héros a de mauvaise journée! »

Mauvaise journée
Image : Arnd Wiegmann/Reuters

Réussir en art comme Jeff Koons

Dimanche 24 mai 2009

Jeff Koons, artiste contemporain, célèbre pour son art du kitsch format monumental. Jeff Koons, adorateur de Salvador Dalí, peintre de formation au Maryland Institute of Art, apprenti de la culture du monde financier à Wall Street avant sa carrière artistique et finalement, artiste connu depuis les années 1980 et aujourd’hui reconnu mondialement.

Vous souvenez-vous des années 1980? C’était le début de l’évolution du capitaux-communisme en Chine : s’enrichir en misant au rancart momentanément l’idéologie politique; c’était aussi la fin agonisante de l’URSS qui a connu un peu plus tard la Perestroïka et la Glasnost. En Occident, c’était le début des années Reagan et Thatcher… Mulroney au Canada. C’était l’alliance de la révolution conservatrice pour le libre marché, la privatisation et la déréglementation qui nous a légué ce krach d’abord boursier, ensuite financier et maintenant économique.

L’émergence de Koons date de ces années-là. Sa réussite artistique est loin d’un calque du modèle de Factory d’Andy Warhol que l’on semble affectionner à répéter. Considérer Koons comme étant une continuité de la mouvance artistique de Warhol ou le renouveau du Pop’Art est comme regarder l’évolution de l’art contemporain dans un rétroviseur. L’art contemporain depuis les années 1980 est en grande partie financier. L’art de Koons a atteint sa pleine maturité grâce au monde financier effervescent de New York. À la même manière, les Yaung British Artists dont fait partie Damien Hirst ont pris leur envol sous la protection du publiciste Saatchi&Saatchi qui a fait fortune durant les années Thatcher, dans un Londres devenu le centre financier du monde. La réussite artistique de Koons a été ensuite confirmée par les énormes capitaux que faisait circuler le marché d’encan d’oeuvres d’art, particulièrement depuis la fin des années 1990. Cette fois-ci, s’ajoutent dans les rangs de collectionneurs des nouveaux milliardaires chinois et russes.

Comme artiste, Koons a innové le concept de la création artistique : l’artiste ne travaille plus seul, ni en groupe artistique ou informe, mais agissant en entrepreneur; l’idée artistique est secondaire; le processus de création n’est plus fait d’étapes isolées : explorer une démarche artistique, chercher l’inspiration d’une expression, élaborer une idée, essayer de représenter son monde imaginaire, mettre en place un concept visuel, peaufiner son oeuvre, construire peut-être même un discours et évidemment, tenter de vendre en dernier lieu son oeuvre pour un « toi marchand, moi artiste, 50-50 » Voyez-vous, c’est long de les énumérer, imaginez maintenant un peu en mode réalisation… de la misère noire ou quoi?! ;-)

Faire de l’art comme Koons
Image : Librado Romero/The New York Times

Le modèle koonsien est principalement fondé sur trois phrases : la conquête de la visibilité auprès des gens influents à son début; ensuite, la mise en marché de quelques oeuvres vedettes et finalement l’exploitation. Il n’y a plus de « 15 minutes de gloire » à la Warhol. De nos jours, ce sont des topos de 15-30 secondes à la télé; une transformation en oeuvre d’art extraordinaire un objet ordinaire – le kitsch – en faisant appel aux spécialistes de la mise en forme; et, finalement, donner à la masse populaire le vertige d’un art réussi au plus solennel sanctuaire muséal, mais seuls les riches peuvent se payent un Koons. Le carnet de commandes de Koons fait assurément envie à bien de mégaconglomérats inscrits en Bourse qui tentent désespérément de fortifier leurs pieds d’argile au talon d’Archille, surtout en ce temps difficile.

Devenu l’artiste-entrepreneur, Koons dirige au lieu de bricoler; comme l’artiste-sculpteur, Koons nivelle vers le bas en symbolisme, mais il donne au kitsch ses lettres de noblesse à la manière d’un roi qui anoblissait un roturier. Avec Koons, le kitsch est rutilant, gigantesque et dispendieux.

Dans un insignifiant petit chien ballon que les amuseurs publics offrent aux enfants, c’est peut-être juste une clownerie amusante aux yeux d’un adulte. Sachez cependant que les quelques gestes transformant un petit ballon filiforme en un symbolique et adorable fidèle compagnon de l’Homme font jaillir toujours des yeux d’enfants étincelants mille éclairs.

Chien Ballon de Koons

Koons a su comment faire transformer l’ordinaire en art extraordinaire et le vendre aux milliardaires en quête de sens existentiel ou d’innocence perdue. Parmi ses collectionneurs et amis, un dénommé Français Pinault, notamment propriétaire du musée Palazzo Grassi et de la Maison d’encan Christie’s.

Quoi retenir à propos de l’art de Jeff Koons? Sulfureux, kitsch et richissime.

Bonne semaine! À demain, si Dieu le veut!

Grande femme enceinte

Samedi 23 mai 2009

Savez-vous que demain aura lieu la 5e édition de la « Journée mondiale de la Femme enceinte » à Montréal?

Eh oui! Vous le savez maintenant. Si vous êtes à Montréal, une activité en famille pour souligner cette autre journée mondiale vous attend au Relais Mont-Royal. Par contre, si vous étiez occupé, alors, un peu d’art dès maintenant! Nous avons tout prévu. ;-)

Grande femme enceinte
Image : Tobias Schwarz/Reuters

Ron Mueck, sculpteur d’origine australienne, vit en Angleterre. Ses sculptures représentent des hommes et femmes, souvent nus, à échelle géante, mais toujours d’un réalisme saisissant.

Son célèbre « Garçon accroupi » géant a été exposé à la Biennale de Venise il y a quelques années passées. Cette grande « Femme enceinte » date de 2002, elle fait partie de la collection de la National Gallery of Australia.

Petite histoire de sexe du vendredi soir…

Vendredi 22 mai 2009

Vous avez bien lu : une petite histoire de sexe du vendredi soir… une petite histoire d’art satirique, une oeuvre d’art censurée. Une controverse créée de toutes pièces par les organisateurs de la Biennale de Venise pour faire mousser leur événement. S’il n’y a pas de controverse, ce serait ordinaire. Notre monde veut de l’extraordinaire. Mais, si vous demandiez la question aux organisateurs : « Dites, pourquoi tant de comédie? » On vous répondrait probablement « ménon, ménon, ce n’est pas de tout de la censure… Car ces oeuvres constituent une atteinte à la pudeur. » Pendant ce temps, les partisans de l’artiste censuré montent aux barricades en criant : « libérer Venise! »

Au centre, un artiste, Jacques Charlier. Pour certains, un grand artiste; pour d’autres, ils diraient discrètement « ouf! Au suivant. » Mesdames et Messieurs, ce n’est qu’une toute petite histoire de sexes d’artistes pour vous divertir. Pire! Nous y succombons. Ô Vanitas vanitatum, et omnia vanitas – vanité des vanités, et tout est vanité. :mrgreen:

Jacques Charlier a été sélectionné par la Communauté française de Belgique pour participer à la 53e biennale de Venise. On désirait faire exposer ses « 100 sexes d’artistes », sous forme d’affiches dans l’espace public de Venise. Les dessins composés depuis 1973 représentent 100 attributs de procréation des artistes qui ont marqué l’art du XXe siècle depuis Marcel Duchamp. Une idée intéressante. Un double véhicule pour diffuser la création artistique : le sexe et des artistes connus, à la fois un humble hommage aux illustres et une expression artistique singulière et débridée de l’artiste.

Que demandez-vous de plus?

Voilà, vous pouvez tout voir sur ce site à partir du 3 juin, mais nous ignorons combien de temps le site demeura en ligne. Toutefois, nous avons déniché l’un de ces 100 sexes d’artistes de Charlier pour vous! Ô Seigneur! Pardonnez-nous de cette décadence. Semble-t-il, l’artiste exposera tout de même ses œuvres, sur un bateau amarré près des Giardinis de la Biennale.

Petite histoire de sexes d’artistes
Image : Jacques Charlier

Vous saviez sans doute, à l’autre époque, il y avait à Paris, le Salon officiel pour ceux que l’on honore, et à côté, le Salon des scandaleux, des rejets, des losers, qui ont quand même noirci plusieurs pages du grand livre d’histoire de l’art. Rappelez-vous de ce que Michelange a dit à propos de la nudité contenue dans son Jugement dernier?

« Allez dire au pape que c’est un problème mineur et qu’il est facile de la rendre convenable; qu’il fasse du monde un endroit convenable et la peinture suivra le même chemin. »

Scène de torture

Jeudi 21 mai 2009

Le martyre de l’apôtre Bartholomée est l’un des pires supplices que les païens ont infligés aux douze Apôtres du Christ. Une scène de torture affreuse : crucifié, écorché et décapité.

Par Tiepolo, le martyre de Saint-Bartholomée.

Scène de torture

On a généralement cette étrange impression que seuls les artistes connaissent les secrets de la controverse à la devise « toujours un peu plus ». Bien que les artistes ne se font pas prier pour provoquer des réactions toujours plus sulfureuses, spectaculaires et inouïes. Les effets obtenus par leurs oeuvres d’art controversées sont bien souvent plus brefs, précaires et périssables. Ainsi, cette roue infernale du « plus » tourne et tourne encore. De nos jours, si la religion avait autant d’importance que jadis, nous aurions des oeuvres d’art de crucifixion insoutenables.

Cependant, il y a aussi ces artistes de talent, qui jouent à la fois allègrement dans le registre des controverses et capables de s’imposer pudeur, retenu et rigueur dans l’expression de leur art. Michelange en est un exemple.

Tiepolo, lui, est l’un de ces artistes qui s’imposent des limites. Son art s’épanouit dans l’expression de ses couleurs chatoyantes, sensuelles et éclatantes; des compositions mouvementées, méticuleusement planifiées et orchestrées. Tiepolo cherchait davantage à plaire. Ici, dans ce Saint-Bartholomée, tous les regards, bourreaux, Martyr et Sainte Mariamne, se détournent de l’avant-plan pour mieux conduire le regard du spectateur dans cette savante organisation picturale et spatiale.

- Voulez-vous un peu d’histoire de Saint-Bartholomée pour finir ce billet?

- Ben oui! La culture religieuse fait voir la vie d’un autre œil…  ;-)

Les sacrificateurs païens furent bien sûr très irrités de ces événements. Ils accusèrent le Saint Apôtre d’abattre leurs dieux et leurs temples, d’exterminer leurs cultes et leurs moyens de subsistance. S’approchant d’Astyaguis, le frère du roi, ils le convainquirent de faire périr l’Apôtre pour venger les dieux. Celui-ci chercha le moment opportun, s’empara du Saint, et le livra au martyre dans la ville d’Albanopolis, le faisant crucifier la tête en bas. Le Saint Apôtre se réjouit beaucoup de souffrir pour le Christ et, alors qu’il était pendu sur la croix, ne cessa pas de prêcher la Parole de Dieu. C’est ainsi qu’il put jusqu’à la fin affermir les fidèles, et inciter les incroyants à se détourner des ténèbres des démons pour courir vers la lumière du Christ. Comme le bourreau ne pouvait supporter ses discours, il lui fit arracher la peau. Mais le Saint Apôtre supportait ce supplice comme si c’était un autre qui souffrait, et ne cessait de bénir et de glorifier le Seigneur. Le bourreau fit finalement trancher la sainte tête, laissant sur la croix ce corps dont les pieds indiquaient si bien quelle direction ils allaient emprunter. [Texte intégral]

Comment sauver sa peau…

Mercredi 20 mai 2009

Depuis le post du Christ sur la chaise électrique, le nom de Michelange ne cesse de résonner dans le cerveau ultra spatial de l’artiste. À bien y penser, c’est bien à cause de cette histoire de crucifié que l’on attribue au plus grand génie artistique de la Renaissance dont nous voulions y consacrer quelques lignes, mais qui tarde à se concrétiser. Le hasard et les choix délibérés des derniers jours font dévier sans cesse nos sujets. Nous voilà aujourd’hui enfin un sujet sur Michelange : comment sauver sa peau au Jugement dernier. :-|

Le libre cours que chaque blogueur s’adonne avec son blogue, au point à se perdre dans les méandres de sa plus folle passion jusqu’à la besogne le plus vile, est sans doute l’un des aspects qui motive le maintien d’un blogue jour après jour. Comme là, nous tentons de reconduire les affluents de notre pensée toujours trop éphémère au sujet qui nous tient à coeur, mais sans trop succès.

Aujourd’hui, c’est ce tee-shirt unique de l’artiste suédois qui nous a poussé vers Bart… le Saint-Bartholomée du Jugement dernier de Michelange.

Sauver sa peau

Il y a bien souvent dans des oeuvres charnières et majeures d’un grand artiste des éléments picturaux qui se présentent telles que des excentricités, des énigmes et parfois, une clé d’accès à de vastes dédales de sa pensée. Si visible en image, mais si obscure en intension, cet autoportrait de Michelange en enveloppe de peau tenant dans la main de Saint-Bartholomée de la Chapelle Sixitine est à lui seul, un élément méritoire qui invite son public à de mures et profondes réflexions : quand tous sont représentés dans une nudité sans exception, y comprenant les damnés, les anges, les démons, les Martyrs et le Christ. Pourquoi alors lui, se représente-t-il en enveloppe de peau morne dans le Jugement dernier, ultime moment du christianisme?

L’artiste qui a jadis gravé sa signature d’artiste « Michael Angelus Bonarotus Florentinus Faciebat » sur la ceinture rubanée qui croise la poitrine d’une Marie plus jeune que le Christ crucifié; qui, mécontent de la mauvaise réception que fit le pape à l’une autre de son oeuvre, a déclaré « Je fais savoir à Votre Sainteté que, dorénavant, si Elle me veut, Elle devra me faire chercher partout ailleurs qu’à Rome. » Quelque 40 ans plus tard, en réponse à l’indignation d’un autre pape, à propos de cette nudité générale et non convenable de son célèbre Jugement dernier, Michelange a rétorqué « Allez dire au pape que c’est un problème mineur et qu’il est facile de la rendre convenable; qu’il fasse du monde un endroit convenable et la peinture suivra le même chemin. »

Que devrions-nous comprendre de cette enveloppe de peau qui représente lui-même alors que même le Christ est en habit neuf de l’empereur? Voilà une grande oeuvre, grand buzz de la Renaissance et un grand artiste.

T-shirt unique

Mardi 19 mai 2009

Cette oeuvre unique est réalisée à partir de photographies par l’artiste suédois Simon Berg.

- Ne soyez pas incrédule… ;-)

Car il n’y a qu’un exemplaire, il fait partie de la collection de l’artiste. Voilà pourquoi nous l’avons nommé t-shirt unique, à moins que vous préfériez l’appeler t-shirt peau, t-shirt torse nu ou t-shirt sexy

T-Shirt