Textes et images - février 2009

 

Porc-épic et ses épines

Samedi 28 février 2009

Une artiste de Vancouver, Amy Nugent, fabrique des œuvres d’art à partir de porcs-épics tués sur la route. Déroutant? ;-)

Sur cette image, Amy Nugent nous présente sa récente création artistique nommée Roadquill. Il s’agit d’une grande boule faite à partir de plusieurs milliers épines de porc-épic. On parle de 30,000 épines des victimes de la route. Une œuvre de toute minutie, et à la fois obsessive. L’image de cette œuvre laisse croire que l’artiste a utilisé les épines de porc-épic comme matériaux de habillage seulement.

Porc-épic et ses épines

Image: Darryl Dyck

En art, la mort est un vecteur de création fertile pour beaucoup d’artistes. On y ratisse depuis toujours. On transpose l’ultime expérience de la vie dans de matières traditionnellement connues comme nobles : terre, plâtre, pierre, bois, métaux, minéraux, toile, papier, etc. L’évolution que notre monde a connue depuis un peu plus d’un siècle a fait éclater les repères de valeurs esthétiques généralement acceptés, mais aussi introduit dans la composition d’œuvres contemporaines des matières qui s’identifient à la vie humaine ou animale : cheveux, poils, ongles, peaux, graisse, sang, cendres, salive, mucus, urine, fèces et sperme… si si, vous avez bien lu, nous n’ajoutons pas ce dernier mot dans cette longue énumération pour heurter votre sensibilité. Cependant, incorporer de matériaux organiques ou de rejets du corps humaine dans des œuvres d’art est généralement perçu comme des provocations égocentriques des artistes contemporains écervelés.

Bien que cette boule d’épines de porc-épic soit composée de reste animal, nul n’aurait pu considérer cette œuvre comme étant une provocation. On y retrouve l’habileté avant tout. Dans le domaine des arts, de l’acceptation d’une œuvre par un public cible à l’acclamation du génie de son artiste, se pourrait-il qu’il y ait une appropriation des valeurs véhiculées par l’artiste? Et cette même appréciation, se pourrait-il qu’elle soit issue d’une perception encensée de l’acceptable, de la beauté, ou encore du génie?

Février à Rennes…

Vendredi 27 février 2009

Par Mélibée

Février à Rennes….

J’ai fui l’hiver du Canada pour me réfugier sous des cieux plus cléments empreints de douceur… grâce à son ciel très souvent gris.  Hé oui, je vous écris de Rennes…  Bon, je sais…  je n’ai pas fini de vous écrire sur la belle ville de Paris et j’ai plein de photos de gargouilles pour vous…,  mais voilà…  une opportunité et hop quelques jours de congé et des clics clics.

Allez, on cause de Rennes maintenant…  Je vais éviter les photos clichées de type belle place.  Vous pourrez trouver ça facilement sur le net…  Le palais du parlement de Bretagne, les Portes Mordelaises, l’Hôtel de Ville, la Grande Place, la Mairie, l’Opéra…

Hier, il y avait un itinérant qui lavait ses slips à la fontaine…  mais vous chers Rennais vous diriez un SDF qui faisait sa lessive à la fontaine…  pour tous ceux et celles qui se posent la question, un SDF est une personne sans domicile fixe.  L’image était belle, mais je n’ai pas osé l’immortaliser…  Quoique de dos, courbé, les cheveux en bataille, j’aurais pu…  mais quand il reste si peu… alors voilà… Je vous mets des images coup de cœur…  Ha, les maisons à colombage…  un délice pour les yeux…  Bon, il faut aussi que je mentionne que la ville a brûlé…  et que grâce à la piété des gens, des prières à Ste-Anne demandant l’intervention de la vierge…  le feu a cessé place des Lices. Ce qui donne à la ville des allures un peu bigarrées entre l’ancien et le nouveau.  Certaines rénovations intègrent bien les maisons à colombage avec la partie commerçante située en bas…  Certaines sont vraiment très bien et d’autres vraiment très nulles…  totalement dénaturées quoi…  et les pavés quel charme…  Faits de pierre ciselée à la main…  Une perfection dans leur irrégularité…  très colorée…  Plusieurs rues sont présentement en reconstruction…  maintenant un beau dallage très régulier et très gris…  Voilà…  place à la modernité…  Tiens en parlant de modernité…  un métro ultra moderne…  hé oui, tout est automatisé…  exit la défaillance humaine…  hé, hé…  Bon il y a peu de stations me direz-vous, mais très très sécuritaire…  tout est vitré et on ne peut entrer que lorsque le train est à quai…  alors, les portes ouvre-toi sésame permettent d’accéder au wagon…  hep…  fini les tentatives de suicide devant l’engin…  Et puis il y a aussi… Allez, laissons les mots, place aux images…

Ille et Vilaine

Maison à colombage

Février à Rennes, paisible le dimanche

Cerveau des femmes

Mercredi 25 février 2009

Les chercheurs ont testé dix hommes et dix femmes. Ils leur ont montré des tableaux et photos de paysages et de scènes urbaines et leur ont demandé de noter chaque image par une mention « belle » ou « pas belle ». Pendant ce temps, on observe les cerveaux des sujets…

Pendant les 300 premières millisecondes, il n’est apparu aucune différence entre les cerveaux masculin et féminin. De la 300e à la 700e millisecondes, l’activité cérébrale a été plus importante pour les objets jugés beaux que pour les autres.

Chez les deux sexes, la région la plus active a été le lobe pariétal qui contrôle la perception visuelle, l’orientation spatiale et les processus d’information, mais cette activité était concentrée sur le côté droit dans le cerveau masculin, alors que les deux côtés, droit et gauche, participaient chez les femmes.

Conclusion de cette étude? Semble-t-il, quand une femme considère un objet visuel, elle le relie au langage, alors que l’homme se concentre sur les aspects de cet objet dans l’espace.

Toutefois, Camilo Cela-Conde, l’un des chercheurs de ces travaux qui ont été publiés hier dans l’édition électronique des annales de l’Académie nationale des sciences aux Etats-Unis, considère que cela n’explique pas le pourquoi et le comment de l’évolution de la capacité d’appréciation de la beauté. « Les différences que nous avons trouvées peuvent être liées aux rôles sociaux différents qu’ont probablement joués les hommes et les femmes au cours de l’évolution. »

Allons! Illustrons simplement cela par une image! ;-)

Cerveau des femmes

Source: Presse canadienne

Sculptures animalières en bronze

Lundi 23 février 2009

Saviez-vous qu’un très très grand encan d’oeuvres d’art débute aujourd’hui à Paris?

Il s’agit de la vente de 732 oeuvres d’art de la collection Yves St-Laurent et Pierre Bergé chez Christie’s. Deux des sculptures animalières en bronze font objet d’un litige : des têtes de rat et de lapin, pillées à Pékin il y a près de 150 ans au Palais d’été par les troupes franco-britanniques lors de la seconde guerre de l’opium. Après le vol, les troupes de l’Alliance ont incendié le Palais comme celui qui a incendié la semaine passée l’église de Saint-Philibert, en Beauce.

Ces deux têtes faisaient partie d’un ensemble de douze animaux symboliques de l’astrologie chinoise. Les sculptures en bronzes entouraient jadis une fontaine conçue par le jésuite français Michel Benoist.

Sculpture animalière en bronze

Si le droit international interdit le commerce d’oeuvres d’art volées, il n’est toutefois pas rétroactif et ne peut être appliqué aux biens culturels volés dans les années 1860. Une demande symbolique de l’annulation de la vente de ces têtes a été déposée par l’Association pour la protection de l’art chinois en Europe (APACE). Elle sera examinée aujourd’hui, à Paris. Les deux sculptures sont évaluées entre 8 et 10 millions d’euros chacune. Elles doivent être mises aux enchères mercredi soir.

Au cours des dernières années, de richissimes hommes d’affaires chinois ont acheté cinq des douze têtes dans des ventes aux enchères pour les offrir à la Chine. En 2007, le milliardaire des casinos de Macao, Stanley Ho, a déboursé 8,8 millions de dollars pour la tête de cheval chez Sotheby’s Hong Kong avant de l’offrir à la Chine. Plusieurs de ces têtes d’animaux en bronze étaient en circulation depuis fort longtemps. Cependant, elles ne font objet d’une réclamation que récemment. On dirait que la montée en puissance d’une nation s’enorgueillisse sa voix officielle.

Pour des pays comme Égypte ou Irak, à quand leur tour? :-|

Un artiste qui fait parler de lui…

Dimanche 22 février 2009

Voilà un artiste qui fait parler de lui malgré lui, Damien Hirst ;-) et un autre artiste qui fait parler de lui en créant une sculpture pour provoquer un scandale.

L’artiste espagnol Eugenio Merino pratique l’art du scandale et l’art de la récupération artistique. Cette fois-ci, il mise sur Damien Hirst pour sa nouvelle production. Merino a créé une sculpture représentant un Damien Hirst qui s’est tiré une balle dans la tête. Il l’intitule « 4 the love of Gold ».

Artiste qui fait parler de lui

Eugenio Merino déclare que son oeuvre est une métaphore de l’état actuel du monde des arts, et à la fois une blague. Car il est un admirateur du travail d’Hirst. Merino prétend que si Hirst se suicide, son oeuvre en vaudrait encore plus. Son Hirst se suicide a été acheté par un collectionneur de la Floride pour $41,000 lors de la 28e foire artistique internationale ARCO.

Pas mal pour un artiste qui copie non seulement le concept de mise en boite des animaux morts d’Hirst, mais aussi le titre de l’oeuvre d’Hirst – Pour l’Amour de Dieu et les effigies en cire de Maurizio Cattelan, n’est-ce pas? :-|

« C’est ironique. Le marché de l’art a connu une baisse cette année, mais la vente de mes oeuvres a connu un bond spectaculaire. » déclare l’artiste espagnol de 33 ans.

Damien Hirst en sculpture

Caricature controversée

Samedi 21 février 2009

Une caricature signée Sean Delonas, caricaturiste connu pour ses dessins caricaturaux provocateurs, publié dans l’édition de mercredi du New York Post a provoqué un tollé de protestations aux États-Unis.

La caricature controversée représente un policier qui vient d’abattre un singe, faisant référence à un chimpanzé abattu lundi par la police dans le Connecticut après avoir grièvement blessé une femme au visage. Dans le phylactère de la caricature, nous pouvons lire l’affirmation du second policier : « Ils vont devoir trouver quelqu’un d’autre pour rédiger le prochain plan de relance. »

Dans un premier temps, le rédacteur en chef du Post défend la caricature de Delonas, « ce dessin est une parodie d’un événement de l’actualité. »

Aujourd’hui, dans un éditorial, le New York Post s’excuse d’avoir publié cette caricature faisant allusion au plan de relance qui aurait été rédigé par un singe. « Mais cela a été interprété autrement – comme une représentation du président Obama, comme une expression légèrement voilée de racisme […] Nous nous excusons auprès de ceux qui ont été offensés par l’image. »

Un manque de discernement, une tentative pour élargir les limites de l’acceptable ou simplement de la paresse intellectuelle d’un caricaturiste qui aime la facilité ? Entre l’affirmation du policier et le singe abattu, il y a un si grand vide d’idée. Hélas, gênant! Malgré l’expression voilée au stéréotype de l’Afro-Américain vu comme un singe, protester contre une caricature d’une telle pauvreté, c’est viser à côté du cible.

Si vous vouliez avoir une meilleure idée des caricatures de Delonas, par ici.

Caricature controversée

Portrait du Roi de la Pop

Vendredi 20 février 2009

Ce portrait du Roi de la Pop déchu, réalisé en 1995 par le peintre américain Norman Oak est estimé pour la modique somme de quelque 4,000 dollars. Au plus, on espère en obtenir 6,000 dollars. Ce tableau fait partie d’une collection de 2,000 objets ayant appartenu à Michael Jackson, qui seront vendus aux plus offrants en avril prochain. Après ses années fastes, l’empire du Roi de la Pop vit ses derniers soubresauts, les contractions d’une longue agonie.

Portrait du Roi de la Pop

Kosovo, un an

Mercredi 18 février 2009

Hier, le Kosovo a un an.

Il y a un an, le Kosovo a proclamé unilatéralement son indépendance, malgré l’opposition de Belgrade, soutenue par la Russie. Plusieurs craignaient que de nouveaux conflits éclatent dans cette région où la tension ethnique demeure toujours palpable. Au moment de la proclamation d’indépendance de Kosovo, des foules en colère se sont livrées à des pillages à Belgrade.

Il y a un an, le parlement kosovar a dévoilé un nouveau drapeau, une carte géographique du Kosovo dorée aux six étoiles sur fond bleu. Certains l’aiment, d’autres le désapprouvent. Un an après, le symbole par excellence de cette jeune nation aurait dû être son drapeau bleu, mais il est peu visible, contrairement au drapeau albanais – aigle bicéphale noir sur fond rouge.

Pour nous, des observateurs éloignés, en voyant cette photo de Visar Kryeziu d’AP, une question demeure : cette principale artère de Pristina, capitale du pays, est-elle décorée à la couleur du Kosovo ou à la couleur de l’Albanie? Pour un instant, nous avons l’impression que l’identité collective des Kosovars est encore en cours de définition. Bonne chance aux Kosovars!

Kosovo, un an

World Press Photo 2008

Lundi 16 février 2009

Anthony Suau, photographe américain, a remporté le Prix World Press Photo 2008, la 52e compétition du concours, avec une photo témoignant la crise immobilière aux États-Unis.

La photo a été prise en mars 2008 et publiée dans le magazine Time, montrant un policier armé qui faisait sa patrouille dans une maison abandonnée.

World Press Photo 2008

«La force de cette photo se trouve dans ses contrastes. Elle a l’air d’une photo de conflit armé, mais il s’agit seulement de l’expulsion des occupants illégaux d’une maison abandonnée», a déclaré la présidente du jury MaryAnne Golon.

Surprenant, n’est-ce pas? Sans cette explication, nous n’aurions pas pu saisir la signification exacte de cette scène. Les photos qui remportent le Prix World Press Photo sont bien souvent hétéroclites. Parfois, sans les mots qui détaillent la circonstance, c’est très déroutant pour un spectateur face à ce type d’image.

Une photo de reportage doit-elle informer le public; véhiculer une émotion; témoigner un moment de vie; dévoiler une scène disgracieuse; exposer une injustice sociale crument; montrer les valeurs humaines…? Nous avons l’impression que les photographies 2008 de World Press Photo représentent tout ça et bien plus encore. En voici, une petite sélection.

Photographie World Press Photo
Luiz Vasconcelos, Brésil – Actualité générale

Lauréat World Press Photo
Quinggan Chen, Chine – Spot d’actualité

Personnes de l’actualité
Callie Shell, États-Unis – Personnes dans l’actualité

World Press Photo - Sport
Xiaoling Wu, Chine – Sport

Catégorie - Vie quotidienne
Lissette Lemus, Salvador – Vie quotidienne

Discours de Lincoln

Jeudi 12 février 2009

Aujourd’hui, c’est aussi le jour du 200e anniversaire du 16é président américain Abraham Lincoln. En ce jour où les Américains fêtent l’un de leurs grands présidents, un manuscrit de Lincoln a été vendu pour $3,4M chez Christie’s, à New York.

Habituellement, nous vous parlons des oeuvres d’art vendues aux enchères. Semble-t-il que le montant constitue un record pour un manuscrit d’un discours de Lincoln, lequel a été prononcé le 10 novembre 1864 depuis une fenêtre de la Maison Blanche. Tout juste après sa réélection.

Un ami nous a longtemps parlé des discours de Lincoln comme des chefs-d’oeuvre. Il nous a cité à quelques reprises le 2e discours inaugural de Lincoln en soulignant l’intelligence, l’habileté et l’élégance de Lincoln comme orateur. Pour ce second bicentenaire de la naissance de la journée, un passage du discours que Lincoln a prononcé lors du jour de l’inauguration de son second mandat.

Que ce terrible fléau de la guerre disparaisse rapidement, c’est notre espoir le plus sincère, et notre prière la plus ardente. Mais, si Dieu veut qu’elle continue jusqu’à ce que toutes les richesses accumulées par le travail non payé des esclaves aient été détruites et jusqu’à ce que chaque goutte de sang arrachée par le fouet ait été payée par une goutte de sang tirée par l’épée, alors que ce qui a été dit il y a trois mille ans soit redit aujourd’hui, « les jugements du Seigneur sont justes et bons ».  Sans malveillance à l’égard de qui que ce soit, avec charité envers tous, avec la fermeté du bon droit, tel que Dieu nous permet de le comprendre, finissons le travail dans lequel nous sommes engagés.

Discours de Lincoln

Image de l’évolution

Jeudi 12 février 2009

Pour souligner cette journée du bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, une image de l’évolution. ;-)

Image de l’évolution

Selon la célèbre théorie de Darwin, l’évolution se fait par sélection naturelle. Les organismes vivants les mieux adaptés à leur milieu survivent, les autres disparaitront. Les animaux s’adaptent âprement aux conditions de leur milieu de vie, auront la meilleure chance de se reproduire et de transmettre leurs gènes à leurs descendants.

Les animaux qui ont une anomalie génétique dite « positive », par exemple, qui possède une fourrure plus fournie que ses congénères auraient plus de chance de résister dans un environnement nordique, comme au Québec. :D Mais avec le réchauffement climatique, une telle anomalie génétique sera fatale et considérée probablement comme « négative ». Tant pire pour ceux qui ont bien du poil!

L’évolution de la vie moderne, surtout depuis la 2e moitié du XXe, raccourcit les années de l’innocence de nos enfants, accélère le rythme du cycle de vie, contribuera-t-elle à la préservation de l’espèce humaine ou accentuera-t-elle la défaillance de sa nature?

Bon bicentenaire, Monsieur Darwin!

Aux admirateurs de Lincoln, désolé! Entre Lincoln et Darwin, nous commençons par le plus important des deux bicentenaire de naissance.

Comment mettre les hommes à ses pieds

Dimanche 8 février 2009

Toujours dans cet élan Saint-Valentinnien, aujourd’hui, encore quelques lignes de ce poète mystérieux d’antan. Alors, rappelez-vous de son nom? ;-)

Pour accompagner cet autre billet sur l’art d’aimer ou comment mettre les hommes à ses pieds, nous vous proposons deux images thématiques sur l’éloquence du pouvoir féminin : du moderne au classique, sur la trame de ce texte antique.

En voici la première, une pub quelque peu placide malgré cette trainée de corps, de chair… de Ken – the Original Boy Toy qui nous a inspiré le titre de ce billet. La seconde, un peu plus loin, du grand Ingres.  Aux intéressés, si vous étiez de passage dans la ville de Québec cet été, n’oubliez pas l’exposition « Ingres et les modernes »

Comment mettre les hommes à ses pieds

Bon, maintenant le texte pour mettre les hommes à vos pieds, Mesdames!

Ce qui est caché reste inconnu; ce qui est inconnu ne peut provoquer aucun désir. Vous ne tirerez aucun profit de votre joli visage, si vous ne le montrez à personne. […]

Il est utile pour vous, jeunes beautés, de vous mêler à la foule. Ne restez pas confinées chez vous. Une jolie femme doit se montrer en public, car c’est là qu’elle trouvera celui qu’elle séduira. Soyez avide de plaire et partout où vous passez, appliquez-vous à faire valoir vos charmes.

Le hasard joue partout un grand rôle. Même dans les eaux que vous croyez les moins poissonneuses, laissez quand même prend l’hameçon, car il y a toujours un poisson à prendre. Il arrive souvent qu’après que les chiens ont couru en tous sens, en vain, les bois de la montagne, le cerf vient de lui-même se jeter dans les filets. Qui moins qu’Andromède attachée sur son rocher pouvait espérer séduire quelqu’un par ses larmes? Et cependant, un jour Persée vint la délivrer. C’est souvent aux funérailles d’un amant qu’on en trouve un autre. Une femme en deuil qui s’avance, toute éplorée et les cheveux dénoués, est en effet parfois bien séduisante.

Malgré ses deux mille ans, ce texte conserve toute sa fraicheur surprenante et charmeuse. Du machisme euphémique, du féminisme pragmatique, du coaching pour une émancipation féministe. Voilà, Mesdames, que revendiquez-vous de plus si tous les hommes sont déjà aux pieds de votre pouvoir?

Ah! Ça ira, ça ira, ça ira.  :?

Andromède, rêve d’une femme