L’Homme pensant et sa Déclaration des droits – En répondant aux commentaires du dernier billet sur les deux photos de souris, il nous est venu à l’esprit cet autre anniversaire important que notre monde a souligné au cours de cette semaine qui est sur le point de se terminer : la Déclaration universelle des droits de l’Homme a 60 ans.
Le 10 décembre 1948, à peine trois ans après la deuxième Grande Guerre, la majorité des États membres de l’Assemblée des Nations-Unies a adopté la Déclaration à Paris. Lorsque les éminents cerveaux pensants de notre monde se mettent à travailler ensemble pour trouver une solution harmonieuse, ou encore, essaient de mettre en place des dispositions protégeant les êtres sur la Terre. C’est inspirant!
Lorsqu’on commémore ces moments de notre histoire plusieurs années plus tard, on pourrait quasiment les pointer du doigt en disant : «C’est là! Les hommes et femmes ont décidé de changer leur monde.» C’est comme en s’exclamant devant un chef-d’oeuvre : «Voyez-vous là, là, et là! Voilà le génie de cet artiste!»
Tout comme dans un chef-d’oeuvre, il y a dans le texte de cette Déclaration la simplicité, la rigueur, la synthèse et une profonde humanité. En relisant aujourd’hui les 30 articles, on dirait que l’Homme pensant existe, s’il n’est pas toujours visible dans la vie de tous les jours, c’est une simple question de perspective.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
Ne trouvez-vous pas ça beau? L’émoi nous gagne.
Toutefois, huit États membres s’abstiennent d’adopter le texte en 1948. Pourquoi? À cause de leur idéologie politique, religieuse ou raciale.
On a pensé à toutes les dimensions de la vie humaine : éducation, mariage, travail, santé, sécurité, loisir, repos, pensée, opinion, expression, croyance, communauté, équité, coopération, volonté du peuple… Imaginez-vous un instant tous les êtres de ce monde vivent et respectent les articles de cette Déclaration?
…Oup! Et la noirceur fut.
Vous saviez que l’état du bonheur est un instant fragile et éphémère dans le cerveau d’artiste. Car à ce même instant où nous avons écrit « Imaginez tous les êtres de ce monde… », tout est redevenu en noir et blanc. Pourtant, tout à l’heure, tout est en couleurs! 256 couleurs éclatantes, vivifiantes, sur 52 po de largeur, plasmas, en 3D. C’était très beau!
Bon, du concret pour les artistes maintenant! L’article numéro 27 de la Déclaration, le droit de la liberté d’expression,
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.
Et l’article numéro 29,
1. L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
Parfois, en observant l’évolution de l’art et le comportement de nos contemporains, nous n’avons que des questionnements sans réponse. Comme là, après avoir lu les articles 27 et 29 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. C’est du noir et blanc, sans sons.
Vite, vite, finissons ce billet! À ce rythme, dans quelques secondes, il y aurait une coupure d’électricité. Nous commençons à comprendre le silence du Penseur. Un jour, nous fermerons ce blog et retournerons à la bibliothèque. Là-bas, il y a des bibliothécaires qui guident et font régner le silence.
Photo par Ben Brierley