Textes et images - août 2008

 

Déjeuner à la Place de la Concorde… « chance pour vous, chance pour moi »

Samedi 30 août 2008

Par Mélibée

Place de la Concorde

Déjeuner à la Place de la Concorde aujourd’hui, et l’arnaque à 15 euros.  Lieu ô combien historique… et rond-point automobiles. Hé oui, faut traverser au passage clouté. Me voilà avec mon sandwich dûment préparé par mes bons soins, assise sur la balustrade…  Voilà qu’un jeune homme ramasse une bague et me la tend comme si je venais de la perdre.

- Mais non que je lui dis. Elle n’est pas à moi. Vous pouvez la garder.
- Cadeau, me dit-il dans un français, de fortune, avec son accent slave et son charme.
- Alors, c’est pour la chance.  Je sens l’arnaque…  Je laisse aller…

Il me tend la bague encore… Je lui répète qu’elle n’est pas à moi, qu’il la garde… Il l’essaie à ses doigts et bien évidemment, ça ne lui va pas du tout. Il prend ma main, puis un doigt, puis deux, voilà, elle me fait. Pour la chance qu’il me dit encore une fois. Il pousse l’audace jusqu’à me faire la bise, une joue et puis l’autre, en me souhaitant bonne chance. Je lui offre en contrepartie… le demi de mon sandwich.  Il le prend, fait quelques pas… puis revient en me disant qu’il a besoin d’argent… « pour un billet de train… pour la Yougoslavie. » La Moravie, plus précisément.

Je lui file alors cinq euros… puis il insiste en me disant qu’il a besoin plus. Les enchères montent rapidement. Le 15 euros est atteint… il ne le sait pas, mais c’est ma limite. Il insiste encore… Je lui redonne sa bague. Il me dit que non, d’un regard langoureux. « C’est pour la chance…» Il me refait la bise, une joue et puis l’autre…  « Chance pour vous, chance pour moi! »  me dit-il.  Il me quitte en comptant assidûment ses euros.  Et moi je le regarde faire… de toute façon… ça me fera un souvenir… et une histoire de voyage pour vous…  Allez,  je vous fais encore la bise.

Ha, au fait j’allais oublier de vous parler de la Place de la Concorde…  drôle d’endroit où il faut traverser au passage clouté si l’on ne veut pas finir écrapoutie sous les roues… Lieu servant à la parade du 4 juillet…  lieu historique par le travail acharné de vos chers amis révolutionnaires français à décapiter la monarchie. Faut le faire, quand même…  hum… 10 mille en quelques mois…  C’est du travail ça. Heureusement que Monsieur Guillotin a fait la promotion de sa machine. Bon, pour finir sur une note plus joyeuse…  Avez-vous pris le temps de bien regarder les colonnes qui entourent le lieu avec ses rostres?  Je vous mets une image… et le clinquant du baroque… si, si les dorures. Chanceux!!!

Place de la Concorde - Clinquant du Baroque

Discours historique de Barack Obama

Jeudi 28 août 2008

Ce soir, Barack Obama prononce peut-être pas le plus important discours de sa carrière, mais sûrement un discours historique, un discours pivot de l’histoire politique américaine, un discours tout aussi important que celui qu’il a écrit et prononcé le 27 juillet 2004, sur la scène de la Convention démocrate de Boston, alors que Barack Obama n’était pas encore sénateur de l’Illinois, il a livré aux Américains sa vision des États-Unis :

« Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice, il n’y a que les États-Unis d’Amérique. Il n’y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche, une Amérique latino et une Amérique asiatique, il n’y a que les États-Unis d’Amérique. »

Depuis, le monde entier ou presque répète que les États-Unis sont sur le point d’élire leur premier président noir. Curieux paradoxe.

On ne cesse de répéter qu’il est Noir;  il aurait pu faire fortune à New York, mais il avait choisi le Chicago des Noirs; il n’est pas élitiste, il est charismatique et populariste comme Martin Luther King et Kennedy; il est maintenant comme Clinton, à son début, même le dire par Clinton lui-même. Il a cherché son identité dans l’Afrique noire avant ses études de droit parmi des Blancs…  En passant, s’il est si important la couleur de la peau de Barack Obama, vous savez aussi bien que nous. ;-) Il est ni blanc, ni noir.  Il était un enfant issu du métissage d’une mère blanche et d’un père noir.

Si l’on croit à ce nouveau Rêve américain, ce rêve de métissage de liberté, ce rêve de fraternité, ce rêve d’un « tout » au lieu du clivage racial. Pourquoi autant de dandinage de noir, blanc et autres? Ah! À moins que c’est pour aider le peuple à comprendre. Mais si, mais si, mais, si nous trompions? :-| … un problème de perception d’artiste, trop de gris.

Discours historique de Barack Obama

Papa Beyoncé Knowles?

Mardi 26 août 2008

Savez-vous que la chanteuse américaine est au cœur d’une polémique qui captive de nombreux internautes? Si si, plusieurs blogs culturels en parlent, ;-) le visage de la chanteuse RnB aurait été éclairci sur les photos de la dernière campagne de L’Oréal Paris pour les produits Feria Hair Color.

C’est choquant! Encore le maudit Photoshop! On ose faire pâlir les couleurs de la sexy Beyoncé Knowles au pays de Barack Obama! Ainsi, affichant un chevelure blonde au couleur blé, Beyoncé y apparait dans la version américain du magazine de mode Elle avec un teint pâle qui se rapproche de celui des autres vedettes et égéries de l’Oréal. Même New York Post se mêle.

« Le géant de la beauté L’Oréal semble avoir blanchi Beyoncé Knowles dans une publicité choquante, en éclaircissant numériquement son teint, rendant méconnaissable cette vedette internationale. » Quand une vedette américaine et internationale est méconnaissable sur photo, c’est comme l’identité nationale bafouée à la Pauline Marois – «Quoi?! Pas de Fleur de Lys aux JO de Pékin? » C’est inacceptable! :-|

Papa Beyoncé Knowles?

Maintenant, regardez celui-là! Mais non, ce n’est pas Papa Beyoncé Knowles, mais bien Citoyen Belley**. Vous ne le connaissez fort possiblement pas. Nous vous présentons, le premier noir immortalisé par un artiste blanc, avec dignité et décorum. En passant, on ne l’a pas blanchi. Le Citoyen Belley, fier allure, semble en grande conversation à bâtons rompus avec le Tout Puissant. Probablement sur l’art, la couleur de la peau, la difficulté d’imiter la nature, etc.

Quoi? Vous voulez voir comment on a pâli la belle Beyoncé? Vous êtes vraiment comme ce grand artiste québécois disait : « On ne veut pas savoir, on veut voir. » Quel artiste visionnaire, ce Deschamps-là!

Beyoncé Knowles et les effets L’Oréal Paris

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** « Portait du citoyen Belley, ex-représentant des Colonies » – 1797, par Girodet, peintre romantique français.

Du patrimoine religieux… à ma grande surprise.

Dimanche 24 août 2008

Par Mélibée

Jardin des Halls

L’Écoute de Miller

Du patrimoine religieux… à ma grande surprise.

En allant visiter Pompidou, Georges de son petit nom, j’ai vagabondé dans Beaubourg et Les Halles qui en passant, ont de magnifiques jardins. Évidemment, j’ai vu « l’Écoute » d’Henri Miller, qui fait plaisir des enfants et des plus grands à s’approprier cette œuvre le temps d’un clic, clic… et hop au suivant!

En arrière-plan, l’Église St-Eustache. Hé oui, une église, encore une autre… lieu où la présence immédiate de Dieu se fait sentir. Enfin… les églises étant ce qu’elles sont… les fidèles les ayant délaissés… Le délabrement s’installe peu à peu, forcément, et la saleté… également. Le lustre et le clinquant perdent lentement un peu au change. L’Église St-Eustache, elle est présentement en restauration.

St-Eustache

Triptyque de Keith Harring

Bon, voilà ma surprise. Je déambulais candidement en enfilade de saints et d’images pieuses… quand tout à coup, je vois un triptyque. Rien d’anormal me diriez-vous, je suis dans une église… Oui, mais de Keith Harring! Vous savez cet Américain à l’iconographie bien membru, si je puis dire… relation entre l’homme et son phallus… Pas de quoi fouetter un chat… bien sûr bien sûr… Ha, au fait, il y a dans toutes les églises des petites affiches qui annoncent l’arrivée de Benoît le 16e… Hé bien, hé bien…

Vous avez peut-être remarqué que j’évite soigneusement de parler du Centre Pompidou… Bon, je suis tombée entre deux expos et ils sont en préparation pour la suivante. Leur collection qu’ils appellent « Gestuelle de l’Après 45** » est à… Je vous fais grâce de mes commentaires… Nous tairons la chose… Faut dire qu’en avril dernier j’étais à NY… je sais, je sais… je rouspète…

Pour le plaisir, je vous mets des photos… et pour me faire plaisir… j’en mets une aussi d’une gargouille. J’aime les gargouilles. Grrrrr… Allez, je vous fais la bise comme disent les Français et je vous dis A+.

Gargouille

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** L’art de l’Après-Guerre est essentiellement américain. l’Expressionnisme lyrique européen a été surclassé par l’École de New York. Le Pop Art, bien qu’anglais à son début, a été vite récupéré par des artistes américains. La visibilité du succès des artistes américains de la seconde partie du XXe est redevable en grande partie aux effets politique, économique et financier du Plan Marshall.

Les progrès économiques réalisés actuellement par des pays émergents de notre siècle auront leur portée en mécénat proportionnellement étendue que la contribution des Médicis à l’art de la Renaissance.

Sans levier politique, économique et financier, l’art finira dans l’oubli comme la vie du monde ordinaire, et ce, peu importe la qualité de celui-ci.

Sexe divin

Jeudi 21 août 2008

Du sexe divin en s’approchant de Dieu – C’est exact. Du sexe divin, ça existe!

Ne soyez pas gêné. Il n’y a rien de compromettant dans ce billet. Aucune image osée qui pourrait vous faire rougir. Voyez-vous, une peinture de Saint-François, un moine capucin d’autrefois. Un tableau précieux mais rien pour transformer l’émoi en brasier charnel. Déçu? La joie céleste se trouve un peu plus loin. :-|

Pour ceux qui haïssent la religion, une petite introduction si vous nous permettez. Sinon, passez au texte au dessous de l’image. Car on ne peut dissocier l’art occidental de la religion. Saint François d’Assise est un religieux catholique italien, fondateur de l’Ordre franciscain. Un gars qui aime la pauvreté et… la joie de vivre. Un bon vivant et pas snob, dirait-on. Cette bonne tradition saint-franciscaine est maintenant préservée, du moins en Pologne.

Sexe divin

Un certain père Ksawery Knotz donne des consultations aux couples mariés des conseils sur comment pratiquer le sexe en s’approchant de Dieu. Non, non, pas de préjugé, SVP! Le père Knotz peut vous répondre que nul a besoin d’avoir une maladie du cœur pour être cardiologue, ni d’être alcoolique pour devenir thérapeute chez les AA – Alcoolique Anonyme.

Ce religieux au talent exceptionnel a tenu jusqu’ici des séances avec plus de 3000 couples de fidèles catholiques en Pologne depuis 2000, avec la bénédiction de ses supérieurs. L’intérêt est si grand, son agenda de rendez-vous est rempli jusqu’à l’année prochaine. Pour les intéressés, le site du moine. Avis aux libertins, ses conseils sexuels sont strictement réservés aux couples traditionnelles.

« Si vous croyez en Dieu, vous croyez que Dieu est présent dans la vie, dans l’amour, dans le mariage et dans la sexualité. (…) L’amour d’un couple marié, exprimé dans le sexe, rapproche le corps humain du ciel. L’extase joyeuse d’une relation sexuelle peut être comparée à la joie de la vie éternelle (…) Cet acte conjugal permet aux époux de commencer à comprendre la douceur de la rencontre avec Dieu. » Vous pouvez lire d’autres propos du père Knotz dans son livre intitulé «L’acte de mariage».

Pour terminer, mentionnons que le tableau ci-dessus intitule L’Extase de Saint-François, peint par El Greco. Il s’agit du seul tableau d’El Greco sur le sol polonais. Il a été découvert en 1964 à Kosow Lacki par deux historiennes de l’art, Izabela Galicka et Hanna Sygietynska. El Greco est connu pour la dimension immatérielle de sa peinture qui suggère la grâce divine. Mais l’histoire de l’art nous le décrit aussi comme étant un grand chialeux qui adorait l’argent.

Ne trouvez-vous pas que la vie est ponctuée de contrastes et de sombres facettes cachées? Que ces défauts soient présents chez d’autres. Ça, nous le comprenons. Mais de si grands artistes, cachent eux aussi, de traits méprisables de la nature humaine. il y a assurément erreur. :-| Nous enquêtons!

Homme de Vitruve – Michael Phelps

Mardi 19 août 2008

Homme de Vitruve - Micheal Phelps

L’Homme de Vitruve, version Michael Phelps, une exception dans la nature.

On ne s’en souviendra assurément pas de notre passage dans ce monde, sans exploits, ni exceptionnelle réussite. Mais non, mais non! Dites-vous. Nos enfants et petits-enfants portent notre présence dans leur cœur. La mémoire familiale et filiale s’en souviendra de nous et de notre apport. Ouin…OK, vous marquez un point. En effet, pour un temps de deux ou trois générations, le temps d’un trente ans. D’autres diraient qu’il faut profiter de notre vie, car elle est éphémère. Pauvre «Vie»! Ne trouvez-vous pas un peu mesquin de profiter cet «Être» bonasse?

Notre monde ne s’en souvient que des plus grands… et des désastreux. L’histoire retient les exceptions. Les ordinaires sont enfouis dans la fosse commune de l’humanité.

Michael Phepls, ce nageur surdimensionné écrit en ce moment une page d’histoire par ses exploits olympiques et sportifs. Si le pays qu’il représente importe peu dans la grandeur de ses marques, la nationalité rattachée à ses exploits profite grandement aux autres par transfert politique et patriotique. C’est fou. On s’en souviendrait du classement des médailles de Pékin 2008 dans quelques années, si la Chine dépassait les États-Unis en nombre de médailles pour la première fois. Mais, en médailles d’or ou en nombre total de médailles? :-|

Depuis le début des JO de Beijing, nul athlète ne suscite autant d’attention médiatique que Phepls, homme aux proportions corporelles hors de l’exception. Phepls mesure 193 cm, mais ses jambes ont la longueur de celles d’un homme de 180 cm de taille, semble-t-il. L’amplitude de ses bras est de deux mètres. Un être standard a une taille et une amplitude de longueurs équivalentes.

Da Vinci voulait établir un standard de la mesure du corps humain dans sa quête de l’universalité. Il a immortalisé le Corps selon les proportions de Vitruve dans un dessin célèbre qui s’appelle l’Homme de Vitruve. Da Vinci aurait à revoir ses mesures s’il avait pris celles-ci sur Micheal Phepls. Pour les nostalgiques de l’universalité, nous avons « Metro, boulot et dodo », la spécialisation des métiers et ISO pour leur encadrement.

Avez-vous entendu les chants de la Cigale? L’automne s’approche. Les pauvres fourmis! Avec un été pluvieux que nous avons connu au Québec, leurs tunnels souterrains sont passablement infondés. Vitruve ne peut leur enseigner l’art de l’adduction d’eau. Phelps ne peut leur enseigner l’art de la natation. Sans doute, de nombreux décès au royaume des fourmis. L’hiver sera difficile et triste.

Voyez? Ne travaillez pas comme des fous. Chantons! Alléluia!

Promenade dans Paris

Dimanche 17 août 2008

Par Mélibée

Promenade dans Paris par un bel après-midi, le nez… un peu trop en l’air.

Promenade dans Paris

Voilà, je quitte ma minuscule studette, Paris 15e, pour aller déjeuner… au pied de la Tour Eiffel. Enfin dîner pour nous autres Canadiens, déjeuner pour vous autres Français et pour le restant de la planète… le repas du midi. Je sais, je sais… je suis un peu, tatillonne sur les précisions, je pinaille quoi.

Donc, où en étais-je… Ha oui, ma promenade.

Je me fais un sandwich avec des crudités, j’achète une bouteille d’eau au rare marchand du coin ouvert. Nous sommes dimanche. La plupart des grandes surfaces sont fermées. Je décide de prendre rue de la Convention, une rue commerçante. Mais il y a les étales des petits marchands sur la rue. Un ravissement pour les yeux… les dattes côtoient les pistaches. Un peu plus loin, il y a du poisson frais, des crevettes cuites… la file chez le boulanger… au moins vingt personnes. Une vraie vie de quartier. Je décide de prendre de petites rues, comme elles sont zigzagantes avec des bâtiments tout en hauteur… impossible à avoir un point de repère visuel… alors, je file d’une rue à une autre en regardant l’architecture… le nez en l’air. Les frises, les corniches, les lucarnes… me voilà rendue rue Vercingétorix, chef gaulois… tiens dans le 14e… ha bon! Mais ayant toujours en tête mon objectif de déjeuner au pied de la belle boulonnée… de fil en aiguille toujours le nez en l’air… tient voilà la gare Montparnasse et hop photo. Je la vois au loin… je m’active… je commence à avoir faim. J’ai fait mon jogging ce matin. Je fonce droit devant. Je viens encore de la perdre de vue… ce n’est pas grave… elle ne va pas bouger… elle va m’attendre. Alors d’une rue à une autre, de Pasteur à Commerce… en passant par le boulevard Garibaldi, chef politique italien… Ils ont le chic ces Français de mettre des mots sur… tout, tout, tout… n’en pouvant plus… je vois un parc… Place du commerce avec un petit pavillon. Jardin à la française, évidemment les arbres sont bien alignés, troncs dégagés. Le haut des arbres forme une haie de verdure, les branches tordues, sciées… faut faire prendre le bon pli… quoi. Le sandwich avalé. Je me cherche un petit café… pour siroter le précieux liquide qui éveille les sens…

Promenade du Dimanche dans Paris

Tiens, une station de métro. Ici, ils disent le Métropolitain. À New York, c’est le Subway… à Londres, Underground… à Montréal le Métro…

Merde… désolée pour le gros mot. C’est la station Félix Faure… je ne suis qu’à quelques pas de ma studette… Bon, je vais rentrer et me le faire… mon café. Zut, zut zut… j’ai tout simplement tourné en rond comme une bourrique… Voilà ce qui arrive quand on ne prend pas garde où l’on va… tiens en parlant de bourrique, connaissez-vous la mule du pape… d’Alphonse Daudet? Une bien jolie histoire.

Promenade du Dimanche dans le 15e arrondissement

Idée artistique

Samedi 16 août 2008

Avant qu’une œuvre prenne sa forme définitive, il y a des idées, des ébauches et des états embryonnaires de l’œuvre. Dans la tête de l’artiste, ses idées artistiques se bousculent, et des voix « dissidentes » s’élèvent. Parfois, ces voix arrivent même à faire naître le doute chez l’artiste. Il s’ensuit bien souvent un passage à vide.

C’est le brassage d’idées qui permettra à l’une de celles-ci de déloger les autres concurrentes. Autour de cette idée artistique focalisante et gagnante, l’œuvre prendra forme graduellement dans un déroulement temporel et une cohérence toujours subjective, et l’esprit agité de l’artiste se calmera également. Ce processus donne souvent d’incroyables maux de tête aux artistes. Semble-t-il qu’il existe maintenant un remède à toutes ces migraines artistiques.

Artistes du monde! Achetez du Weleda au lieu de l’Aspirine! Si vous aviez faim, il y a même un boucher qui vend de saucissons dans la boîte. :-)

SVP! Ne faites pas mal à votre oreille, ça ne vous avancera à rien! De l’esprit sain dans un corps sain est la seule solution durable à votre idée artistique.

Idée artistique

Made in China

Mercredi 13 août 2008

Made in China, trois simples petits mots, alignés dans cet ordre, on peut les faire dire beaucoup et encore plus. C’est presque comme les trois couleurs de base du cercle chromatique. On peut obtenir du brun caca, tout aussi bien que des couleurs éclatantes.

Si l’on répète ce Made in China, en musique, on peut en faire des variations ornementales. Mais là, ça prend du génie. À bien y penser, c’est bien plus facile de mélanger des couleurs que faire de la musique… Loin de nous l’idée de déclarer la supériorité de la musique sur les arts visuels. Mais, soyons lucides! Un morceau de Bach coûte immensément moins cher qu’un chef d’œuvre de Maître Ancien. Si l’on cherche absolument un classement, grâce à son accessibilité, la musique surclasse bien d’autres arts coûteux.

Made in China

Made in China, cette caricature de Carlson du Milwaukee Journal Sentinel a capté notre intérêt il y a maintenant plusieurs mois. Nous l’aimons pour deux raisons. D’abord, ce regard satirique de Carlson sur cette campagne de boycottage. Aujourd’hui, nous sommes au début de la 2e semaine des Jeux Made in China. À la cérémonie d’ouverture, W y était, Poutine aussi, sans oublier ce sympathique Sarko.

« Mais, Berlusconi n’y était pas! »

Une voix dissidente s’élève. Pas facile! Il y a toujours quelques « dissidents » dans le cerveau d’artiste. Un jour, nous parviendrons à les mater tous, et pour de bon! Nous parlerons alors à unisson, sans nous faire importuner!

Berlusconi n’y était pas pour une bonne raison: il fait chaud et humide à Beijing. Lui, il ne tolère pas la chaleur, encore moins l’humidité. Il l’avait dit. Ça, c’est plus honnête qu’un W Bush. Celui-là, il patouillait la vertu à Beijing en vivant sur du temps présidentiel emprunté, bientôt honorifique. Il ne se gêne pas à faire la leçon aux Chinois… Pardon, aux dirigeants communistes chinois! C’est important la nuance. Pour certain, il vaut mieux pilonner un pays en leur apportant de la démocratie en échange du pétrole que de laisser 1,6 milliard de Chinois décident leur vie. Leur laissent gérer leurs propres droit, liberté et gouvernance. Si la majorité de ce milliard d’humains décide de vivre sous ce régime, elle n’est pas pour autant innocente et inconsciente qu’un autre peuple qui a élu W Bush deux fois en sachant qu’un dénommé Al Gore aurait aimé être leur président.

« Et le Tibet?! »

« W a triché. Le peuple des États-Unis a été trompé! »

Ô Seigneur! Faites quelque chose, un miracle! Nous ne pouvons plus supporter ces voix d’infidèles!

Nous aimons cette caricature aussi pour l’utilisation de tous ces Made in China dans le dessin. Car la bidimensionnalité est une facette fondamentale de l’évolution de la peinture au 20e siècle.

Dans ce même 20e siècle, nos grands-parents ont connu des produits Made in Germany, nos parents ont connus des produits Made in Japan, Made in Taiwan, Made in Hong Kong, Made in Corea, Made in Thailande et d’autres Made in quelque part. Mais le Made in China est parmi nous pour un long moment.

Aujourd’hui, le Made in China approvisionne les Wal-Mart de ce monde pour alimenter la demande de notre consommation effrénée. Le Made in China culturel est déjà à notre porte, semble-t-il, nous aimons cet exotisme. Des artistes chinois contemporains, de fabrication occidentale, sont sur le point de prendre la relève des artistes de l’Après-Guerre chez Sotheby’s et chez Christie’s. Quelques réalisateurs chinois gagnent des Prix, ici et là, Berlin, Cannes, L.A. Demain, les leaders politiques de droite déchireront leur chemise pour défendre la production artistique locale avec autant de véhémences qu’ils font aujourd’hui pour la perte d’emplois manufacturiers. Demain, des banques Made in China ouvriront leurs succursales ailleurs qu’en Chine.

Aujourd’hui, une nouvelle qui annonce la naissance du China Commercial Aircraft à Shanghai avec un capital de départ de 2,7G$ à la nième page des journaux. Demain, quand les avions de ce CCA compétitionneront ceux de fabrication Bombardier, par exemple, assurez-vous, nos journaux et nos journalistes nous colporteront des manchettes à tout casser. En attendant, ils nous parlent de la vérité cachée de cette petite Chinoise qui chantait l’hymne national comme s’ils ont découvert personnellement ce « secret », en oubliant nous mentionner que cette nouvelle est sortie à la télé chinoise.

Anodin, n’est-ce pas? La China Commercial Aircraft devrait être en mesure de construire des avions de plus de 150 places dans quelques années. Car les Chinois veulent réduire leur dépendance envers les leaders mondiaux du secteur de l’aviation, Boeing et Airbus.

Voilà pour l’Économie 101 sur le Made in China : après le développement des secteurs primaire et secondaire, le tertiaire. Sur ce, nous allons vaquer à nos occupations d’artiste dans notre prochain texte. Le savoir-être est une veilleuse que chacun porte sur sa conscience et la vertu, une voile diaphane que l’on jette sur soi pour embellir ses valeurs morales… peut-être, on ne les a même pas.

Une femme géorgienne

Dimanche 10 août 2008

Notre dernier petit texte sur les trois artistes « défenseurs » des innocents a été écrit tout juste après celui sur Srebrenica. Comme nous étions insatisfaits du texte, le brouillon est resté là plusieurs jours. Encore aujourd’hui, nous demeurons insatisfaits. Nous aurions aimé ajouter un 4e artiste, contemporain, Anselm Kiefer.

L’œuvre de Kiefer est construite autour du sens de la matière, de la mémoire, de l’absence, du manque. Mais surtout, ne serait-ce pour déplaire aux inconditionnels de Kiefer, que d’évoquer une dimension moins visible, mais fondamentale dans l’oeuvre de Kiefer: lui-même, l’homme, l’artiste et… le grand créateur. Eh oui, tout artiste travaille pour son alter ego et celui-ci peut prendre parfois une dimension gigantesque.

Cependant, de mêler ces aspects du travail artistique de Kiefer au texte qui traite les œuvres de Rubens, Picasso et Motherwell nous semble apporter plus de confusion que clarté. Bien entendu, si nous n’allongions pas le texte.

Au premier jour du blog MY Arts, nous avons choisi comme orientation de rester simple et accessible avec nos petits textes, pour deux raisons: nous sommes particulièrement malhabiles en écriture et l’un des artistes parmi nous, celui au cerveau à la Homer Simpson déteste particulièrement les longs textes. Ne l’invitez pas à une séance de lecture à la recherche du temps perdu. Vous le tuerez au bout de vingt minutes et ce, même avec du thé et des madeleines. C’est assuré!

Au lendemain de la mise en ligne du texte sur le massacre des Innocents, notre monde connaît à nouveau la guerre. Nous sommes tombés sur cette photographie de Gelb Garanich de Reuters. Une Géorgienne blessée dans l’attaque des Russes sur Gori, en Ossétie du Sud. Pourtant, la veille, Poutine était à Beijing, de bonne humeur et il prodiguait de grandes accolades à ses pairs.

Sur cette image, que de désarroi d’une femme géorgienne, point de vernis humain, ni de moi-artiste surdimensionné.

On vient nous faire signe. Oui… d’accord! Semble-t-il que ce n’est pas tout le monde qui connaît Kiefer… même s’il est entré au Louvre.

Une femme géorgienne

Des artistes défenseurs des innocents

Vendredi 8 août 2008

Aujourd’hui, un choix de trois tableaux qui illustrent la répulsion de la mort des innocents, vue par trois peintres de trois époques, 1610, 1937 et 1978.

Massacre des Innocents Massacre de Guernica

D’abord, le Massacre des Innocents, un épisode relaté dans la Bible. Peu après la naissance de Jésus, Hérode ordonne le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem.

Rubens, notre premier artiste défenseur des innocents, peint un tableau qui représente cette scène biblique vers 1610. Il s’agit d’une des versions les plus expressives parmi les tableaux classiques ayant pour sujet le Massacre de Bethléem. Chez Rubens, l’image se construit autour de l’ordre, de la structure et de l’idéal du corps. Il y avait un standard esthétique à respecter que l’on appelle dans le passé de l’Art, avec un grand «A».

Trois siècles plus tard, le bombardement de la ville de Guernica y Luno, longtemps considéré comme le premier raid de l’histoire de l’aviation militaire moderne sur une population innocente. Même dans le malheur, l’histoire fait son classement.

Picasso, sorti de sa période de dépression, peint en 1937 l’horreur de ce massacre de civils dans un tableau devenu aujourd’hui célèbre : Guernica. Il s’agit de la réaction colérique d’un artiste. Une sorte de canalisation de sa pulsion, dans laquelle l’artiste et sa personnalité submergent l’ordre, la structure et les corps, humains et animaliers. Il y a là, l’art d’un artiste. Selon une récente étude du Musée Reina Sofia, l’état du tableau se détériore prématurément…

Élégie - Motherwell

Le troisième artiste, Robert Motherwell. Les Élégies espagnoles de l’artiste américain enferment l’effroi de la Guerre civile d’Espagne et le choc émotif éprouve par l’artiste. Si vous avez la chance de voir l’une de ses bonnes Élégies, vous remarquerez que l’élément central de l’art de Motherwell est sa représentation de la pulsion sauvage humaine: la débandade et l’enfermement.

La série Élégies de Motherwell s’étale sur une période de 25 ans, prit fin vers 1978, avec l’Élégie de la réconciliation. Motherwell, lui, il fusionne des imageries, répertorie une iconographie propre à lui, récupère des références pour traduire son propre état émotif. C’était l’époque où chaque artiste réinvente un vocabulaire pour son art sur canevas et un discours sur papier qui parle de son art. Parmi ceux-ci, des penseurs et philosophes, comme Robert Motherwell, mais aussi des artistes charlatans. Heureusement pour ces derniers, il y avait alors la sémiologie naissante à leur rescousse, mais malheur au grand public! Ce fut l’incompréhension.

En quelques siècles, la peinture pour représenter l’horreur, passe du modèle «absolu» aux références naturelles à un modèle «relatif» aux références subjectives. Ensuite, en quelques décennies, on arrive au modèle «singulier» à la Motherwell.

Voilà pour l’un des malheurs de l’humanité: la guerre. Elle a été longtemps dénominateur commun ou prétexte de création pour plusieurs artistes.

On n’aime pas ces seins nus

Mercredi 6 août 2008

On n’aime pas ces seins…

Mais, les voyez-vous bien? Ils sont formidables, n’est-ce pas? Ils défient même la gravité. Bah, voilà le sujet pour aujourd’hui: on n’aime pas ces seins nus.

Vite! Y a-t-il un artiste dans la salle? Cachez ce sein gauche afin que nous ne saurions voir! Vous dites: Non, mais, pas possible! Pourquoi? Ils sont beaux ces seins nus! Pourtant, le geste profane est posé, si si, le sein gauche est censuré!

D’abord, Silvio. L’avez-vous vu? Il n’est pas grand. Pas facile pour un petit homme qui joue un grand rôle. Demandez à Sarkozy. Depuis le « oui » nuptial de Carla, elle ne porte plus de talons hautes en présence de lui. Écoutez! Quand la tête de Monsieur arrive sous le sien de Madame, même si l’on est grand dedans. Ça froisse une tantinet l’équilibre intérieur de Monsieur. Son Zen est inévitablement dérivé sur la voie d’accotement. D’accord, si l’on partage une vie de couple. Cela aide généralement Monsieur à mieux accepter sa petite taille. Dans le cas de Silvio, c’est différent. Vous savez qui est Silvio maintenant? Pour les autres, une photo de Silvio, Silvio Berlusconi.

Silvio Berlusconi et Tiepolo

Il est le 73e, 78e, 80e président du Conseil des ministre de l’Italie. Comme tout grand homme, le chemin de sa vie est parsemé d’obstacles, mais il triomphe! En mai dernier, au moment de sa 3e réélection, il a fait décorer la salle de presse du Palais Chigi à Rome où siège la présidence du Conseil italien, d’image d’un tableau célèbre de Tiepolo, peintre vénitien, un grand artiste que l’histoire de l’art n’a pas su lui donne toute la place qu’il mérite.

Nous disons… Ah! Ça nous revient! Pas facile, la vieillesse… la mémoire nous lâche et le cerveau divague. :-| Berlusconi, homme de culture, a choisi l’image qui sert de toile de fond de la salle solennelle du Conseil le tableau La Vérité dévoilée par le temps de Tiepolo. C’est formidable.

Mais, avec le temps, des photographes, perspicaces, créatifs et malignes, livrent à répétition au grand public des clichés sur lesquels, Berlusconi, la tête sous les seins ou devant la boule de lumière tenue dans la main de Madame Vérité. Franchement! On ne peut ironiser sur le pouvoir et ridiculiser un chef d’État indûment, sans que ce dernier mette son pied d’autorité à terre. Le sein gauche de la Vérité est maintenant voilé, censuré!

En passant, merci Renart L’éveillé! Votre billet sur Branchez-vous qui parle de blog MY Arts nous touche. Que dire de plus… allons! Finissons ce billet. Décidément, le cerveau d’artiste vagabonde aujourd’hui.

En terminant, nous aimerions mentionner que nous n’avons pas trouvé mieux dans notre modeste bibliothèque que cette image partielle du tableau de Tiepolo. Si vous visitez les musées italiens ou des châteaux décorés par Tiepolo, observez les nuages dans les tableaux du Maître vénitien. Ne vous laissez pas méduser par ses couleurs éclatantes et ses pom-pom girls antiques à la tendre chair souple. Ses nuages jouent un rôle de soutien essentiel et structurel dans ses vastes compositions spatiales. Sans ses nuage, l’univers pictural de Tiepolo perdrait son éclat céleste.

Tant de choses à dire sur ces nuages et sur son dessin, et que dire de ses gravures… Bon, ce sera, pour une autre fois ces affaires d’artiste. Un dernier point, si vous êtes un amateur de Tiepolo, laissez faire la montée de lait de ces historiens d’art et de ces journalistes qui crient au scandale. Bordel! Ce n’est qu’une image laminée, plastifiée que l’on a censurée.