Archive pour juin 2008

 

Sentier Arts

Samedi 28 juin 2008

Sentier Art 3 – à la découverte de l’art et de la nature dans le Parc du Bois de Belle-Rivière.

Du 1er au 17 août 2008, l’artiste Suzanne Ferland L. et et trois artistes invités du projet : Ingrid Koivukangas (Canada), Steven Siegel (États-Unis) et Nicole Vincent (Québec) mettront sur pied cet événement d’arts visuels dans un espace public au Parc régional de Mirabel. Le projet artistique Sentier Art consiste à accueillir des artistes professionnels pour réaliser sur place, dans le respect à l’environnement, des ouvres d’art collectives et de doter la région de Mirabel d’un patrimoine artistique collectif.

Au cours de cette édition 2008, Sentier Art 3 s’adjoindra plusieurs activités : ateliers d’art, conférences sur l’art, l’histoire et la nature. Pour information ou inscription comme bénévole auprès d’un artiste: (450) 430-7038.

Sentier Art 3

Record Monet

Jeudi 26 juin 2008

Un tableau de Claude Monet, Le Bassin aux Nymphéas, est adjugé pour environ $80M à Londres au début de la semaine, établissant un nouveau record pour une oeuvre du maître impressionniste. Les enchères ont atteint le double de ce que l’on souhaitait chez Christie’s.

Le précédent record pour une toile de Monet date à peine d’un mois. Le Pont du chemin de fer à Argenteuil de Monet est vendu pour $41,5M par la maison Christie’s le 6 mai, cette fois-là, à New York.

Bon, tout cela est une affaire de riches investisseurs et de marchands d’art. Pas bien différent des barils de pétrole qui se transigent à la Bourse de New York. Mais pour les amateurs d’art, c’est avant tout un rendez-vous à l’Orangerie, à Paris qui s’impose. Espérons du fond de notre coeur d’amateur de la peinture de Monet que l’Orangerie cessera de mettre cette musique d’ambiance quétaine - ces petits oiseaux qui gazouillent, dans leurs salles d’exposition d’oeuvres de Monet. C’est peut-être bien de vouloir allonger un peu un café expresso pour ceux qui tolèrent moins bien la charge excessive de café ou le goût amer, mais de mettre du lait, de la mousse, de l’essence de vanille, ou encore, le soupourdrer de poudres de chocolat et en ajoutant deux cubes de sucre… on n’appelle plus de ça un Expresso.

Un bon Monet aux nymphéas, c’est des panneaux de 8 pieds par 4 pieds, sur lesquels, le surface à peindre est à l’image d’un mur de marbre ciselé grossièrement, comme si les traces de lame édentée du ciseau de maçon cohabitent les coups de pinceau. Chaque trait, laissé par le Maître, onctueux, mais presque sec, se brise, se fractionne sur les astéries de la surface de la toile. C’est là, le summum de l’impressionnisme à la Monet. Ça, l’on ne les trouve pas sur des tableaux d’un mètre par un mètre, ou même, de deux fois de cette dimension. Ceux-ci, Monet les a peints pour arrondir ses fins de mois et pour payer ses jardiniers de Giverny. ;-)

Monet n’a pas juste réfléchi sur la lumière, les motifs, la production de tableaux en série… Il a aussi réfléchi sur la préparation du surface à peindre et le fondement de l’impressionnisme en peinture, beaucoup moins visibles que des jolis nymphéas.

Record Monet

Chien laid

Mardi 24 juin 2008

Chien laid ou la laideur - La laideur dans le monde des chiens a maintenant un nouveau nom, il s’appelle Gus. Il est le Quasimodo carnavalesque du royaume des canins depuis vendredi dernier. Mais attention! La couronne de la renommée est renouvelable à chaque année. Pour trôner comme un souverain sans partage et pour réécrire le record, et peut-être même, l’histoire du chien le plus laid au monde ayant le règne le plus long, celui du roi Sam. Gus a encore du chemin à parcourir… ;-)

Selon le récit journalistique du reporter anonyme de la Presse canadienne qui n’a probablement pas assisté au couronnement de Gus à la World’s Ugliest Dog Contest à la Foire de Sonoma, dans le comté de Marin, en Californie du Nord, la nouvelle laideur du meilleur ami de l’Homme n’a que trois pattes, un seul oeil et pas un poil, sauf une touffe blanche sur le sommet du crâne. Semble-t-il que la compétition a rapporté $500 à la maîtresse de Gus, Jeanenne Teed, venue de Floride et fière comme tout. Elle déclare : « Bon, je crois que maintenant il est temps pour Gus de faire la sieste! »

Chien laid

La beauté et la laideur ont longtemps été associées au Bien et au Mal dans l’histoire de l’art. Au fil des époques, des artistes transgressent sans cesse les frontières esthétiques, et ce, en suivant tantôt l’évolution du goût, tantôt l’évolution de la pensée et de valeurs esthétiques. L’idée du beau, tout comme l’idée de la laideur implique nécessairement un jugement portant sur les formes du corps ou de l’objet. Les Gus et Sam en sont que des exemples vivants… On vient de nous apprendre que Sam est mort. Vive le Roi! :-)

Cependant, il existe une certaine similitude entre les maîtres et maîtresses de chiens laids et des artistes d’avant-garde, ils participent à leur manière à l’invention de nouvelles formes. Les premiers au nom de l’amour pour leur animal préféré et les seconds au nom de l’art. En art, des objets, esthétiquement inacceptables à leur début, deviennent plus tard, des expressions de curiosités et insolites, pour finalement se métamorphoser un jour en pièces iconoclastes et de raretés.

Une différence toutefois, du jugement de goût au jugement esthétique, en passant par le jugement de valeur, l’oeuvre d’art subit l’assaut du temps. En premier, de l’artiste, ensuite, de ses pairs et finalement le triage et l’élimination par le temps. Un concours de laideur canine, il demeure une manifestation circonstancielle et isolée dans l’immense humanité. On peut bien dire: ouf?!… wouaf!

Allons, un tableau de Bosch, maître de la représentation de la laideur et de la méchanceté, le Christ et ses persécuteurs pour terminer ce billet.

La laideur et la beauté

Artiste amoureux et persévérant

Dimanche 22 juin 2008

L’artiste portraitiste anglais, Craig Wylie, a décroché le Prix du Portrait 2008 de la National Portrait Gallery de Londres et une somme de £25,000. Il lui a fallu six tentatives pour gagner enfin ce prix tant convoité. Un fait inusité : depuis six ans, Wylie a soumis à ce même concours six portraits de sa petite amie, Katie Raw. Un vrai artiste amoureux et persévérant.

L’œuvre gagnante intitule « K ». Elle est la troisième version du même portrait. Si vous trouvez que la femme du peintre un peu moche sur le tableau. Vous n’êtes pas le seul! Puisque le modèle… le pense également. Mme Raw, une attachée de presse du Tate Moderne de Londres déclare que l’œuvre gagnante est basée sur une photo d’elle à la fin d’une journée quand elle revenait du travail. Elle avait faim et froid. Vraiment pas facile la vie de femme d’un artiste méconnu. Quant à l’artiste, on lui dirait : Franchement! On ne prend pas sa femme en photo quand elle n’ a rien sous les dents, surtout après une dure journée de labeur. ;-)

Artiste amoureux et persévérant - Craig Wylie

Toutefois, la douce moitié de Wylie trouve que le travail de ce dernier est « honnête » et qu’elle se sent toujours « dévoilée » dans les tableaux de Wylie, particulièrement dans celui-ci. Elle trouve que son artiste amoureux a capté quelque chose d’elle qui n’a pas encore été dévoilée. Cela est fantastique, à son avis.

Cèdre du Liban

Jeudi 19 juin 2008

Aujourd’hui, une image, celle de la façade de la Fondation Cartier et deux extraits de l’autobiographie de Chateaubriand, Les Mémoire d’outre-tombe.

Cèdre du Liban

Chateaubriand, fondateur du romantisme français, grand voyageur, acquiert le domaine de la Vallée-aux-Loups, prés d’Aulnay, en 1807. Il est vendu aux enchères, contre son gré, le 21 juillet 1818.

…ma Vallée aux Loups fut vendu, comme on vend les meubles des pauvres, sur la place du Châtelet. Je souffris beaucoup de cette vente; je m’étais attaché à mes arbres, plantés et grandis, pour ainsi dire, dans mes souvenirs.

Le cèdre du Liban planté par Chateaubriand est devenu le coeur du projet architectural imaginé et conçu par Jean Nouvel durant les années 90. Devant l’entrée du bâtiment où abrite la Fondation Cartier – Centre d’art contemporain, boulevard Raspail, le cèdre du Liban de Chateaubriand est dressé aujourd’hui dans un gigantesque pot élaboré par l’architecte et designer Alessandro Mendini. Le bâtiment, en verre et acier, ouvert et transparent, est entouré du Jardin Theatrum Botanicum qui regroupe 35 essences d’arbres et 200 espèces végétales françaises.

Il y a quatre ans qu’à mon retour de la Terre-Sainte, j’achetai près du Hameau d’Aulnay, dans le voisinage de Sceaux et de Chatenay, une maison de jardinier, caché parmi des collines couvertes de bois. Le terrain inégal et sablonneux dépendant de cette maison, n’était qu’un verger sauvage au bout duquel se trouvaient une ravine et un taillis de châtaigniers. Cet étroit espace me parut propre à renfermer mes longues espérances; spatio brevi spem longam reseces.* Les arbres que j’y ai plantés prospèrent, ils sont encore si petits que je leur donne de l’ombre quand je me place entre eux et le soleil. Un jour, en me rendant cette ombre, ils protégeront mes vieux ans comme j’ai protégé leur jeunesse. Je les ai choisis autant que je l’ai pu des divers climats où j’ai erré; ils rappellent mes voyages et nourrissent au fond de mon cœur d’autres illusions. […] Mes pins, mes sapins, mes mélèzes, mes cèdres tenant jamais ce qu’ils promettent, la Vallée-aux-Loups deviendra une véritable chartreuse. […] Ce lieu me plaît; il a remplacé pour moi les champs paternels; je l’ai payé du produit des mes rêves et de mes veilles; c’est au grand désert d’Atala** que je dois le petit désert d’Aulnay; et pour me créer ce refuge, je n’ai pas, comme le colon américain, dépouillé l’Indien des Florides. Je suis attaché à mes arbres; je leur ai adressé des élégies, des sonnets, des odes. Il n’y a pas un seul d’entre eux que je n’aie soigné de mes propres mains, que je n’aie délivré du ver attaché à sa racine, de la chenille collée à sa feuille. Je les connais tous par leurs noms, comme mes enfants: c’est ma famille, je n’en ai pas d’autre, j’espère mourir au milieu d’elle.

*Horace, Odes, I-XI : Nous durons si peu; retranche les longs espoirs.
**Roman de Chateaubriand, essor du Romantisme français littéraire.