Archive pour mai 2008

 

Million Dollar Baby

Jeudi 15 mai 2008

Million Dollar Baby - Détrompez-vous, même si les festivités de Cannes battent leur plein, nous ne vous parlons pas d’un vieux film qui date… ;-) Quoique cette œuvre cinématographique de Clint Eastwood demeure un chef-d’œuvre en soi, toujours intéressante à être visionnée, de nouveau, et encore.

Nous empruntons cette expression de stéréotype le temps d’un petit billet, pour vous parler d’une œuvre picturale de Lucian Freud : « Benefits Supervisor Sleeping ». Ce nu du grand peintre britannique a été adjugé mardi soir pour près de 34 millions de dollars aux enchères d’art contemporain chez Christie’s. Cette somme établit ainsi un nouveau record de ventes pour un artiste vivant. Le précédent record était détenu par l’artiste Jeff Koons pour une oeuvre qui avait atteint 23 millions de dollars à l’automne 2007 à New York.

Cette nouvelle Million Dollar Baby a un nom, elle s’appelle Sue Tilley. Elle a été muse de Lucian Freud durant plusieurs années. La série d’œuvres issues de cette collaboration porte aujourd’hui un surnom, « Big Sue ».

Million Dollar Baby

Si la muse n’est pas une femme d’une beauté placide. La pose, elle, elle est forte paisible, n’est-ce pas? Quant à l’œuvre de Freud, elle est toujours un peu, beaucoup et passionnément torturée, marquée par le passage du temps et imprègne d’une souillure indescriptible…ment humaine.

Mères célèbres

Mardi 13 mai 2008

Certains disent que le mot « Maman » est le plus beau mot de notre vocabulaire. Dimanche dernier, nous, les Québécois, nous avons fêté nos mères au même moment que les Américains comme le veut la tradition nord-américaine, soit le 2e dimanche du mois de mai, initié par l’Américaine Anna M. Jarvis en 1906. En France, semble-t-il, ce sera le 25 mai pour cette année. Les Russes, eux, ils célèbrent la fête des Mères le dernier dimanche de novembre.

À notre façon, avec quelques jours de retard, mais suffisamment d’avance pour l’an prochain, ;-) nous soulignons l’importance des Mères dans l’Histoire de l’art, au fil des siècles…

  • D’abord, la Vénus de Villendorf, femme et mère de la préhistoire. Comme vous pouvez le voir, l’art imite la nature à son début.
  • Un peu plus tard, il y avait la mère des divinités grecques, Rhéa. Elle règne sur l’univers avec Cronos. Mère divine et aussi mère protectrice. Car son foutu mari Cronos cherche à échapper à son destin de se faire détrôner par l’un de ses enfants et n’a trouvé de meilleure solution que de dévorer ses enfants. Bravo Maman Rhéa qui a su sauvé son enfant le plus célèbre, Zeus!
  • Quelques siècles plus tard, il y a sainte Anne, Mère de la Vierge Marie. Après un mariage de vingt ans sans enfants avec Joachim, avec bien des prières et des humiliations, Anne enfante Marie. Giotto peint le baiser des époux. Mais, à partir de la fin du XIVe siècle, la rencontre des époux et le baiser sont remplacés par l’Immaculée Conception.

Sainte Anne - Mère de la Vierge Marie

  • Arrive alors la Renaissance, Marie détrône sainte Anne dans le rôle de Mère officielle de l’humanité. Elle devient la représentante unique de l’Immaculée Conception. Quoi de mieux que l’énigmatique Mona Lisa, avec son sourire, de Da Vinci pour représenter la Mère célèbre de la Renaissance?
  • Durant le siècle d’Or, Rembrandt peint sa Maman lisant la Bible. L’œuvre est aussi connue sous le titre « Anne la prophétesse lisant ». Du même coup, la mère de l’artiste se hisse parmi des saintes femmes.

Mère de Rembrandt, mère d’artiste

  • Un autre siècle plus tard, pendant que les artistes cherchent des prétextes pour dénuder le corps féminin, Ingres peint sa Sainte Vierge, la Mère de Dieu avec une pureté certaine.

Sainte-Marie, Mère de Dieu

  • La génération suivante? William Bourguereau, « Mère ». S’il reste encore un peu de sainteté… il y a là, surtout une scène de vie du XIXe.

Mère, par Bourguereau

  • Picasso, mère et enfant, avec tendresse maternelle et la lourdeur du devoir de mère, période bleue. Fille Mère ou mère monoparentale? Certains diraient, mais quelle vision, ce Picasso!
  • Et de l’art moderne et contemporain, vous dites? Voilà, le mystère de la vie utérine dévoilé par Dr von Hagens.

Bonne fête à toutes les mères célèbres de ce monde! L’Histoire de l’art n’a pas fini de parler de vous!

Mise en scène

Vendredi 9 mai 2008

Deux images, deux hommes politiques, deux époques, 1917 et 2008.

Deux régimes, deux idéologies et deux drapeaux. Bien que l’idéologie capitaliste s’est substituée au communisme, une seule référence culturelle russe demeure, une seule mise en scène de valeur, un drapeau pour le culte d’un leader montant, fier et puissant.

Entre l’image de la cérémonie solennelle de l’investiture du nouveau président russe Medvedev devant drapeau russe, et celle de Lénine devant drapeau du Soviet, on appelle l’une de l’art de la propagande et l’autre de l’information. Mais si l’on appelle ça simplement de la mise en scène? Tiens, deux mises en scène russe

Alors, préféreriez-vous une mise en scène, style réalisme social russe, ou encore, la mise en scène de l’information spectacle - l’assermentation du nouveau Maître du Kremlin? Bon vendredi! ;-)

Mise en scène russe

Mise en scène politique

Éthanol

Mardi 6 mai 2008

Aujourd’hui, trois mots et une image.

D’abord, « éthanol », l’éthanol est, semble-t-il, l’alcool qui se retrouve dans toutes les boissons alcoolisées. On l’appelle autre fois « esprit de vin » ou « alcool de grains ». Car on le fabrique anciennement par fermentation directe de sucres naturels. De nos jours, on l’obtient par hydratation de l’éthylène. Il pourrait être la solution pour notre monde qui est au bord du gouffre du pétrole. Le site du gouvernement canadien nous fournit quelques pages fortes informatives sur l’éthanol.

Ensuite, le mot « famine », celui-ci regagne sa popularité après quelques années d’absence… des manchettes. Nous vous présentons aujourd’hui cette photo célèbre de Kevin Carter. Une photo prise en 1993 en pleine période de famine au Soudan. La photographie est ensuite vendue au New York Times. L’année suivante, le photographe gagne le prix Pulitzer, mais critiqué pour ne pas avoir porté secours à la jeune mourante affamée.

Carter relate son récit :

A environ 300 mètres du centre d’Ayod, j’ai croisé une toute petite fille au bord de l’inanition qui tentait d’atteindre le centre d’alimentation. Elle était si faible qu’elle ne pouvait faire plus d’un ou deux pas à la fois, retombant régulièrement sur son derrière, cherchant désespérément à se protéger du soleil brûlant en se couvrant la tête de ses mains squelettiques. Puis elle se remettait péniblement sur ses pieds pour une nouvelle tentative, gémissant doucement de sa petite voix aiguë. Bouleversé, je me retranchai une fois de plus derrière la mécanique de mon travail, photographiant ses mouvements douloureux. Soudain la petite bascula en avant, son visage plaqué dans la poussière. Mon champ de vision étant limité à celui de mon téléobjectif, je n’ai pas tout de suite remarqué le vol des vautours qui se rapprochaient, jusqu’à ce que l’un d’eux se pose, apparaissant dans mon viseur. J’ai déclenché, puis j’ai chassé l’oiseau d’un coup de pied. Un cri montait en moi. J’avais dû parcourir 1 ou 2 kilomètres depuis le village avant de m’écrouler en larmes.

Kevin Carter, anéanti par l’assassinat de son ami reporter Ken Oosterbroek, souffrant de dépression et d’atrocités dont il a été témoin, et accaparé par les critiques suite à la remise du prix Pulitzer, choisit de se donner la mort dans le désert, le matin du 27 juillet 1994… au bord de sa voiture.

Quant au troisième mot… nous hésitons. Nous vous laissons le soin de choisir le mot qui vous conviendra dans le paragraphe ci-dessus. Voici maintenant l’image qui accompagne de ce billet sur l’éthanol.

Éthanol ?

Sous le choc

Dimanche 4 mai 2008

Nonnnn! La saison du Canadien de Montréal est terminée prématurément!

Sous le choc

Est-ce que les amateurs sont tous sous le choc comme cet homme qui exprime l’insupportable pression d’une visite au célèbre musée viennois, le Kunsthalle? … une publicité artistique efficace pour représenter une émotion intense.