Archive pour avril 2008

 

Chine Tibet, le conflit

Jeudi 10 avril 2008

Chine et Tibet - comment lire autrement l’Art de la guerre de Sun Tzu.

Comme plusieurs entre nous, nous observons la tournure des événements autour de l’émeute et des incendies au Tibet; nous lisons les déclarations du Dalaï-Lama dans les journaux; nous décortiquons le sens des mots émis par des porte-paroles chinois, sur le net; nous visionnons les spots d’images des manifestations pro-Tibet à la télé; nous youtubons, si si, youtubons comme dans googlons, les vidéos ayant pour sujet Tibet; nous revoyons les incidents survenus autour de la flamme olympique sur le petit écran… Grèce, Angleterre, France, États-Unis… Imaginons maintenant si ce même climat est maintenu jusqu’aux Jeux de cet été. Imaginons aussi si la montée de la ferveur nationalisme chinois, stimulé, allumé et alimenté…

Nous nous demandons si les stratèges, les penseurs, les bailleurs de fonds, les organisateurs, les conseillers de cette cause - tout laisse croire, noble et juste, ces personnes dans l’ombre que nous ne voyons pas à la télé, ou, sur YouTube : ont-ils cette sagesse bouddhiste du détachement que l’on attribue tant au Dalaï-Lama?

Ne recherchez l’image traditionnelle de l’art dans ce billet…, tout indique qu’il n’y a que le mot « Art » dans la première phrase… et là, pour la deuxième fois dans ce texte ;-)

L’Art de la Guerre, le conflit Chine et Tibet

Alors, Sun Tzu dit:

Avant d’entreprendre ce genre de combat (l’utilisation du feu), il faut avoir tout prévu. Il faut avoir reconnu la position des ennemis, il faut s’être mis au fait de tous les chemins par où il pourrait s’échapper ou recevoir du secours, il faut s’être muni des choses nécessaires pour l’exécution du projet, il faut que le temps et les circonstances soient favorables.

Préparez d’abord toutes les matières combustibles dont vous voulez faire usage: dès que vous y aurez mis le feu, faites attention à la fumée. Il y a le temps de mettre le feu, il y a le jour de le faire éclater: n’allez pas confondre ces deux choses. (…) Les cinq manières de combattre par le feu demandent de votre part une conduite qui varie suivant les circonstances: ces variations se réduisent à cinq. Je vais les indiquer, afin que vous puissiez les employer dans les occasions.

1 - Dès que vous aurez mis le feu, si, après quelque temps, il n’y a aucune rumeur dans le camp des ennemis, si tout est tranquille chez eux, restez vous-même tranquille, n’entreprenez rien; attaquer imprudemment, c’est chercher à se faire battre. Vous savez que le feu a pris, cela doit vous suffire: en attendant, vous devez supposer qu’il agit sourdement; ses effets n’en seront que plus funestes. Il est au-dedans; attendez qu’il éclate et que vous en voyiez les étincelles au-dehors, vous pourrez aller recevoir ceux qui ne chercheront qu’à se sauver.

2 - Si peu de temps après avoir mis le feu, vous voyez qu’il s’élève par tourbillons, ne donnez pas aux ennemis le temps de l’éteindre, envoyez des gens pour l’attiser, disposez promptement toutes choses, et courez au combat.

3 - Si malgré toutes vos mesures et tous les artifices que vous aurez pu employer, il n’a pas été possible à vos gens de pénétrer dans l’intérieur, et si vous êtes forcé à ne pouvoir mettre le feu que par dehors, observez de quel côté vient le vent; c’est de ce côté que doit commencer l’incendie; c’est par ce même côté que vous devez attaquer. Dans ces sortes d’occasions, qu’il ne vous arrive jamais de combattre sous le vent.

4 - Si pendant le jour le vent a soufflé sans discontinuer, regardez comme une chose sûre que pendant la nuit il y aura un temps où il cessera; prenez là-dessus vos précautions et vos arrangements.

5 - Un général qui, pour combattre ses ennemis, sait employer le feu toujours à propos est un homme véritablement éclairé (…)

Semble-t-il qu’il faut lire les textes traduits du vieux chinois comme les textes bibliques. Il ne faudrait pas oublier, dans ce cas-ci, la signification littérale, allégorique et philosophique du texte. Néanmoins, dans celui-ci, point de dimension mystique. Nous continuons…

Les différentes manières de combattre par le feu, telles que je viens de les indiquer, sont ordinairement suivies d’une pleine victoire, dont il faut que vous sachiez recueillir les fruits. Le plus considérable de tous, et celui sans lequel vous auriez perdu vos soins et vos peines est de connaître le mérite de tous ceux qui se seront distingués, c’est de les récompenser en proportion de ce qu’ils auront fait pour la réussite de l’entreprise. Les hommes se conduisent ordinairement par l’intérêt; si vos troupes ne trouvent dans le service que des peines et des travaux, vous ne les emploierez pas deux fois avec avantage.

La nécessité seule doit faire entreprendre la guerre. Les combats, de quelque nature qu’ils soient, ont toujours quelque chose de funeste pour les vainqueurs eux-mêmes; il ne faut les livrer que lorsqu’on ne saurait faire la guerre autrement.

Lorsqu’un souverain est animé par la colère ou par la vengeance, qu’il ne lui arrive jamais de lever des troupes. Lorsqu’un général trouve qu’il a dans le coeur les mêmes sentiments, qu’il ne livre jamais de combats. Pour l’un et pour l’autre ce sont des temps nébuleux: qu’ils attendent les jours de sérénité pour se déterminer et pour entreprendre.

S’il y a quelque profit à espérer en vous mettant en mouvement, faites marcher votre armée; si vous ne prévoyez aucun avantage, tenez-vous en repos; eussiez-vous les sujets les plus légitimes d’être irrité, vous eût-on provoqué, insulté même, attendez, pour prendre votre parti, que le feu de la colère se soit dissipé et que les sentiments pacifiques s’élèvent en foule dans votre coeur. N’oubliez jamais que votre dessein, en faisant la guerre, doit être de procurer à l’État la gloire, la splendeur et la paix, et non pas d’y mettre le trouble, la désolation et la confusion.

Ce sont les intérêts du pays et non pas vos intérêts personnels que vous défendez. Vos vertus et vos vices, vos belles qualités et vos défauts rejaillissent également sur ceux que vous représentez. Vos moindres fautes ont toujours des conséquences; les grands conflits sont souvent irréparables, et toujours très funestes. Il est difficile de soutenir un royaume que vous aurez mis sur le penchant de sa ruine; il est impossible de le relever, s’il est une fois détruit: on ne ressuscite pas un mort (…)

Nous avons supprimé quelques passages de ce texte pour éviter les longueurs… voilà notre réflexion d’artistes sur le conflit Chine et Tibet.

Dali et la photographie

Mardi 8 avril 2008

Dali a dit à plusieurs reprises au cours de sa vie que sa peinture n’est autre que de la photographie, faite à la main et en couleur. Évidemment, il parlait de la photographie des années 50, en noir et blanc. Si l’on ôte l’aspect surréaliste de la peinture de Dali, il ne reste presque que du réalisme académique. Les propos de Dali prennent alors tout son sens. Nous pouvons dire qu’il y a là, une réelle affinité entre l’art de Dali et la photographie.

Dali a collaboré avec plusieurs photographes, d’abord Man Ray et Brassaï, puis avec Cecil Beaton et Philippe Halsman. Aujourd’hui, il s’est vendu à New York une photographie de Halsman qui fait partie de la série Skull, exécutée en 1951 avec Dali. Elle s’intitule Crâne et Dali, pour une petite somme de $18,750.

Cette photographie, un nu constitué d’un montage de corps à partir d’une esquisse de Dali. Lorsqu’on la regarde à une distance suffisamment éloignée, l’enchevêtrement des sept corps de femme suggère l’illusion d’un crâne. Le crâne symbolise la vanité dans la peinture classique. Dali et Halsman voulaient revisiter ce symbole de la vanité en créant une version moderne de la vanité.

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Marilyn Monroe, 6 Mai 1957, New York City

Lundi 7 avril 2008

Marilyn Monroe, 6 Mai 1957, New York City

Une photographie par Richard Avedon, « Marilyn Monroe, 6 mai 1957, New York City » ou « Femme devant miroir ». En avez-vous entendu parler dans les journaux, à la radio ou à la télé? Nous en doutons. Marilyn Monroe, bien qu’elle soit un sexe-symbole pour toujours, le temps efface lentement cette fragilité délicate de Monroe… Hélas! Les dernières fois que l’on a parlé d’elle, c’était la vente de l’Orange Marilyn, peinte par Warhol; c’était le temps d’une exposition de Stern; c’était aussi un remake de photographies de Marilyn par Lindsay Lohan…

Alors, achèterez-vous cette photographie de la maîtresse d’un président icône, ou celle de la femme de l’autre président? Les seins nus d’une jeune mannequin, ou la détresse inexprimable d’une star?

Marilyn Mooroe, 6 mai 1957, New York City, vendu aujourd’hui à New York pour $457,000 USD. Pour ceux qui s’intéressent à la dimension de l’oeuvre, c’est environ 285$ par centimètre carré.

Les ruines du Manège militaire de Québec

Dimanche 6 avril 2008

Manège militaire de Québec

Avec l’incendie du Manège militaire de Québec, l’un des patrimoines architecturaux québécois est parti en fumée comme l’on dit. Une immense perte qui défigure, depuis vendredi soir, le paysage de la Vieille Capitale. L’absence de ce monument fera davantage sentie dans le cadre du 400e anniversaire du Québec. Le maire de Québec entend reconstruire le Manège militaire. Si le pouvoir politique local a une influence certaine, toutefois, le Manège demeure une propriété de l’Armée canadienne, et probablement du domaine du Ministère de la Défense.

Puisque le Manège militaire devait être utilisé comme site d’événements dans le cadre du 400e, le Maire Labeaume a lancé l’idée de le recouvrir et de recréer artistiquement les ruines, le temps des célébrations. Une excellente idée! D’ailleurs, on parle de demander une intervention d’artistes Land Art, Christo. Sachons tous qu’une œuvre emballée par le couple Christo coûtera des millions de dollars et du temps. Pas sûr que l’idée est financièrement viable, sauf si la France y participe, financièrement et « diplomatiquement » pour convaincre les Christo. Cependant, il y a, sans doute, des artistes québécois qui ont le talent, la capacité et le désir de mener un tel projet artistique. Car le temps est, dans ce cas-ci, une ressource toute aussi déterminante que le financement.

Ruine romantique

Bon, les ruines du Manège demeurent maintenant pour quelque temps, même si le Manège était reconstruit. Les ruines sont aussi un excellent sujet de création artistique. Des photographes nous feront voir prochainement des belles prises, sans doute. L’un des artistes célèbres, qualifié par certains penseurs de peintre de Dieu, Caspar David Friedrich utilisait les ruines pour évoquer la présence de cette force de la nature, indescriptible, redoutée et mystérieuse qui est aussi, un symbolisme important de la pensée romantique.

Opération Jonquilles

Vendredi 4 avril 2008

La Société canadienne du cancer lance sa 47e édition de compagne de financement cette fin de semaine. Du même coup, cela est synonyme de la vente des jonquilles. En quatre jours, l’Opération Jonquilles signifie la vente de deux millions de jonquilles pour environ $2,5M.

Au fil du temps, la jonquille est devenue un symbole pour sensibiliser la population à la cause du cancer. Selon les statistiques, un Canadien sur 38 est atteint d’un cancer au cours de sa vie et dans 40% des cas, cet individu décédera après cinq ans.

Soyez généreux pour une fleur, pour un symbole… et surtout pour une cause!

Jonquille

Photo: Jean-Pierre Marro