Archive pour février 2008

 

Drapeau du Kosovo

Lundi 18 février 2008

Voilà, un premier pas officiel pour marquer la reconnaissance du Kosovo.

À partir de maintenant, c’est tout un peuple qui participe à un projet collectif. Il mobilisera ses ressources et ses énergies pour une affirmation identitaire dans ce vaste monde qui est le nôtre, global, mais interdépendant. N’est-ce pas paradoxale cette indépendance dans une interdépendance européenne? Mais, pourquoi pas?!

 

Drapeau de l’Albanie
Photo: Reuters

Ce petit texte n’a rien d’artistique, peut-être symbolique si nous parlons un peu du symbolisme dans l’affirmation d’un peuple, comme sa constitution, sa devise, sa monnaie, son hymne national, son drapeau, etc. En passant, n’avons-nous pas fêté le nôtre tout récemment? L’un des plus beaux drapeaux en Amérique, semble-t-il.

Après le discours qui déclare que le Kosovo ne « sera plus jamais gouverné par Belgrade. Ce sera un État démocratique et pluriethnique », après les signatures protocolaires sur parchemin, le président, le premier ministre et le président du parlement kosovaque ont dévoilé le nouveau drapeau du Kosovo : une carte du Kosovo dorée sur fond bleu avec six étoiles, une pour chacun des six principaux groupes ethniques du Kosovo.

Drapeau du Kosovo

En juin 2007, au lancement du concours du nouveau drapeau de Kosovo, ONU a insisté sur la nature multiethnique du Kosovo, en excluant toute utilisation de l’aigle à deux têtes et des couleurs dominantes comme le rouge et le noir. Au début de ce mois-ci, l’une des trois propositions retenues représente une carte du Kosovo sur un fond bleu entouré de cinq étoiles jaunes, à la manière du drapeau de l’Union européenne. La différence entre cette proposition initiale et le drapeau officiel dévoilé aujourd’hui: l’absence de la dominance d’une étoile et l’apparition d’une 6e.

Nous nous demandons que représente-t-elle cette 6e étoile sur ce nouveau drapeau de Kosovo, et nous souhaitons sincèrement la paix aux six ethnies qui forment ce nouveau pays avant tout.

Concours du drapeau de Kosovo

Le Gardien

Dimanche 17 février 2008

Par Kafka

Le Gardien de la Vérité - Walter S. Allward

Le Gardien de la Justice ou Justitia

Devant la loi se dresse le gardien de la porte. Un homme de la campagne se présente et demande à entrer dans la loi. Mais le gardien dit que pour l’instant il ne peut pas lui accorder l’entrée. L’homme réfléchit, puis demande s’il lui sera permis d’entrer plus tard. «C’est possible», dit le gardien, «mais pas maintenant». Le gardien s’efface devant la porte, ouverte comme toujours, et l’homme se baisse pour regarder à l’intérieur. Le gardien s’en aperçoit, et rit. «Si cela t’attire tellement», dit-il, «essaie donc d’entrer malgré ma défense. Mais retiens ceci: je suis puissant. Et je ne suis que le dernier des gardiens. Devant chaque salle il y a des gardiens de plus en plus puissants, je ne puis même pas supporter l’aspect du troisième après moi.» L’homme de la campagne ne s’attendait pas à de telles difficultés; la loi ne doit-elle pas être accessible à tous et toujours, mais comme il regarde maintenant de plus près le gardien dans son manteau de fourrure, avec son nez pointu, sa barbe de Tartare longue et maigre et noire, il en arrive à préférer d’attendre, jusqu’à ce qu’on lui accorde la permission d’entrer. Le gardien lui donne un tabouret et le fait asseoir auprès de la porte, un peu à l’écart. Là, il reste assis des jours, des années. Il fait de nombreuses tentatives pour être admis à l’intérieur, et fatigue le gardien de ses prières. Parfois, le gardien fait subir à l’homme de petits interrogatoires, il le questionne sur sa patrie et sur beaucoup d’autres choses, mais ce sont là questions posées avec indifférence à la manière des grands seigneurs. Et il finit par lui répéter qu’il ne peut pas encore le faire entrer. L’homme, qui s’était bien équipé pour le voyage, emploie tous les moyens, si coûteux soient-ils, afin de corrompre le gardien. Celui-ci accepte tout, c’est vrai, mais il ajoute: «J’accepte seulement afin que tu sois bien persuadé que tu n’as rien omis». Des années et des années durant, l’homme observe le gardien presque sans interruption. Il oublie les autres gardiens. Le premier lui semble être le seul obstacle. Les premières années, il maudit sa malchance sans égard et à haute voix. Plus tard, se faisant vieux, il se borne à grommeler entre les dents. Il tombe en enfance et comme, à force d’examiner le gardien pendant des années, il a fini par connaître jusqu’aux puces de sa fourrure, il prie les puces de lui venir en aide et de changer l’humeur du gardien; enfin sa vue faiblit et il ne sait vraiment pas s’il fait plus sombre autour de lui ou si ses yeux le trompent. Mais il reconnaît bien maintenant dans l’obscurité une glorieuse lueur qui jaillit éternellement de la porte de la loi. À présent, il n’a plus longtemps à vivre. Avant sa mort toutes les expériences de tant d’années, accumulées dans sa tête, vont aboutir à une question que jusqu’alors il n’a pas encore posée au gardien. Il lui fait signe, parce qu’il ne peut plus redresser son corps roidi. Le gardien de la porte doit se pencher bien bas, car la différence de taille s’est modifiée à l’entier désavantage de l’homme de la campagne. «Que veux-tu donc savoir encore?» demande le gardien. «Tu es insatiable.» «Si chacun aspire à la loi», dit l’homme, «comment se fait-il que durant toutes ces années personne autre que moi n’ait demandé à entrer?» Le gardien de la porte, sentant venir la fin de l’homme, lui rugit à l’oreille pour mieux atteindre son tympan presque inerte: «Ici nul autre que toi ne pouvait pénétrer, car cette entrée n’était faite que pour toi. Maintenant, je m’en vais et je ferme la porte.»

Un texte symbolique qui résume, selon nous, l’essentiel de l’oeuvre littéraire de Kakfa, publié après la mort de l’écrivain, vers 1934. Il s’intitule Devant la Loi, parfois, le Gardien de la Loi.

Tagué par Max

Jeudi 14 février 2008

Tagué, tout laisse croire qu’il s’agit d’un jeu de blogueurs ayant pour but de faire parler de « soi », ou simplement, pour faire la promotion de leur blog.

Nous avons été tagués par le blog à Max. En voyant le titre de son article, ce fut un choc! Nous nous souvenons ensuite d’un commentaire que nous avons laissé nous-même à l’auteur qui a tagué le blog à Max. Si vous êtes intéressé à lire le commentaire en question, cliquez ici.

Après quelques jours de cogitation, nous décidons de ne pas briser cet élan d’échange. Voici les règlements de la « Tague des blogueurs »:

  1. Mettre le lien du blog qui vous tague;
  2. Mettre les règlements du jeu de tague sur votre blog;
  3. Mentionner six choses - habitudes - tics sur vous-même;
  4. Taguer six personnes, en occurrence, leur blog à la fin de votre billet en mettant leurs liens;
  5. Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées.

Voici donc un peu de nous :

  1. Nous partageons ici une passion;
  2. Nous voulons un art à l’image du blogosphère. C’est-à-dire, non-élitiste;
  3. Nous travaillons pour un art accessible, dans sa forme et dans son sens;
  4. De temps à autre, nous essayons d’exalter ici une bribe d’histoire de l’art à notre manière;
  5. Nous tentons de faire évoluer notre conscience à travers nos articles;
  6. Nous souhaitons faire connaître notre art.

Pour faire honneur à notre blog, après tout, un blog d’art. ;-) Voici une image de l’Extase de sainte Thérèse, par Bernini. Un sommet de l’art baroque. Également, un extrait de l’écrit de Thérèse d’Avila. Si si, par sainte Thérèse elle-même!

(…) Il n’était point grand, mais petit et très beau; à son visage enflammé, on reconnaissait un de ces esprits d’une très haute hiérarchie, qui semblent n’être que flamme et amour. Il était apparemment de ceux qu’on nomme chérubins; (…) Je voyais dans les mains de cet ange un long dard qui était d’or, et dont la pointe en fer avait à l’extrémité un peu de feu. De temps en temps il le plongeait, me semblait-il, au travers de mon coeur, et l’enfonçait jusqu’aux entrailles; en le retirant, il paraissait me les emporter avec ce dard, et me laissait toute embrasée d’amour de Dieu.

La douleur de cette blessure était si vive, qu’elle m’arrachait ces gémissements dont je parlais tout à l’heure : mais si excessive était la suavité que me causait cette extrême douleur, que je ne pouvais ni en désirer la fin, ni trouver de bonheur hors de Dieu. Ce n’est pas une souffrance corporelle, mais toute spirituelle, quoique le corps ne laisse pas d’y participer un peu, et même à un haut degré. Il existe alors entre l’âme et Dieu un commerce d’amour ineffablement suave. (…)

L’Extase de sainte Thérèse

Pour conclure, nous taguons par ordre alphabétique six acteurs de la blogosphère que nous apprécions:

Diane de Bozarts, un blog Simple Life artistique? Non, non, détrompez-vous, vous n’y trouverez pas les dernières fracasses d’une Jetsetteuse. Vous y trouveriez la quiétude d’une Mamie à plein temps et artiste professionnelle engagée de ses heures.

Dominic Arpin, patrouilleur du net, étoile du monde des blogueurs québécois.

L’Hystérique, allez-y, lisez ses chroniques, à petites doses. Si ça vous effraye, c’est normal. Les voix dans la tête sont des inspirations pour certains, effrayants et incompréhensibles pour d’autres.

MatooBlog, où le matooyage, matage et citage se mêlent aux autres « age » à travers les lectures du Matoo. Prenez le temps.

Nina de Zio Peppino, des mots et le rythme des mots.

Un Taxi la nuit, des mots nocturnes ou des Nocturnes en mots. Chauffeur, conduisez-nous à votre destination.

Henri Salvador - Révérence

Mercredi 13 février 2008

L’artiste et l’art de mourir.

60 ans de carrière, un dernier album : Révérence. Un mois après sa retraite, Henri Salvador meurt à 90 ans à la veille du jour des amoureux.

Henri Salvador 1917-2007

Pourquoi voler des œuvres impressionnistes?

Mardi 12 février 2008

Vous avez sans doute entendu parler hier de ce vol de tableaux en Suisse! Il serait le plus grand de l’histoire de la Suisse. Rien de moins! Même dans sa mésaventure, la Suisse s’en sort avec les honneurs… Il ne s’agit pas de n’importe quel vol! Mais du plus grand de son histoire! Ne trouvez-vous pas que l’on exagère et que l’on abuse les superlatifs?

Notre monde est stimulé, à tel point que nous ne nous contentons plus des petites choses simples de la vie. Il nous faut les gratte-ciel les plus hauts, les entreprises les plus performantes, de richissimes millionnaires toujours plus riches, des Miss Univers les plus sexy… et écologiques, des tableaux les plus dispendieux, des vols les plus spectaculaires, etc. Nous sommes condamnés à être plus, et encore plus. Il nous arrive souvent d’oublier la Grenouille et le Bœuf d’une belle taille. Oups, pas facile d’être artiste, surtout avec un blog… ;-)

Pourquoi voler des oeuvres impressionnistes

Mais bon sang! Pourquoi voler des œuvres impressionnistes? En voici 10 raisons :

  1. Les petits musées européens n’ont pas les moyens de sécuriser ses lieux.
  2. Les maisons d’enchères organisent des soirées mondaines d’encan. Mais il y a pénurie d’œuvres impressionnistes.
  3. Interpole se déclare impuissant à agir.
  4. Il s’agit en fait d’une initiation pour voleurs, afin de se faire accepter dans un groupe de malfrats, mais d’amateurs d’art.
  5. La Suisse a besoin d’attention médiatique.
  6. Un milliardaire excentrique veut bâtir une collection d’oeuvres impressionnistes privée. Avons-nous bien dit une collection d’œuvres d’art privée?!
  7. Le musée veut toucher la prime d’assurance des œuvres volées afin de financer un projet obscur.
  8. Ce vol est une mauvaise blague, les quatre tableaux seront retournés dans quelques jours avec un mot d’excuse.
  9. Euh…
  10. Encore euh… nous manquons carrément d’inspiration. :-) Veuillez nous proposer les deux dernières raisons de ce plus grand vol d’œuvres d’art de l’histoire de la Suisse.

Pour de plus amples informations sur les vols, veuillez consulter notre dossier vol d’œuvres d’art.