Textes et images - février 2008

 

Art du nu

Vendredi 29 février 2008

Dans la nuit de samedi à dimanche, les amateurs d’art, particulièrement pour ceux qui passionnent pour le corps humain et du dessin, vous pourrez vivre un moment unique dans la verrière du Cinéma Ex-Centris de Montréal. Mon vieux, si vous êtes citoyen d’ailleurs, dépêchez-vous! Achetez-vous un billet d’avion, direction Montréal. Mais nous vous prévenons à l’avance, il fait un froid sibérien à Montréal depuis deux jours. Il fait carrément « frète » dans la langue belle à l’autre bout du monde (…) là-bas dans ce pays de neige. Nous faisons face aux vents qui soufflent de partout. ;-)

Bref, vous pourriez participer au happeining L’Art du nu à l’Ex-Centris de Montréal. On nous propose deux volets dans le cadre du festival Montréal en lumière. À partir de 22h30, deux modèles nus vous proposeront une incursion dans l’univers du dessin. Vous pourrez ébaucher, croquer, esquisser, dessiner à votre guise, ou bien, simplement observer. Quoi? C’est vrai! Parfois, il est plus important d’observer au lieu de salir ses doigts, et trimballer papier et crayon. Non? :-|

art du nu

Au même moment, vous pourrez aussi participer aux festivités d’une manière, disons-le, plus passivement, bien installé sur un siège pour assister à la projection du documentaire L’art du nu en trois parties : Qu’est-ce que d’être modèle? La collaboration modèle et L’art homo érotique.

Ombre

Dimanche 24 février 2008

Aujourd’hui, deux passages du Traité de la peinture de Da Vinci, l’ombre et le doute, de plus, trois états d’une œuvre de Rembrandt. Tout cela pour souligner en ce dimanche ensoleillé à Montréal, un état qui devrait remplir le cœur de plusieurs de joie et de bonheur. Nous en sommes heureux! Mais aussi pour souligner le début des festivités de Montréal en lumière. Vous savez sans doute que les carnavals étaient une occasion de défoulement collectif pour casser, en quelque sorte, la monotonie hivernale dans un temps non lointain du nôtre. De nos jours, le vocabulaire change, c’est du divertissement, du plaisir hivernal et de la joie de vivre.

Bon, assez de divagation! Allons-y pour les réalisations éternelles de ces grands hommes de l’Histoire!

Da Vinci a écrit :

- Comment être universel dans ses œuvres.

Pour être universel et plaire à divers juges, il te faut faire en sorte qu’une même composition contienne des choses de grande obscurité et des ombres très douces, faisant bien ressortir les causes de ces ombres, les obscures et les douces

- Précepte.

Le peintre qui ne doute pas progresse peu. Si l’œuvre surpasse le jugement de l’artiste, celui-ci fait bien peu de progrès. Mais si le jugement dépasse l’œuvre, celle-ci ne finit jamais de s’améliorer, à moins que l’avarice ne l’en empêche.

Le doute, c’est un état d’esprit bien fatigant que l’on soit artiste ou pas. Vous convenez probablement avec nous qu’en lisant ces deux extraits, cela aurait été d’intérêt de connaître les pensées de ce Léonardo au moment où il avait écrit ces lignes. Freud, un autre très grand, signataire de l’effondrement du concept de Dieu au 20e avec sa psychanalyse, s’est aussi intéressé à Da Vinci. Nous y reviendrons un autre jour sur ce sujet.

Pourquoi mêlons-nous les écrits de Da Vinci à l’œuvre picturale de Rembrandt dans ce petit texte en ce jour dominical? Car l’un est un homme humaniste qui cherche à exalter la clarté de l’esprit humain et l’autre, artiste affirmé et homme de mille et un doutes qui empâte à merveille la nature humaine. Mais aujourd’hui, nous ne parlons pas de sa peinture, plutôt de ses gravures. Pour être plus précis, de trois états d’une gravure de Rembrandt.

La gravure est le seul médium artistique qui permet de segmenter le temps durant lequel l’artiste conçoit une œuvre. Les états d’une gravure démontrent la traçabilité des idées et des décisions de l’artiste à la hauteur d’une certification ISO. En gravure, si l’artiste est intègre, nous y voyons même comment celui-ci pense, à partir de l’idée de l’œuvre, du premier état jusqu’à l’état le plus achevé de l’œuvre.

Plus grande oeuvre en estampe

Trois croix, état 3, par Rembrandt

Dans l’obscurité, les trois croix selon Rembrandt

Que vous soyez un croyant de piété ou le dernier des nihilistes pathétiques, ;-) vous ne pouvez pas être indifférent devant l’obscurité envahissante des Trois Croix de Rembrandt qui trônent, à notre avis, le sommet des grandes œuvres en estampe de l’humanité, d’hier, d’aujourd’hui et encore demain!

Bonne semaine!

Métro Montréal

Jeudi 21 février 2008

Le Métro de Montréal est une formidable ville souterraine qui fait la fierté des Montréalais. Le Métro de Montréal est un moyen de transport efficace et écologique emprunté quotidiennement par de milliers d’utilisateurs. Le Métro de Montréal est un réseau grouillant de vie et parfois, le lieu de drames humains. Quand cette voix neutre du Métro de Montréal annonce que son service est interrompu sur la ligne X à cause d’une intervention des ambulanciers. Les habitués du Métro savent qu’il y a eu fort probablement un suicide sur les rails, surtout si l’arrêt de service dure plus d’une demi-heure.

Le suicide dans le Métro est sans aucun doute un événement traumatisant pour la plupart des gens qui sont témoins du drame: le chauffeur de métro, les ambulanciers, les proches de la victime et les usagers. Le Métro de Montréal ne parle pas de « ses » suicides. C’est un choix. Il est peu probable que l’on change cette loi du silence sur les suicides. Est-ce bien ou le contraire? Nous, nous pensons qu’il s’agit d’un phénomène social, il est donc préférable d’en parler que de voiler une réalité. Non?

La firme Métromédia qui gère l’espace publicitaire a recommandé récemment à la STM de refuser l’affiche de la production théâtrale Blasté. On jugeait que l’image est trop violente. D’exposer une image d’un personnage ensanglanté dans le métro peut générer une émotion trop forte sur certaines personnes à tendance suicidaire.

Évidemment, la metteure en scène dit, ne pas comprendre cette décision de la STM qui censure sa campagne de pub. Selon elle, l’affiche est artistique et non choquante qui fait la promotion d’une pièce de théâtre et non pas celle de la violence. Voici l’image partielle que nous avons dénichée sur le site de l’Usine C.

Métro Montréal - Suicide - Image censurée

Quant à l’histoire de la pièce de théâtre, elle est d’actualité.

Blasté est l’histoire de Ian, de son calvaire et de sa renaissance.

Écrite il y a dix ans, cette première pièce visionnaire de Sarah Kane dénonce en partie nos aveuglements et notre impuissance face au conflit yougoslave, dont la barbarie était diffusée à l’époque en direct sur CNN. L’illusion d’un quelconque progrès dans les rapports humains semble plus que jamais d’actualité. L’écriture de Sarah Kane élève cette histoire épouvantable et inconcevable à la hauteur des mythes antiques.

« Nous devons parfois descendre en enfer par l’imagination pour éviter d’y aller dans la réalité. » Sarah Kane

Blasté sera créé pendant la saison des 10 ans de Sibyllines et permettra à Brigitte Haentjens de retrouver certains des acteurs d’exception qui ont singulièrement marqué son parcours artistique.

(Texte extrait du site de l’Usine C)

En guise de conclusion, tout en images, une tête faite de sang congelé de l’artiste, par Mark Quinn (1991) et la tête ensanglanté de Christ, par Dürer (1493, détail) Oui, oui! Du vrai sang humain de l’artiste lui-même. Bon vendredi!

Tête de sang et Tête ensanglantée

Mao en femme

Mercredi 20 février 2008

La révolution et le symbolisme en art nous ont conduits aujourd’hui à Mao femme. Nous avons déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises. Non, non! Nous ne parlons pas du côté féminin de Mao, mais Mao tout court.

Voilà, Mao en femme, le révolutionnaire et l’Empereur Rouge en art pop chinois, ou encore, Miss Mao.

Mao en femme ou Miss Mao

Il s’agit des sculptures des Frères Gao, deux artistes contemporains chinois qui attisent des réactions par des oeuvres controversées, mais ils se défendent de créer une œuvre à connotation politique et polémique. Pour ces seins à la Pamela Anderson de Mao et de son nez de Pinocchio, l’un des frères Gao explique que durant les années de la Révolution culturelle, on mentait comme Pinocchio, et on disait aussi que le Parti communiste était la mère du peuple. Sacrés artistes à l’esprit habile pour les associations d’idées! Si nous fermons les yeux et essayons de penser fort fort… Nous parvenons quand même à suivre la logique de leur démarche artistique.

Mais, Messieurs Gao, ;-) entre-nous, disons que ce n’est pas de l’art sacré quand vous fabriquez des sculptures de cette taille en vous servant d’un symbole sur lequel repose l’idéologie d’un régime politique qui a marqué l’histoire chinoise récente.

Et vous, qu’en pensez-vous de ça? Est-ce vraiment plus possible de faire un art actuel, bon et de bon « goût » ? Et ce « goût », il est tout aussi varié que l’art lui-même.

L’ombre plane sur Castro…

Mardi 19 février 2008

En janvier 1959, le dictateur Fulgencio Batista fuit. Fidel Castro et ses barbudos prennent le pouvoir au Cuba.

En mars 2003, au moment où le Parlement a réélu le Lider Maximo pour un sixième mandat, Castro déclare « Je promets que je serai avec vous, si vous le souhaitez, aussi longtemps que j’aurai le sentiment que je peux être utile, et si la nature n’en décide pas autrement avant, pas une minute ni une seconde de plus, a-t-il dit. Maintenant, je comprends que mon destin n’était pas de me reposer à la fin de ma vie. »

L’ombre plane sur Fidel Castro

En octobre 2004, Castro trébuche et tombe après un discours, se brisant le ménisque gauche et le bras droit.

En juillet 2006, sa dernière apparition en public et son dernier traditionnel discours de la Fête de la Révolution. Suite d’une opération pour une hémorragie intestinale, Castro cède temporairement le pouvoir à son frère Raul.

Aujourd’hui, il annonce la fin de sa vie active. Désormais, l’ombre plane sur le dernier des révolutionnaires du 20e. « Tu ne mourras jamais! » lui disait Hugo Chavez lors d’un entretien, c’était le 14 octobre 2007.

Fidel Castro, symbole d’une époque, d’une révolution et d’un idéal social qui restera inaccessible à jamais.

Drapeau du Kosovo

Lundi 18 février 2008

Voilà, un premier pas officiel pour marquer la reconnaissance du Kosovo.

À partir de maintenant, c’est tout un peuple qui participe à un projet collectif. Il mobilisera ses ressources et ses énergies pour une affirmation identitaire dans ce vaste monde qui est le nôtre, global, mais interdépendant. N’est-ce pas paradoxale cette indépendance dans une interdépendance européenne? Mais, pourquoi pas?!

Drapeau de l’Albanie
Photo: Reuters

Ce petit texte n’a rien d’artistique, peut-être symbolique si nous parlons un peu du symbolisme dans l’affirmation d’un peuple, comme sa constitution, sa devise, sa monnaie, son hymne national, son drapeau, etc. En passant, n’avons-nous pas fêté le nôtre tout récemment? L’un des plus beaux drapeaux en Amérique, semble-t-il.

Après le discours qui déclare que le Kosovo ne « sera plus jamais gouverné par Belgrade. Ce sera un État démocratique et pluriethnique », après les signatures protocolaires sur parchemin, le président, le premier ministre et le président du parlement kosovaque ont dévoilé le nouveau drapeau du Kosovo : une carte du Kosovo dorée sur fond bleu avec six étoiles, une pour chacun des six principaux groupes ethniques du Kosovo.

En juin 2007, au lancement du concours du nouveau drapeau de Kosovo, ONU a insisté sur la nature multiethnique du Kosovo, en excluant toute utilisation de l’aigle à deux têtes et des couleurs dominantes comme le rouge et le noir. Au début de ce mois-ci, l’une des trois propositions retenues représente une carte du Kosovo sur un fond bleu entouré de cinq étoiles jaunes, à la manière du drapeau de l’Union européenne. La différence entre cette proposition initiale et le drapeau officiel dévoilé aujourd’hui: l’absence de la dominance d’une étoile et l’apparition d’une 6e.

Nous nous demandons que représente-t-elle cette 6e étoile sur ce nouveau drapeau de Kosovo, et nous souhaitons sincèrement la paix aux six ethnies qui forment ce nouveau pays avant tout.

Drapeau du Kosovo Concours du drapeau de Kosovo

Le Gardien

Dimanche 17 février 2008

Par Kafka

Le Gardien de la Vérité - Walter S. Allward

Le Gardien de la Justice ou Justitia

Devant la loi se dresse le gardien de la porte. Un homme de la campagne se présente et demande à entrer dans la loi. Mais le gardien dit que pour l’instant il ne peut pas lui accorder l’entrée. L’homme réfléchit, puis demande s’il lui sera permis d’entrer plus tard. «C’est possible», dit le gardien, «mais pas maintenant». Le gardien s’efface devant la porte, ouverte comme toujours, et l’homme se baisse pour regarder à l’intérieur. Le gardien s’en aperçoit, et rit. «Si cela t’attire tellement», dit-il, «essaie donc d’entrer malgré ma défense. Mais retiens ceci: je suis puissant. Et je ne suis que le dernier des gardiens. Devant chaque salle il y a des gardiens de plus en plus puissants, je ne puis même pas supporter l’aspect du troisième après moi.» L’homme de la campagne ne s’attendait pas à de telles difficultés; la loi ne doit-elle pas être accessible à tous et toujours, mais comme il regarde maintenant de plus près le gardien dans son manteau de fourrure, avec son nez pointu, sa barbe de Tartare longue et maigre et noire, il en arrive à préférer d’attendre, jusqu’à ce qu’on lui accorde la permission d’entrer. Le gardien lui donne un tabouret et le fait asseoir auprès de la porte, un peu à l’écart. Là, il reste assis des jours, des années. Il fait de nombreuses tentatives pour être admis à l’intérieur, et fatigue le gardien de ses prières. Parfois, le gardien fait subir à l’homme de petits interrogatoires, il le questionne sur sa patrie et sur beaucoup d’autres choses, mais ce sont là questions posées avec indifférence à la manière des grands seigneurs. Et il finit par lui répéter qu’il ne peut pas encore le faire entrer. L’homme, qui s’était bien équipé pour le voyage, emploie tous les moyens, si coûteux soient-ils, afin de corrompre le gardien. Celui-ci accepte tout, c’est vrai, mais il ajoute: «J’accepte seulement afin que tu sois bien persuadé que tu n’as rien omis». Des années et des années durant, l’homme observe le gardien presque sans interruption. Il oublie les autres gardiens. Le premier lui semble être le seul obstacle. Les premières années, il maudit sa malchance sans égard et à haute voix. Plus tard, se faisant vieux, il se borne à grommeler entre les dents. Il tombe en enfance et comme, à force d’examiner le gardien pendant des années, il a fini par connaître jusqu’aux puces de sa fourrure, il prie les puces de lui venir en aide et de changer l’humeur du gardien; enfin sa vue faiblit et il ne sait vraiment pas s’il fait plus sombre autour de lui ou si ses yeux le trompent. Mais il reconnaît bien maintenant dans l’obscurité une glorieuse lueur qui jaillit éternellement de la porte de la loi. À présent, il n’a plus longtemps à vivre. Avant sa mort toutes les expériences de tant d’années, accumulées dans sa tête, vont aboutir à une question que jusqu’alors il n’a pas encore posée au gardien. Il lui fait signe, parce qu’il ne peut plus redresser son corps roidi. Le gardien de la porte doit se pencher bien bas, car la différence de taille s’est modifiée à l’entier désavantage de l’homme de la campagne. «Que veux-tu donc savoir encore?» demande le gardien. «Tu es insatiable.» «Si chacun aspire à la loi», dit l’homme, «comment se fait-il que durant toutes ces années personne autre que moi n’ait demandé à entrer?» Le gardien de la porte, sentant venir la fin de l’homme, lui rugit à l’oreille pour mieux atteindre son tympan presque inerte: «Ici nul autre que toi ne pouvait pénétrer, car cette entrée n’était faite que pour toi. Maintenant, je m’en vais et je ferme la porte.»

Un texte symbolique qui résume, selon nous, l’essentiel de l’oeuvre littéraire de Kakfa, publié après la mort de l’écrivain, vers 1934. Il s’intitule Devant la Loi, parfois, le Gardien de la Loi.

Tagué par Max

Jeudi 14 février 2008

Tagué, tout laisse croire qu’il s’agit d’un jeu de blogueurs ayant pour but de faire parler de « soi », ou simplement, pour faire la promotion de leur blog.

Nous avons été tagués par le blog à Max. En voyant le titre de son article, ce fut un choc! Nous nous souvenons ensuite d’un commentaire que nous avons laissé nous-même à l’auteur qui a tagué le blog à Max. Si vous êtes intéressé à lire le commentaire en question, cliquez ici.

Après quelques jours de cogitation, nous décidons de ne pas briser cet élan d’échange. Voici les règlements de la « Tague des blogueurs »:

  1. Mettre le lien du blog qui vous tague;
  2. Mettre les règlements du jeu de tague sur votre blog;
  3. Mentionner six choses – habitudes – tics sur vous-même;
  4. Taguer six personnes, en occurrence, leur blog à la fin de votre billet en mettant leurs liens;
  5. Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées.

Voici donc un peu de nous :

  1. Nous partageons ici une passion;
  2. Nous voulons un art à l’image du blogosphère. C’est-à-dire, non-élitiste;
  3. Nous travaillons pour un art accessible, dans sa forme et dans son sens;
  4. De temps à autre, nous essayons d’exalter ici une bribe d’histoire de l’art à notre manière;
  5. Nous tentons de faire évoluer notre conscience à travers nos articles;
  6. Nous souhaitons faire connaître notre art.

Pour faire honneur à notre blog, après tout, un blog d’art. ;-) Voici une image de l’Extase de sainte Thérèse, par Bernini. Un sommet de l’art baroque. Également, un extrait de l’écrit de Thérèse d’Avila. Si si, par sainte Thérèse elle-même!

(…) Il n’était point grand, mais petit et très beau; à son visage enflammé, on reconnaissait un de ces esprits d’une très haute hiérarchie, qui semblent n’être que flamme et amour. Il était apparemment de ceux qu’on nomme chérubins; (…) Je voyais dans les mains de cet ange un long dard qui était d’or, et dont la pointe en fer avait à l’extrémité un peu de feu. De temps en temps il le plongeait, me semblait-il, au travers de mon coeur, et l’enfonçait jusqu’aux entrailles; en le retirant, il paraissait me les emporter avec ce dard, et me laissait toute embrasée d’amour de Dieu.

La douleur de cette blessure était si vive, qu’elle m’arrachait ces gémissements dont je parlais tout à l’heure : mais si excessive était la suavité que me causait cette extrême douleur, que je ne pouvais ni en désirer la fin, ni trouver de bonheur hors de Dieu. Ce n’est pas une souffrance corporelle, mais toute spirituelle, quoique le corps ne laisse pas d’y participer un peu, et même à un haut degré. Il existe alors entre l’âme et Dieu un commerce d’amour ineffablement suave. (…)

L’Extase de sainte Thérèse

Pour conclure, nous taguons par ordre alphabétique six acteurs de la blogosphère que nous apprécions:

Diane de Bozarts, un blog Simple Life artistique? Non, non, détrompez-vous, vous n’y trouverez pas les dernières fracasses d’une Jetsetteuse. Vous y trouveriez la quiétude d’une Mamie à plein temps et artiste professionnelle engagée de ses heures.

Dominic Arpin, patrouilleur du net, étoile du monde des blogueurs québécois.

L’Hystérique, allez-y, lisez ses chroniques, à petites doses. Si ça vous effraye, c’est normal. Les voix dans la tête sont des inspirations pour certains, effrayants et incompréhensibles pour d’autres.

MatooBlog, où le matooyage, matage et citage se mêlent aux autres « age » à travers les lectures du Matoo. Prenez le temps.

Nina de Zio Peppino, des mots et le rythme des mots.

Un Taxi la nuit, des mots nocturnes ou des Nocturnes en mots. Chauffeur, conduisez-nous à votre destination.

Henri Salvador – Révérence

Mercredi 13 février 2008

L’artiste et l’art de mourir.

60 ans de carrière, un dernier album : Révérence. Un mois après sa retraite, Henri Salvador meurt à 90 ans à la veille du jour des amoureux.

Henri Salvador 1917-2007

Pourquoi voler des œuvres impressionnistes?

Mardi 12 février 2008

Vous avez sans doute entendu parler hier de ce vol de tableaux en Suisse! Il serait le plus grand de l’histoire de la Suisse. Rien de moins! Même dans sa mésaventure, la Suisse s’en sort avec les honneurs… Il ne s’agit pas de n’importe quel vol! Mais du plus grand de son histoire! Ne trouvez-vous pas que l’on exagère et que l’on abuse les superlatifs?

Notre monde est stimulé, à tel point que nous ne nous contentons plus des petites choses simples de la vie. Il nous faut les gratte-ciel les plus hauts, les entreprises les plus performantes, de richissimes millionnaires toujours plus riches, des Miss Univers les plus sexy… et écologiques, des tableaux les plus dispendieux, des vols les plus spectaculaires, etc. Nous sommes condamnés à être plus, et encore plus. Il nous arrive souvent d’oublier la Grenouille et le Bœuf d’une belle taille. Oups, pas facile d’être artiste, surtout avec un blog… ;-)

Pourquoi voler des oeuvres impressionnistes

Mais bon sang! Pourquoi voler des œuvres impressionnistes? En voici 10 raisons :

  1. Les petits musées européens n’ont pas les moyens de sécuriser ses lieux.
  2. Les maisons d’enchères organisent des soirées mondaines d’encan. Mais il y a pénurie d’œuvres impressionnistes.
  3. Interpole se déclare impuissant à agir.
  4. Il s’agit en fait d’une initiation pour voleurs, afin de se faire accepter dans un groupe de malfrats, mais d’amateurs d’art.
  5. La Suisse a besoin d’attention médiatique.
  6. Un milliardaire excentrique veut bâtir une collection d’oeuvres impressionnistes privée. Avons-nous bien dit une collection d’œuvres d’art privée?!
  7. Le musée veut toucher la prime d’assurance des œuvres volées afin de financer un projet obscur.
  8. Ce vol est une mauvaise blague, les quatre tableaux seront retournés dans quelques jours avec un mot d’excuse.
  9. Euh…
  10. Encore euh… nous manquons carrément d’inspiration. :-) Veuillez nous proposer les deux dernières raisons de ce plus grand vol d’œuvres d’art de l’histoire de la Suisse.

Pour de plus amples informations sur les vols, veuillez consulter notre dossier vol d’œuvres d’art.

Cœur à louer

Samedi 9 février 2008

Par Mélibée

La Saint-Valentin arrive à grands pas; le rouge est de nouveau à l’honneur; les p’tits cœurs battent à l’unisson. La réservation au resto est peut-être même déjà faite. Renouveler ses vœux d’amoureux et d’amoureuses. Prendre le temps de dire à l’autre je t’aime. Oui! Mais pour ceux et celles qui sont seuls… Hum!

Écrire? Rédiger une petite annonce en y mettant tout son cœur? Un coup de plume, de trait pour trouver l’âme sœur : Effeuilleuse cherche relieur. N’est-ce pas poétique à souhait? Trois mots ont suffi pour faire naître une image en vous. Imaginez qu’un auteur, Francis Pelletier, prenne soin de colliger ces petites annonces et d’y répondre à travers un livre. Voilà, un concept fort intéressant, n’est pas? Le titre, Cœur à louer. Le texte est librement illustré par Bruce Roberts. L’idée est simple et efficace, d’un côté l’annonce et de l’autre la réponse – interprétation de Francis.

En voici trois extraits.

Francis Pelletier

1- Pas de problème! Jolie femme, 29 ans, classique, formation universitaire, coquette, affectueuse, sportive, etc. recherche homme mature, 5’8” et plus, possédant mêmes caractéristiques. Cas à problèmes s’abstenir. — #000

Connaissez-vous beaucoup d’hommes « coquettes » qui n’ont pas de problèmes?

Bruce Roberts - Dessinateur Coeur à louer

2- Astiquer vos bâtons. Belle golfeuse, 42 ans, 5’, blonde, passionnée de golf, restos et danse, cherche Sugar Daddy. — #18T

Recherché : Sugar Caddy, mort ou riche, 250$ de l’heure pour croiser le fer avec mademoiselle, prendre un vert avec elle, admirer son swing au dancing et espérer putter ensemble en fin de soirée.

Coeur à louer

3- Délivrez-moi. Femme 42 ans, 5’8”, quelques livres en trop, mais bien proportionnée, mère, optimiste, cherche homme 54-62 ans, grand, non-fumeur, sens de l’humour. — #200lb

Combien de livres (à l’index*)? J’adore bouquiner!
* On sait qu’on ne devrait pas les posséder, on les cache comme on peut et, le plus souvent, on nie leur existence, mais jamais on ne parvient à s’en départir sans y laisser un peu de soi.

Si vous habitez la belle région de Montréal, vous pouvez vous procurer une copie du livre pour la modique somme de $13.95, prix de promotion de l’ouvrage à la Boutique Royer. Si vous êtes trop loin et virtuel… ;-) Contacter directement Francis Pelletier au www.lespelleteursdenuages.com

Pour les plus hardies et les plus coquins qui souhaitent déclamer ardemment leur passion, vous pouvez toujours vous inspirer des XVI sonnets luxurieux de Pietro Arétin, dit L’Aretino, mais je vous avertis, c’est très licencieux! Si vous ne les trouvez pas, dites-le moi.

Et pour ceux qui considèrent qu’une image vaut mille mots, en voici deux qui, je l’espère, vous inspireront. N’oubliez pas que pour aimer, il faut d’abord commencer par soi. Oubliez l’illusion de vouloir vivre en état fusionnel avec un ou une autre douce moitié. Soyez audacieux, assumez pleinement vos désirs et votre passion, vivez en juxtaposition avec un alter ego. Allez! je vous souhaite une très belle Saint-Valentin de tout mon cœur.

Coeur en cadeau

Amour, coeur ou passion, selon Rodin

Bonne journée!

Femme en rouge

Jeudi 7 février 2008

Qu’est-ce que nous pouvons bien vous raconter aujourd’hui? Compte tenu de l’heure tardive et de la fatigue d’une journée d’atelier, même si l’essence Grumtine n’est pas toxique. Il s’agit quand même de la térébenthine, si bien qu’il y a encore un peu d’ivresse dans l’air, les muses, elles sont déjà dans les bras d’Orphée. Triste existence d’artiste! ;-)

Nous allons donc rester simples pour ce petit texte du petit matin de jeudi. Allons-y, parlons de la Femme et du Rouge, ou encore, la femme en rouge pour être un peu plus poétique, après tout, ce sera bientôt la fête des amoureux.

Femme en rouge par Soutine

Le rouge, une couleur de l’action et du dynamisme, de la jeunesse et de la santé. Mais aussi le sang qui répand. Dans certaines sociétés primitives, le rouge évoque le principe vital et symbolise la guerre, l’agressivité et la violence. Dans Égypte Ancien, le rouge était la couleur du Mal, Seth aux yeux et cheveux rouges inspirait la destruction. Dans l’art chrétien, on utilise parfois le rouge pour habiller le bourreau et la force du Mal. Si le rouge attire l’attention, il met aussi en garde la force antagoniste. Cependant, la couleur rouge est associée à des valeurs positives en Orient, elle incarne la sincérité et le bonheur. Les mariées sont habillées d’étoffe rouge et la décoration de la célébration du Nouvel An est saturée de rouge. N’est-ce pas époustouflant comme enchaînement? Car aujourd’hui, c’est le Jour de l’An du calendrier chinois.

Et maintenant, quelques images de la femme en rouge : Pontormo, maître de la Renaissance, portrait d’une femme en rouge; la Dame orientale par Lecomte-Vernet, la Fille en rouge par Degas et la Femme en rouge de Soutine, ci-dessus.

Dame orientale en rouge Fille en rouge de Degas Portrait d’une femme en rouge

L’éloge de la laideur est une préoccupation purement artistique du XXe. Il s’agit d’une forme artificiellement créée pour repousser les limites de la représentation. La paternité de la cacophonie de la « laideur » revient évidemment à Picasso avec ses Demoiselles d’Avignon. Si plusieurs artistes de l’art moderne ont su créer et maintenir leurs démarches artistiques autour du laid, ou encore, du kitch, l’idéal de la beauté féminine demeure toutefois le « beau » classique et harmonieux, teinté de la couleur propre à chaque époque : femme en rouge de coca-cola, Marilyn Monroe en rouge, jeune fille aux yeux verts en sont des exemples parmi biens d’autres.

Femme en rouge de Coco-cola Marilyn Monroe en rougeFille Afghan aux yeux verts