Aujourd’hui, deux passages du Traité de la peinture de Da Vinci, l’ombre et le doute, de plus, trois états d’une œuvre de Rembrandt. Tout cela pour souligner en ce dimanche ensoleillé à Montréal, un état qui devrait remplir le cœur de plusieurs de joie et de bonheur. Nous en sommes heureux! Mais aussi pour souligner le début des festivités de Montréal en lumière. Vous savez sans doute que les carnavals étaient une occasion de défoulement collectif pour casser, en quelque sorte, la monotonie hivernale dans un temps non lointain du nôtre. De nos jours, le vocabulaire change, c’est du divertissement, du plaisir hivernal et de la joie de vivre.
Bon, assez de divagation! Allons-y pour les réalisations éternelles de ces grands hommes de l’Histoire!
Da Vinci a écrit :
- Comment être universel dans ses œuvres.
Pour être universel et plaire à divers juges, il te faut faire en sorte qu’une même composition contienne des choses de grande obscurité et des ombres très douces, faisant bien ressortir les causes de ces ombres, les obscures et les douces
- Précepte.
Le peintre qui ne doute pas progresse peu. Si l’œuvre surpasse le jugement de l’artiste, celui-ci fait bien peu de progrès. Mais si le jugement dépasse l’œuvre, celle-ci ne finit jamais de s’améliorer, à moins que l’avarice ne l’en empêche.
Le doute, c’est un état d’esprit bien fatigant que l’on soit artiste ou pas. Vous convenez probablement avec nous qu’en lisant ces deux extraits, cela aurait été d’intérêt de connaître les pensées de ce Léonardo au moment où il avait écrit ces lignes. Freud, un autre très grand, signataire de l’effondrement du concept de Dieu au 20e avec sa psychanalyse, s’est aussi intéressé à Da Vinci. Nous y reviendrons un autre jour sur ce sujet.
Pourquoi mêlons-nous les écrits de Da Vinci à l’œuvre picturale de Rembrandt dans ce petit texte en ce jour dominical? Car l’un est un homme humaniste qui cherche à exalter la clarté de l’esprit humain et l’autre, artiste affirmé et homme de mille et un doutes qui empâte à merveille la nature humaine. Mais aujourd’hui, nous ne parlons pas de sa peinture, plutôt de ses gravures. Pour être plus précis, de trois états d’une gravure de Rembrandt.
La gravure est le seul médium artistique qui permet de segmenter le temps durant lequel l’artiste conçoit une œuvre. Les états d’une gravure démontrent la traçabilité des idées et des décisions de l’artiste à la hauteur d’une certification ISO. En gravure, si l’artiste est intègre, nous y voyons même comment celui-ci pense, à partir de l’idée de l’œuvre, du premier état jusqu’à l’état le plus achevé de l’œuvre.



Que vous soyez un croyant de piété ou le dernier des nihilistes pathétiques,
vous ne pouvez pas être indifférent devant l’obscurité envahissante des Trois Croix de Rembrandt qui trônent, à notre avis, le sommet des grandes œuvres en estampe de l’humanité, d’hier, d’aujourd’hui et encore demain!
Bonne semaine!