Textes et images - décembre 2007

 

Oeuvre de Napoléon

Mercredi 5 décembre 2007

«Lorsque j’entrai au service, je m’ennuyais dans mes garnisons; je me mis à lire des romans, et cette lecture m’intéressa vivement. J’essayai d’en écrire quelques uns, cette occupation mit du vague dans mon imagination, elle se mêla aux connaissances positives que j’avais acquises, et souvent je m’amusais à rêver au combat de mon raisonnement. Je me jetais dans un monde idéal, et je cherchais en quoi il différait précisément du monde où je me trouvais.»

Bonaparte n’avait que 26 ans lorsqu’il a écrit Clisson et Eugénie, il y livre son autoportrait à un moment critique de son existence, alors qu’il se voyait contrarié dans ses ambitions militaires comme dans ses espoirs sentimentaux à l’égard de Désirée Clary, soeur de l’épouse de son frère.

La page manuscrite livrant les premiers paragraphes de cette oeuvre de Napoléon Bonaparte, Clisson et Eugénie, a été acquise par un collectionneur privé français pour un montant de $35 200, a annoncé la maison de vente Osenat, organisatrice de ces enchères à Fontainebleau.

Napoléon

Renoir paysages

Mercredi 5 décembre 2007

Renoir peintures paysagistes

Jusqu’au 6 janvier 2008, le musée d’Art de Philadelphie accueille une exposition conçue autour des oeuvres paysagistes de Renoir. Au total, soixante-dix œuvres datent entre 1860 et 1880 provenant de collections internationales. En passant, quand on dit « collections internationales », cela peut signifier « pièces provenant de petits musées d’un peu partout ». Voilà, pourquoi l’exposition s’intitule Renoir – Paysages. Toutefois, cela ne veut pas dire que l’exposition est dépourvue d’intérêts!

Renoir a été un des premiers artistes à sortir de son atelier pour peindre à l’extérieur. Il est l’un des artistes peintres en paysage les plus audacieux du milieu du XIXe siècle. Mais l’essentiel de l’art de Renoir ne se trouve pas dans les paysages, mais à travers le paysage. Le centre focal de l’art de Renoir est le corps nu féminin. Eh oui! Vous avez bien lu! Le corps nu de ces femmes rondes qui dévoilent leur intimité dans la nature comme si elles étaient à l’intérieur de leur chambre. Sachez que derrière les obsessions d’un artiste, il y a toujours une façon de voir les « choses », dans le cas de Renoir, une manière bien singulière de voir la « nature ». Nous pouvons bien souligner ici les propos maintes fois répétés sur la technique impressionniste de Renoir, les touches de couleurs de Renoir, les taches de lumière de Renoir, etc. Mais, si ces taches de lumières sur les corps de femmes de Renoir peuvent être des regards libidinaux de Renoir, qu’en pensez-vous? ;-)

Créativité récompensée

Lundi 3 décembre 2007

Créativité recompensée

Les fins d’année, c’est une période propice et idéale pour décerner les prix, annoncer les reconnaissances et distribuer les récompenses. Récemment, on a dévoilé les lauréats du concours de design d’intérieur Créativité Montréal. Onze Grands Prix et un Prix spéciale ont été attribués à des entreprises ou à des commerçants montréalais ainsi qu’à leurs designers et architectes.

Le Vauvert, 355 rue McGill : « Un lieu étrange qui confronte les idées reçues sur la beauté et l’ambiance d’un restaurant. »

Quattro D, 1246, rue Saint-Denis : « Tout – des lignes de fuite des frigos en passant par le zigzag du comptoir, les matériaux et le graphisme – respire un design intelligent et bien adapté. »

Comptoir d’Ailleurs, 4818, boulevard Saint-Michel : « L’obscurité savamment domestiquée, sans artifice, construit simplement cet espace. »

Itsi Bitsi, 2621, rue Natre-Dame Ouest : « un pur délice avec ses lignes épurées et ses airs de nostalgie et de fantaisie. À l’image de ses gâteaux, le proverbe qui stipule que dans les petits pots se trouvent les meilleurs onguents lui sied à ravir. »

Salander-O’Reilly

Lundi 3 décembre 2007

Le New York Observer se demande si la faillite de la Galerie Salander-O’Reilly n’aurait-elle pas les mêmes impacts qu’Enron pour le monde gazier. Bon, comme disait l’ancien Premier ministre canadien Jean Chrétien à propos du scandale des commandites : « Que la police fasse son travail et les voleurs s’en aillent à la prison! »

L’affaire Salander-O’Reilly a débuté le 16 octobre quand le juge Lowe de la Cour suprême de l’État de New York a ordonné la fermeture de ladite galerie de Manhattan. Le jour même où des invités de marque se pressaient devant les locaux pour assister au vernissage d’une exposition consacrée aux maîtres anciens, avec le Caravage en vedette. La galerie Salander-O’Reilly est considérée comme une institution, dirigée par le réputé Lawrence Salander. Maintenant, présumé tricheur.

Pour illustrer la combine du présumé tricheur et de ses complices, prenons l’œuvre de Robert de Niro senior. D’ailleurs, certains trouvent l’œuvre paternelle de Robert le fils fort intéressante. Bon, nous ne commentons pas les goûts personnels! ;-)

En été 2005, le musée de La Piscine, à Roubaix, a consacré une première rétrospective à Robert senior avec 56 oeuvres. Puisque Robert junior et le galeriste new-yorkais défendent le travail pictural de Robert senior depuis déjà plusieurs années. Évidemment, la galerie Salander-O’Reilly possédait un stock appréciable de toiles de Robert senior. Intéressant, n’est-ce pas? Cette année-là, Salander a cédé une partie de son stock à la galerie romaine Benucci. Celle-ci en a fait une exposition de mai à juillet 2005. Ce que Robert junior ignorait alors, c’est que la galerie new-yorkaise avait cédé les toiles de son père à Ida Benucci en remboursement d’une dette estimée aujourd’hui à 9 millions de dollars. La galerie Benucci est l’un des 53 débiteurs auxquels Salander-O’Reilly doit plusieurs dizaines de millions de dollars, outre les 51 millions prêtés à Lawrence Salander par la First Republic Bank.

Voyez-vous, à peine quelques petits millions, SVP! Pas de panique! :-) Par contre, vous devriez vous inquiéter si vous possèdez un De Niro senior comme investissement…

Salander en faillite

Dalaï Lama, le plus grand

Dimanche 2 décembre 2007

Dalaï lama

Si le Dalaï Lama était un artiste, il serait parmi les plus grands, sinon le plus grand de notre époque.

« Si je meurs alors que nous sommes toujours des réfugiés, logiquement, ma réincarnation se fera hors du Tibet et terminera le travail que j’ai commencé », a expliqué le Dalaï Lama récemment à Amritsar, dans le nord de l’Inde, lors d’un rassemblement de chefs religieux venus du monde entier.

À l’opposé d’un Benoît XVI souvent pointé du doigt pour son immobilisme et son dogmatisme face aux changements, le Dalaï Lama incarne non seulement le symbole spirituel d’une religion, maintenant l’image réformatrice du renouveau d’une religion vieille de plusieurs siècles.

Le Dalaï Lama représente également à lui seul la résistance officielle d’un gouvernement qui n’existe plus et qui n’existera, probablement, jamais. Mais, par une simple déclaration, au moment opportun comme celui à Amritsar, que les Tibétains seraient consultés par référendum avant sa mort sur le maintien du système actuel des lamas. Et Pékin ne peut que frémir de colère en condamnant sa décision. Le Dalaï Lama réactualise un concept vieux comme le monde pour damner un adversaire politique que nul gouvernement de ce monde n’ose faire.

Si le Dalaï Lama était un peintre, il aurait renouvelé la peinture sans vider de son sens propre; si le Dalaï Lama était un théoricien d’art, l’art serait facile à comprendre comme le Zen ou la réincarnation aux yeux de l’Occident; si le Dalaï Lama était un artiste, il ferait triompher son oeuvre artistique au cœur des amateurs et au-delà du réseau comme ce scrutin de la réincarnation du Lama à « toutes les personnes ayant un intérêt dans le bouddhisme tibétain le long de la chaîne de l’Himalaya, en Chine, au Népal, en Inde et jusqu’en Mongolie. »

Argent = Liberté

Dimanche 2 décembre 2007

Que signifie-t-il, ce titre simpliste? L’argent est la liberté? L’argent procure la liberté? L’argent donne accès à la liberté? Vous êtes probablement de notre avis, il existe une multiple possibilité pour interpréter ce que signifie « argent = liberté »…

En réalité, nous voulons vous parler d’un livre. Ça, c’est plus simple. :-) Nous voulons parler d’un recueil, relié en cuir marocain et serti d’argent et de pierres semi-précieuses. Encore un peu plus précis, n’est-ce pas? Ce livre illustré par son auteur sera vendu aux enchères. Oh, non! Pas encore des enchères… ;-)

Eh oui! Les Contes de Beedle le barde (The Tales of Beedle the Bard), seulement sept copies du manuscrit ont été faites. C’est exactement à l’opposé de la série culte de J.K. Rowling, sa formidable machine à sous qui lui procure fortune, renom et … cette liberté épicurienne d’artiste. Ô combien le modèle de Maslow est limitatif!

L'argent, la liberté?

À retenir : 13 décembre prochain, chez Sotheby’s, à Londres, estimé entre 30000 à 50000 sterling. Les fonds amassés seront remis à une œuvre de charité pour les enfants. Les autres exemplaires ont été distribués en cadeaux.

Œuvres paternelles

Dimanche 2 décembre 2007

Détrompez-vous! ;-) Ceci n’est pas un billet sur la création de l’univers.

Avez-vous attendu parler de la faillite de la Galerie Salander de New York? Nous y reviendrons un peu plus tard. En attendant, semble-t-il que Robert de Niro souhaite récupérer les tableaux de son Père, le peintre Robert de Niro Senior (1922-1993). La galerie de Salander ayant déclaré faillite, elle avait dû céder les œuvres à sa possession aux autres marchants d’art, dont les œuvres paternelles du Junior hollywoodien célèbre à la galerie d’une antiquaire romaine, tout comme celles du sculpteur Dan Gummer, le mari de Meryl Streep. Le connaissez-vous?

Selon le Corriere della Sera, les tableaux de Robert de Niro senior valent entre 25 000 et 150 000 dollars pièce. Robert de Niro avait donc demandé à racheter les peintures de son père pour un montant symbolique. Mais Ida Benucci, l’antiquaire romaine n’est pas de cet avis : « Je ne comprends pas pourquoi il s’est adressé à moi (…) Je ne veux pas entrer en conflit avec Robert de Niro, mais s’il y a un problème, il est du côté de la galerie Salander ». La vedette devrait lui faire « une proposition qu’elle ne pourra pas refuser »!

Si les tableaux de Pôpa ont une valeur sentimentale pour vous, sortez votre chéquier, monsieur De Niro! Que madame Benucci prenne sa retraite dorée, la vie d’un antiquaire n’est pas de tout repos! :-|

Oeuvre paternelle de De Niro

Vecteur

Samedi 1 décembre 2007

Claude Tousignant, récipiendaire du Prix Borduas, artiste plasticien québécois a déclaré : « ce que je veux, c’est objectiver la peinture, l’amener à sa source, là où il ne reste que la peinture vidée de toute chose qui lui est étrangère, là où la peinture n’est que sensation.»

L’art de Tousignant cherche. Car l’essentiel de l’art de Tousignant a toujours cherché son enveloppe. Ses Transformateurs chromatiques, ses Gongs, ses Accélérateurs chromatiques, ses Rythmique stochastique ou ses Modulateurs ne sont que des vecteurs d’une quête d’idéal qui demeurent à définir.

Vecteur
Accélérateur chromatique 32, 1969 Collection MACM

Cible de Jasper Johns

Samedi 1 décembre 2007

Si nous vous parlons des cibles de Jasper Johns, c’est uniquement pour la thématique. Car il s’agit d’une suite logique du nombre pi, de la forme circulaire, des symboles, des galeries, etc. Comme nous continuons de croire que notre blog n’est qu’un outil pour partager le début d’une certaine compréhension sur des sujets qui nous passionnent. Nous préférons donc nous abstenir à des analyses exhaustives… sauf si la situation l’exige.

Soyez rassuré que nous ne parlions pas de l’importance de la cible dans l’œuvre de Johns. Car il vous suffit de faire une recherche sur le net ou d’acheter un livre sur Johns. On vous parle abondamment de ses chiffres, ses drapeaux et ses légendaires cibles.

Deux personnes sont d’une importance capitale dans sa vie d’artiste, Rauschenberg et Castelli. Le premier l’a introduit dans le milieu new-yorkais, le second lui a permis de diffuser son oeuvre.

Et la cible dans l’œuvre de Johns? Pas bien important. Les chiffres, les drapeaux et les cibles ne sont que des prétextes. Le symbolisme de la cible avait son importance dans le cheminement qui permet à Johns de devenir l’artiste que nous connaissons aujourd’hui. La grande contribution de Johns à l’histoire de l’art se trouve dans son geste de détruire vers 1954 l’ensemble de son travail réalisé jusque-là.

Cible aux quatre faces

Les éléments à retenir dans cette œuvre intitulée Cible aux quatre visages, sont la répétition de son propre visage obtenu par moulage; le volet pour cacher ou dévoiler cet espace où loge ces quatre visages partiels; la position de la cible par rapport au boîtier; ainsi que le choix de travailler avec un médium autre que la peinture à huile.

Cercles de Kandinsky

Samedi 1 décembre 2007

On ne peut pas mentionner le tableau Cercles, 1926, de Kandinsky sans évoquer le Bauhaus. Celui-ci joue un rôle important sur le plan historique du XXe siècle, soit de rendre l’art utile à la vie quotidienne. L’un de ses maîtres-enseignants s’appelle Kandinsky. C’est durant les années 1920 que les éléments géométriques, en particulier le cercle, prennent un essor important tant dans l’enseignement que dans l’œuvre picturale de Kandinsky.

Selon la légende de l’histoire de l’art du XXe siècle, Kandinsky est le père de la peinture abstraite. Évidemment, il est un choix idéal pour occuper une telle place; un intellectuel pratiquant un art abstrait, mais lyrique, appuyé sur une spiritualité orientale. Il n’y avait donc peu de candidat compétiteur qui possède de telles facultés : de la nuance dans sa pensée, des théories rigoureuses et d’une pratique picturale féconde.

Kandinsky se démarque nettement d’un Malevitch qui préconise davantage une attitude révolutionnaire à tout casser pour un art nouveau.

Cercles par Kandinsky

Nunavik

Samedi 1 décembre 2007

Depuis vendredi, le parc des Pingualuit, qualifié par les Inuits du Québec comme boutons d’acné, est devenu officiellement le parc national Nunavik. Il est situé à l’extrémité nord de la péninsule d’Ungava, dans le cercle polaire, à 1800 km de Montréal. Le gouvernement du Québec réalise ainsi une promesse contenue dans la Convention de la Baie-James, signée en 1975. Le nouveau parc national Nunavik, ou simplement, le parc des Pingualuit, est caractérisé par un immense cratère, causé par une météorite, au centre duquel se trouve un lac de plus de 1,4 million d’années. Le plan d’eau, d’un diamètre de 3,4 km.

Vous dites peut-être que notre divagation «artistique» s’éloigne de plus en plus de l’art. Mais, pas du tout. ;-)

Lac Nunavik
Images : Robert Fréchette

La forme sphérique ou circulaire est présente dans de nombreux domaines de la vie humaine. Il n’est pas un hasard qu’elle revendique sa part de présence dans l’art. L’aventure de l’art du 20e a déjà fait du cercle l’un des centres d’expérimentation dans le renouveau du langage plastique. Kandinsky a longuement élaboré le cercle dans son œuvre et dans Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier. Jasper Johns a récupéré la cible. Plus près de chez nous, Claude Tousignant, récipiendaire du prix Borduas, en a fait une variation sur un terme sous forme de l’art optique.

Voilà notre raisonnement circulaire. Nous ne pensons pas d’avoir oublié un grand nom dans ce ricochet d’Inunavik à l’art. Il fait un froid nordique au Québec en ce samedi matin. Ô Seigneur, mon pays n’est pas un pays, c’est l’hiver… pas facile de réfléchir. :-|