Paradis…

4 février 2010

paradis

ON A TOUS DÉJÀ PENSÉ SE TUER. Au moins une fois, au moins une seconde, le temps d’un nuit d’insomnie ou sans arrêt, le temps de toute une vie. On s’est tous imaginé, une fois au moins, s’enfourner une arme à feu dans la bouche, fermer les yeux, décompter les secondes et tirer. On y a tous pensé, à s’expédier dans l’au-delà, ou à s’envoyer six pieds sous terre, ce qui revient au même, d’un coup de feu, bang. Ou encore à en finir sec dans le crac de la pendaison. La vie est parfois insupportable.

C’est anisi.

Ça vient, ça prend à la gorge, et ça passe.

Ainsi commence le dernier roman de Nelly Arcan, auteure à succès, qui s’est enlevé la vie peu après avoir complété son 4e et dernier roman, Paradis, clef en main.

1-866-APPELLE

2 février 2010

Quand tout tourne au noir, c’est peut-être pas juste qu’il fait nuit. Ce n’est jamais trop tard d’appeler la ligne qui écoute! 1-866-APPELLE ou 1-866-277-3553, une ligne compatissante à la main tendue et visitez son nouveau site internet : www.prevenirlesuicide.com

1-866-appelle

Une image dure à regarder…

1 février 2010

Oui, c’est dur à regarder cette image. La mort n’est jamais beau à voir.

Le mot suicide signifie se massacrer soi-même. Pas difficile à prononcer comme mot. c’est tout doux. Pas comme le mot tuer… celui-là, c’est agressif, ça percute, l’entendez-vous? C’est la 20e Semaine nationale de prévention du suicide, en ce début du mois de l’amour.

Quelques chiffres :

- Sur les 1103 personnes décédées par suicide en 2008 au Québec, 842 étaient des hommes, et 260, des femmes.
- 199 suicides à Montréal en 2008, le taux de mortalité par suicide le plus élevé au Canada, devant les régions d’Ottawa, de Toronto et de Vancouver.

Triste palmarès.

une image difficile à regarder

Leadership défaillant

30 janvier 2010

Head One, Cai Gui QiangCe soir, quelques photos de cette oeuvre de l’artiste chinois Cai Gui Qiang que nous ayons parlée l’autre jour, appelons-la du leadership défaillant.

Non?! Quand un chef de direction amène sa meute à l’anéantissement, n’est-ce pas une manque totale de vision dans le monde des hommes ? ;-)

Nous sélectionnons trois images pour vous donner un aperçu, l’amorcement, l’envolée et la chute. Vous convenez peut-être avec nous que c’est une approche peu souhaitable de regarder une oeuvre d’installation de tel ampleur. Mais, même si vous pouviez voir ce type d’oeuvre dans sa disposition physique, encore là, certain espace muséal dans lequel elle a été présentée ne valorise point cet élan de la fatalité. Ce fut le cas pour le Guggenheim de New York, à cause de son plafond d’une hauteur limitée et son aire d’exposition en spirale. Par contre, les voitures de Cai qui scintillent de petites lumières néons bénéficient grandement l’espace central de Guggenheim lors de son exposition en 2009.

En passant, le vrai titre de cette oeuvre de meute de loups est « Head One », 2003.

Lleadership défaillant

meute de loups dans une oeuvre d'artPhotos : Mathias Schormann

Image d’un leader

29 janvier 2010

Image d'un leaderL’image d’un leader a une valeur publicitaire plus importante que le leader lui-même lorsque l’on vise à vendre un produit au public qui souhaite apporter une touche de leadership à son image.

Installé au coeur du Times Square au début de l’année par Weatherproof un panneau de pub sur lequel Barack Obama apparait emmitouflé dans un manteau, semble-t-il, de marque Wartherproof. L’image est intitulée « Un leader de style ». La Maison Blanche a refusé l’initiative non autorisée.

La photographie originale a été prise sur la Grande Muraille de Chine, lors du premier voyage officiel du président Obama en Chine.

Obama sur la Grande Muraille de Chine

Le temps

28 janvier 2010

Ce soir, le temps. Le tic tic tic continu. Les battements de coeur de notre humanité. En fait, nous voulions prendre du temps à rien faire, prendre congé pour donner du temps à ce début de rhume de s’extirper de nos sinus atrophiés et obstrués. Nous nous demandons si un billet de plus peut réellement changer de quoi à notre petit blog d’artiste. Si nous écrivions, c’est simplement pour satisfaire notre désir de ne pas rompre la séquence.

- Tiens, le 28 janvier 2010, pas de billet. Mais bon sang! Que faisions-nous cette journée-là, pourquoi rien? C’est terrifiant quand nous pensons à notre Numéro Un qui fait son inquisition dans quelques années. Ouf! Nous avons des sueurs, et les membres tremblent.

Publier un billet, c’est comme pour se donner un repère pendant que le temps coule doucement, pour le faire figer un moment. Bien que le temps n’accélère point sa cadence.

En fait, nous avons plusieurs idées pour ce billet ce soir, mais à la fois rien de tangible. Un peu comme la plupart des journées dans une vie. Faut vivre pour avoir la vie en espérant que le meilleur est à venir. L’importance des actions n’est pas dans l’action, mais le sens que l’on y confère. Créer, c’est comme vivre, autre que le sens véritable des oeuvres, il n’y a qu’une enveloppe, plus ou moins vide.

Obama

L’avez-vous écouté, le discours d’Obama? Avez-vous lu les journaux ce matin? Peut-être, vous avez zappé les analyses des commentateurs politiques sur la performance d’Obama à la tévé. Si vous lisiez encore ces lignes, vous êtes vraiment un indéfectible de notre blog. ;-) Nous, nous l’avons écouté, ce discours, jusqu’à la fin. Nous doutons que Zack comprenne, peut-être à quelques brefs moments, ses yeux roulaient. Est-ce un signe de compréhension? Un début de conscience?

Ah oui! Le discours! C’était un peu long comme au cinéma lorsque l’on regarde sa montre pour savoir depuis combien de temps le film est commencé. C’est l’un des discours le moins inspirants d’Obama que nous avons écouté. Pas d’envolées lyriques « Yes We Can» . C’est un discours d’administrateur conciliant, c’est un discours mosaïque, un peu de tous pour tout le monde. Un discours comme la vie, pas toujours ponctuée de faits saillants mémorables. Il n’y a plus d’étincelles pour allumer mille et un espoirs parmi son auditoire, mais que de réalités à concilier. Il n’y a plus de « nous allons changer la bureaucratie à Washington» , mais l’espoir du lendemain de la veille : faut négocier, faut pas décevoir le peuple, faut abandonner la partisanerie, etc. Obama est toujours intéressant à écouter. Car c’est un être vrai qui se trouve dans l’habit de politicien, le président des États-Unis.

Saviez-vous quoi? Le temps joue contre Obama. Dans un mandat présidentiel de quatre ans, il y a trois pour gouverner. Et la derrière? C’est pour se préparer à l’élection présidentielle. Obama est à sa 2e année. C’est l’année pour retirer ses fantassins d’Irak, pour faire passer la réforme de la Santé et pour un début de création d’emplois. Il espère sans doute une reprise forte de l’économie américaine pour la 3e année et le retour de la prospérité en Amérique . La 4e année d’une présidence, c’est comme l’âge d’Or dans une vie. Avant d’espérer un 2e mandat, la renaissance, du travail à tous les instants, ce dont Obama a évoqué lui-même récemment

Ceux qui font le « temps»  la ligne conductrice de leur création artistique savent bien que ce thème est aride à explorer sans une trame narrative qui soit capable d’exalter l’âme humaine. Vous connaissez l’oeuvre de Monet? Il ne parle pas souvent de l’aspect formel du temps dans sa peinture comme des artistes modernes, mais pour éviter sombrer dans une contemplation béate devant l’oeuvre de Monet, il y a une quatrième dimension inhérente à regarder dans cet art aux couleurs chatoyantes que sont gares, cathédrales, nymphéas… le temps.

À travers ses tigres fléchés à la manière d’un Saint Sébastien martyrisé, ses envols de loups écrasés devant un muret vitré, ses voitures explosées,  l’oeuvre de Cai Guo Qiang séquence le temps, et fige les instants inopportuns.

Temps

Tigre fléché

Tigres, le temps

Tigre ArtImages : Eric Swanson

Mois de l’histoire des Noirs

27 janvier 2010

Mois de l'histoire des NoirsRécemment, l’effigie de la Première Dame des États-Unis Michelle Obama s’est jointe à celle de son célèbre mari chez Madame Tussauds. Hier, les deux statues prennent part des célébrations à New York pour souligner le début du Mois de l’histoire des Noirs aux États-Unis.

Vous ne le savez peut-être pas, ce soir, le président Obama pro- noncera son discours sur l’état de l’Union à Washington. Ce sera intéressant maintenant d’écouter le ton qu’il emploie durant son discours et l’orientation qu’il se donne pour la 2e année de son administration, surtout après que les démocrates ont échappé leur 60e siège au Sénat, laissé vacant à la suite du décès de Ted Kennedy.

Revenons sur la ressemblance de ces statues de cire, que l’on soit artiste ou pas, devant de tel réalisme, un seul mot : Wow!

Mais derrière cette saisissante ressemblance, du travail colossal d’une équipe d’artistes talentueux assistés par des équipements sophistiqués à la fine point de la technologie que le public ne voient jamais. Nous ne savons pas si les statues de cire chez Madame Tussauds sont considérées comme étant des oeuvres d’art. On dit souvent que l’art dévoile l’invisible au public par du tangible. Il y a donc une chose qui est sûre chez Madame Tussauds, tout est visible.

Effigie de cire des Obama

Voiture d’art environnemental

26 janvier 2010

Chaque époque produit des artistes à l’image de son temps. Seul un petit nombre entre eux devient des témoins de l’esthétisme et des aspirations de leurs contemporains par une production artistique soutenue et transcendante.

Cette voiture d’art… euh, environnemental, agglutinée d’objets plastiques fondus, faisant peut-être référence à la surconsommation de la vie moderne, à l’urgence d’actions concrètes par rapport au réchauffement climatique, ou encore, à l’appel d’une conscientisation… mais de quoi et de qui?  Vue à la Biennale de l’art contemporain de Tokorozawa, au Japon.

Deviendrait-elle un auto artistique, une oeuvre représentative de notre époque? Nous en doutons un tout petit peu. :-|

Voiture d'art environnementalImage : Creative Commons, par mocrowalrus

Véhicule d’idées

25 janvier 2010

Merci à Pirchirinarmor pour ses instructifs et divertissants textes sur Faust!

Ce fut agréable cette pause inattendue durant laquelle nous avons eu quand même le plaisir de trouver les quelques images pour accompagner leur publication.

Bon, ce soir, un retour sur le thème d’automobile en reprenant le clavier. Encore de la voiture! ;-)

Devant une œuvre, autre que d’apprécier son côté décoratif, il est essentiel pour une œuvre de qualité d’être véhicule d’idées en permettant une lecture autre que la contemplation. Ainsi, l’œuvre d’art s’échappe de l’emprise du beau… de faire la belle – pour éviter la confusion avec le Beau de Kant. Rappelez-vous sans doute de nos deux précédents billets sur le thème voiture? L’une des deux voitures, malgré qu’elle soit sur un piédestal du sanctuaire culturel que représente un musée, elle n’a ni valeur, ni signification qu’une simple voiture suspendue même si l’on se tortille quelques neurones pour lui trouver un sens; l’autre, bien qu’elle soit identifiée comme étant un objet de consommation, son enveloppe luxuriante et rutilante attire de regards admiratifs.

Chute d'autos - Cai Gue-Qiang

Devant ces véhicules suspendus, pour des connaisseurs d’autos, on arrive facilement à identifier la marque et le modèle des autos utilisés par l’artiste contemporain chinois Cai Guo-Qiang. Lors de son passage au Guggenheim, la disposition de cette oeuvre est bien différente de ce que les Québécois qui l’ont vu au Centre d’exposition de Shawinigan. L’espace muséal du célèbre musée new-yorkais conditionne son accrochage. Le vrai point de mire de cette oeuvre, tel que pensé par l’artiste, n’est ni dans la chute des voitures, ni dans la représentation de l’automobile, mais bien l’explosion. Ses véhicules ne sont qu’un vecteur d’idée, bons pour leur dimension archétypale qui permet à une connexion à la réalité du public de son époque.

L’artiste peut, pour créer, partir d’une préoccupation personnelle, mais s’il ne trouve pas de véhicule à son idée pour accéder à la réalité de la perception de son public. Son œuvre verra peut-être le jour, mais elle mourra à brève échéance au même titre d’un objet de consommation. Une fois usé, bon pour la ferraille.

Pluie d’or sur Staufen

24 janvier 2010

Par Pirchirinarmor

Portrait de Faust, peintre anonyme du 17eL’homme qui obtint la gloire à titre posthume et qui fit pleuvoir une pluie d’or sur Staufen et bien d’autres bénéficiaires…

Le sorcier Faust prétendait fabriquer de l’or à partir de rien (pourquoi pas d’une sordide histoire) : c’est fait. Les recettes des dizaines de livres, représentations théâtrales et autres films ont dû atteindre un certain chiffre entre temps… et faire la fortune, tant matérielle que spirituelle, de plus d’un artiste ou éditeur…

Quant à Staufen, elle tire de la visite de la maison de Faust, fièrement ornée d’une magnifique plaque commémo- rative et du tourisme faustien de belles recettes… Le contrat passé avec Anton von Staufen a finalement été honoré. A titre posthume… Le contrat ne mentionnait peut-être pas de délais ?

… Staufen, une ville entre les griffes du démon ? Hantée par le fantôme de Faust ?

Staufen est une ville très engagée dans la protection de l’environnement. Et lorsque le conseil communal décide en 2006 de réhabiliter l’hôtel de ville, elle décide de faire appel à la géothermie pour son chauffage. Ce qui fût dit fût fait : sept puits de forage sont creusés dans la terre par un spécialiste autrichien…

Et c’est la catastrophe ! Des fissures apparaissent dès 2007, plus de 200 maisons sont entre temps toutes lézardées…

Les scientifiques prétendent que les forages ont mis l’eau de la nappe phréatique en contact avec une couche de gypse de Keuper de 75 mètres d’épaisseur, Guillaume Geefs, Diable/Lucifer (Cathédrale Saint-Paul de Liège)et que la réaction de cette dernière avec l’anhydrite entraîne une augmentation du volume de ce gypse. C’est la raison pour laquelle la terre, à Staufen, se soulèverait chaque mois d’environ un centimètre. Ce qui fait 20 centimètres en tout depuis lors, sachant que le processus de gonflement se poursuit…

Les impies ! Les mécréants ! Nul ne pense qu’il n’est pas bon d’aller remuer les entrailles de la terre, où l’on dit que se trouve le royaume des enfers… là où repose Faust…

Histoire, rêve, mythe, réalité… ne s’entremêlent-ils pas dans le lacis inextricable d’un monde d’illusions ?

(Fin)

Gloire littéraire & Naissance du mythe

23 janvier 2010

Par Pirchirinarmor

Gloire litteraire & Naissance du mytheJohann Heinrich Wilhelm Tischbein, Goethe dans la campagne romaine, 1786

La gloire littéraire et la naissance du mythe de Faust

L’Historia von Johann Fausten est traduite en anglais en 1593. Elle est reprise par l’homme de théâtre Christopher Marlowe puis par Johann-Nicolaus Pfitzer (1674) et Gotthold Ephraim Lessing (1759).

Mais c’est Johann Wolfgang von Goethe, grand voyageur et lecteur, qui récupère l’histoire d’origine, la détourne complètement de sa destination et de son sens, et crée un fabuleux mythe littéraire en trois éditions successivement remaniées (1749 – 1790 – 1832). Et qui inspirera une foule d’écrivains et d’hommes de théâtres (Friedrich Maximilian Klinger, Adalbert von Chamisso, Thomas Mann, Alexandre Pouchkine, Christian Dietrich Grabbe, Nikolaus Lenau, Heinrich Heine, Ivan Tourgueniev, Alfred Jarry, Michel de Ghelderode, Paul Valéry, Jean Giono, Fernando Pessoa, Thomas Mann et bien d’autres), de musiciens d’opéra (Berlioz, Gounod..) et plus récemment de cinéastes et même de dessinateurs de bandes dessinées et créateurs de jeux informatiques.

Un qui doit bien rire de son paradis ou de son enfer, c’est Faust. Obscur escroc dans la vie, éternel et génial escroc dans la mort, quel homme!

(Partie 5, demain)

Les débuts du mythe de Faust

22 janvier 2010

Par Pirchirinarmor

Les débuts du mythe de Faust : une machination politique de l’Eglise

L’histoire du vrai Faust prête à sourire. Quel faux docteur de la conquête de l’ouest est devenu le héros d’un mythe universel ? L’histoire de Faust n’aurait jamais dû quitter le domaine des faits divers…

Il n’en fut pourtant rien. Pourquoi ? Et bien parce que l’Eglise catholique s’est emparée de l’affaire !

Car la Renaissance est une grave période de crise métaphysique et religieuse, économique, politique et sociale. Une époque fascinante et formidable de géants. Et une époque de cauchemar pour l’Eglise catholique. Pensez : un obscur astronome polonais du nom de Copernic affirme que son observation des mouvements des corps célestes dans le ciel permet d’affirmer que la terre fait partie d’un système de planètes tournant autour du soleil. Qu’elle est une sphère flottant dans le firmament alors que tout le monde sait qu’elle est plate !!! Pire, un maudit navigateur génois appelé Christophe Colomb, persuadé que cela est vrai et possédé par le démon, découvre un nouveau monde oublié par Dieu dans sa dictée de la Bible. Un autre navigateur non moins impie, le portugais Magellan, démontre définitivement que la terre est ronde en en faisant le tour. L’allemand Luther, le français Calvin, le Suisse Zwingli et toute une série de prédicateurs anglais s’élèvent contre les abus de l’Eglise, sa richesse, son hypocrisie et le trafic des indulgences et prêchent, dans leurs barbares langues de sauvages qui sont une injure à la noble langue latine, la révolte contre l’autorité sacrée de la sainte Eglise, apostolique et romaine ! L’Angleterre est schismatique à cause de la lubricité de son roi, l’Allemagne et la France sont à feu et à sang, les médecins déterrent les cadavres pour les disséquer et un satané français nommé Ambroise Paré va jusqu’à décrire dans un long ouvrage et par le détail les observations faites dans les cadavres humains !!!

Trop, c’est trop ! La science attaque et bafoue l’autorité des docteurs de l’Eglise, versés non pas en astronomie ni en médecine, mais dans la connaissance supérieure des saintes écritures. Le philosophe Giordano Bruno va même jusqu’à les traiter de canassons encapuchonnés, de bourriques et d’ânes coiffés de mitres ! Enfin celui-là au moins, on s’en est occupé. Il a compris…

La coupe est pleine. Et l’Eglise réagit. A travers le concile de Trente et la création de la compagnie de Jésus bien sûr. Mais elle fait aussi feu de tout bois. Et lorsqu’un obscur zélateur du catholicisme tombe par hasard sur la rubrique nécrologique badoise et y retrouve le nom de Faust, il lui vient une idée de génie : voilà l’occasion rêvée de jeter le discrédit sur les savants et les scientifiques. Tous des impies possédés par le démon !!! La preuve !!!

La méthode ? L’amalgame : Faust est classé parmi les vrais savants et universitaires, ce qu’il n’a jamais été. Le but est de créer l’image du savant fou ayant maille à partir avec le démon. En 1587 parait un écrit anonyme Historia von Johann Fausten… un texte de propagande catholique contre les scientifiques…

Mais toute cette embrouille va déraper de façon inattendue…

(À suivre demain, Partie 4)

Democritus, le geographe
Diego Velazquez, Democritus/Le Géographe, 1628-29