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WIM DELVOYE
ARTISTE BELGE |
« Tatouer des cochons vivants?
L'idée m'est venue en un éclair, même si j'avais depuis longtemps envie de
travailler sur le tatouage. Ce qui m'intéresse le plus, c'est la friction
entre l'art et la vie. Je voulais réaliser une oeuvres qui s'enracine dans
la société et ne soit pas morte et encadrée. Le cochon, il mange, grogne,
chie, se fait remarquer!
... J'ai donc réalisé mon désir
de m'installer en Chine. Là-bas, j'ai trouvé des gens bosseurs et ouverts
à tout, et ma ferme s'est construite en trois mois.
... Quand j'ai une idée, je fais
un dessin et je le faxe. Les tatoueurs ne travaillent que deux heures par
semaine sur un cochon pour ne pas le traumatiser.
... Je laisse bien entendu le
Parti communiste chinois juger mes tatouages, c'est pour cela qu'il
n'y a rien de porno. C'est déjà limite quand je fais des seins nus.
... On tatoue le cochon quand il
pèse 35 kilos et un saigneur belge vient le tuer quand il atteint 200
kilos. Puis il faut nettoyer la peau, la congeler et la ramener en
Belgique, où elle est tannée par un spécialiste. Enfin, elle peut être
présentée, selon sa qualité, comme un trophée de chasse ou tendue sur in
cadre comme une toile. Parfois, je fais empailler l'animal. »
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