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  Janvier 2007, Montréal, Mines d'ordures

Paul-Antoine PichardCe photographe explore depuis 1997 la vie des gens qui se survivent des rejets des autres : les ordures. Durant plusieurs années, Paul-Antoine Pichard photographie ce type de société parallèle qui vit au milieu des ordures, récupère, recycle et vend des bouts de plastique et de métal trouvés. Depuis, ces images parcourent le monde. Elles nous révèlent une pratique traditionnelle de la photographie humaniste et engagée de Pichard.

Le point de départ du processus de création de cet artiste s'appuie sur des images du monde médiatique de son enfance: des images de guerres et de famines à travers le monde, Viêtnam, Cambodge, Tchad, Éthiopie, Afghanistan, Liban et autres qui lui ont donné sa vocation.


Paul-Antoine Pichard - Mines d'ordures (Enfant africain)


En 1997, Il se retrouve au Sénégal pour un reportage photo sur les fumeurs de crack. Son aventure artistique se termine
sur un échec : trop dangereux. Il se met alors à errer avec les enfants de la rue et aboutit à 20 km de Dakar dans un dépotoir. C'est donc à Dakar, en 1997, qu'il découvre l'univers des décharges, le départ d'un long projet qu'il intitule « Mines d'ordures ».

Son expérience parmi les recycleurs de Dakar commence mal. On le prend pour un intrus et on le chasse à coups de crochets. À son retour en France, il crée une association, Le Troisième Œil, pour accumuler quelque 60 kilos de matériel scolaire et médical. Il retourne à Dakar pour gagner la confiance des recycleurs et leur prouve sa bonne foi.


Paul-Antoine Pichard - Mines d'ordures (Enfants cambodgiens)


Les ordures sont la source de survie pour bien de gens dans plusieurs mégapoles du monde
; ils passent ainsi leur vie, entassées dans des conditions précaires et insalubres. Après Dakar, Pichard poursuit l'expérience pendant trois ans, grâce à une bourse, aux Philippines, en Indonésie, au Cambodge, en Thaïlande, en Inde, en Égypte, au Sénégal, à Madagascar et au Mexique.

Devant ces photos, nous éprouvons sans doute  de l’indignation et de la compassion pour ces recycleurs avec leur vie de misère, et leur quotidien précaire et dangereux. Nous pouvons aussi nous questionner sur ces clichés esthétiques à la composition classique qui sont d’une beauté saisissante malgré le sujet repoussant. L’œuvre photographique de Pichard dépasse les simples bons sentiments humains et le choix esthétique d’une œuvre. Sa qualité se situe entre la sensibilité artistique et la réflexion d’une critique sociale, deux pôles quelque fois difficiles à concilier en art, ce que fait Pichard avec un œil de maître.

 

Mise à jour : 12 février 2007



 

Lien externe


» Site officiel du photographe
 

 

 

 

 

 

 

 
 

 



 


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