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Ce
photographe explore depuis 1997 la vie des gens qui se survivent
des rejets
des autres : les ordures. Durant plusieurs années,
Paul-Antoine Pichard photographie ce type de société parallèle qui
vit au milieu des ordures, récupère, recycle et vend
des bouts de
plastique et de métal trouvés. Depuis, ces images parcourent le monde.
Elles nous révèlent une pratique traditionnelle de la photographie
humaniste et
engagée de Pichard.
Le
point de départ du processus de création de cet artiste
s'appuie sur
des images du
monde médiatique de son enfance:
des images de guerres et de famines à
travers le monde, Viêtnam, Cambodge, Tchad, Éthiopie, Afghanistan, Liban
et autres qui lui ont donné sa vocation.

En
1997, Il se retrouve au Sénégal pour un reportage photo sur les fumeurs de
crack. Son aventure artistique se termine
sur un échec : trop dangereux. Il se
met alors à errer avec les enfants de la rue et aboutit à 20 km de Dakar
dans un dépotoir. C'est donc à Dakar, en 1997, qu'il découvre l'univers
des décharges, le départ d'un long projet qu'il intitule « Mines
d'ordures ».
Son
expérience parmi les recycleurs
de Dakar
commence mal. On le prend
pour un intrus et
on
le chasse à coups de crochets. À son retour en France,
il crée une association, Le Troisième Œil, pour accumuler quelque
60 kilos de matériel scolaire et médical. Il retourne
à Dakar
pour gagner la confiance des
recycleurs
et leur prouve sa bonne foi.

Les
ordures sont la source de survie pour bien de gens dans plusieurs
mégapoles du monde;
ils
passent ainsi leur vie, entassées dans des conditions précaires et
insalubres.
Après Dakar, Pichard poursuit l'expérience pendant trois ans,
grâce
à une bourse, aux Philippines, en Indonésie, au Cambodge, en Thaïlande, en
Inde, en Égypte, au Sénégal, à Madagascar et au Mexique.
Devant
ces photos, nous éprouvons sans doute de
l’indignation
et de
la
compassion pour
ces recycleurs
avec leur vie de misère, et
leur
quotidien précaire et dangereux. Nous pouvons aussi
nous
questionner
sur
ces
clichés esthétiques à la
composition classique qui sont d’une beauté
saisissante malgré le sujet repoussant. L’œuvre photographique de Pichard
dépasse les simples bons sentiments humains et le choix esthétique d’une
œuvre. Sa qualité se
situe
entre la sensibilité artistique et la
réflexion d’une critique sociale, deux pôles quelque fois difficiles
à
concilier en art, ce
que fait Pichard avec un œil de maître.
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