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L'orientalisme
est un phénomène culturel qui s'est principalement développé au cours du XIXe siècle.
Il débute vers la fin de l'Ancien Régime monarchique français et se
termine avec le déclin de l'Empire
britannique. Il touche plusieurs domaines dont la peinture.
La
peinture orientaliste est carac- térisée par une recherche de l'orient
mythique, combinée au désir d'évasion imaginaire en des lieux
lointains, d'abord helléni- ques, ensuite islamiques, turcs et arabes,
et finalement indien, chinois et japonais.
L'orientalisme
en peinture n'est donc ni une école, ni un mouvement. Il ne se
définit pas non plus, par un seul style. Pour certains des grands
artistes, tels qu’Ingres et Delacroix, il s'agit d'un simple
prétexte au dévelop-pement de leur processus de création. Leurs
œuvres transcen-dent la mode passagère et la tendance artistique en
vogue. Ingres le fait par ses nus, alors que son rival, Delacroix,
par son esprit romantique.
De
nos jours, les œuvres orientalistes tapissent les murs des musées. Elles ne soulèvent
plus guère de passion et d'engouement. Si la peinture orientaliste
suscite encore l’intérêt de quelques amateurs avérés ou d'investisseurs fortunés
prêts à
débourser des millions pour les acquérir, elle n'est considérée que
comme un simple reflet sociologique, comme des bribes
d'image des moeurs du passé.
Ces
oeuvres s’estompent de la mémoire collective, se réactuali- sent
parfois au gré des événe- ments circonstanciels qui font les grands
titres des journaux: vol, vente aux enchères ou exposition
commémorative. Ceux-ci nous permettent alors de constater la
qualité picturale indéniablement remarquable de ces œuvres et
l'habileté de ces peintres à représenter la nature — un signe que,
peut-être, un objet d'art fait avec rigueur et éthique, même
parfois sans génie, survit à l'oubli, mais encore pour
combien de temps? |