|

C’est au Cabaret Voltaire de
Zurich, le 8 février 1916, que se forme un premier groupe dadaïste. Il
réunit au sein d'un groupe cosmopolite à la fois des écrivains comme
Tristan
Tzara
et
Richard
Huelsenbeck, et des artistes,
Hans Arp et
Marcel Janco. Ceux-ci se
réfugient en Suisse pour fuir la guerre. Ce sont les allemands Hugo
Ball et Richard Huelsenbeck qui donnent nom à un des plus célèbres
mouvements réactionnaires, en choisissant le mot DADA après avoir
ouvert au
hasard un dictionnaire français-allemand.
Parallèlement, il se constitue à New
York, sans aucun contact avec Zurich, un autre groupe autour du
photographe
Alfred Stieglitz
réunissant
Marcel Duchamp,
Francis Picabia et
Man Ray.
La liaison ne s’opérera qu’en janvier 1919, à l’occasion d’un voyage
de Picabia à Zurich, et l’année suivante par la réunion des deux
groupes à Paris.
L’esprit
de dérision dadaïste qui anime les écrivains se manifeste moins chez les
artistes, qui, dans un premier temps, créent surtout des œuvres
abstraites, peintures ou objets, d’un esprit proche du
Cubisme. Leurs
manifestes sont agressifs, provocants et subversifs. Ils proclament
leur doute intégral, leur refus de toute culture, de tout système
établi. Ils prônent l’anti-art.
La
multiplication de petites cellules se poursuit à Berlin: formé en
avril 1918, le Club Dada au fondement très politique, qui
s’organise autour de
Richard Huelsenbeck,
venu de Zurich avec
Georg Grosz,
John
Heartfeild et
Raoul Hausmann.
À Cologne, en 1919, l'amitié unit Hans
Arp et Max Ernst. Ils créent Fatagaga; à Hanovre,
Kurt Schwitters institue Merz
en 1919 après avoir eu des contacts avec le groupe de Zurich. Merz est
fondé sur des orientations apolitique, fantastique et constructivisme.
Dadaïsme,
Partie I |