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Après la Seconde Guerre mondiale,
une poignée d’artistes remettent en question l'aventure de
l'abstraction intellectuelle et l'art galvaudé de références. Ces
quelques artistes refusent l'art du début du XXe siècle. Ils
pratiquent un art spontané, improvisé et inventif en refusant
l’harmonie et la beauté. C'est à
Jean Dubuffet
que l'on doit le concept d'art brut en 1945.
Collectionneur
des créations indemnes de culture artistiques, Dubuffet ouvre
en novembre 1947, un Foyer de l'art brut dans les caves de la
galerie René Drouin, Place Vendôme, à Paris; l’année suivante, il
fonde la Compagnie de l’art brut, avec Breton et Tàpies. Il
prétend d'ouvrir le monde de l’art aux enfants et aux déclassés de la
société. « Tout le monde est peintre. Peindre, c’est comme parler
ou marcher. C’est à l’être humain aussi naturel (...) de
barbouiller quelques images, que ce l’est de parler. »
L'art
brut est tantôt figuratif, tantôt abstrait, et imite la
maladresse. Il s'agit d'un art qui fait référence aux réalisations des
malades mentaux et des enfants, mais élaboré en véritable langage
plastique. Il utilise souvent des couleurs rebutantes et des matières non
conventionnelles : goudron, rouille, sable, papiers mâchés, planches,
etc. Dubuffet le définit comme « productions de toute espèce
présentant un caractère spontané et fortement inventif, aussi peu que
possible débitrices de l'art coutumier ou des poncifs culturels, et
ayant pour auteurs des personnes obscures, étrangères aux milieux
artistiques professionnels. »
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