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Bien
que Géricault puise les sujets de ses tableaux dans le fait contemporain,
sa peinture est de facture classique et sa représentation
réaliste. Son oeuvre trahit son admiration pour Rubens; on y décèle
également une influence
notable de Michel-Ange et du
Caravage.

Le Radeau de la Méduse
1817-1818
Huile sur toile, 491 X 716 cm
À
l'automne 1817, Géricault revient à Paris après avoir passé à peine un an
en Italie - le traditionnel et classique voyage de perfectionnement des
artistes de cette époque - qu'il estime lui-même suffisant. En réaction au romantisme littéraire, il qualifie
celui-ci de simple sensibilité qu'excitent seulement les vents, les orages et les clairs de
lune.
Le
scandale du naufrage de la Méduse lui a offert un sujet d'actualité
unique. Le Radeau de la Méduse est son oeuvre testamentaire
et aussi la dernière oeuvre achevée où ses références classiques
supplantent
finalement son obsession du modernisme. Le tableau, de
très grand format, nécessite deux ans de travail. Il est réalisé dans un atelier près de l'hôpital
Beaujon. Cette proximité lui permet d'effectuer des études sur les
cadavres et de malades ce qui confère un réalisme saisissant à l'état
effroyable des survivants du Radeau. Même si l'état du corps humain après
treize jours sans nourriture pouvait être bien différent.
L'accueil
réservé par le public au Radeau, l'un des trois tableaux ayant
été exposés du vivant de peintre, fut à la fois fort discret et critique
face à l'intention de Géricault et à sa pratique artistique du traitement
du corps humain.
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