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Son père, Joseph
Ingres, peintre, sculpteur et ornemaniste, l'initie au dessin et au
violon. À 11 ans, Ingres a eu comme maîtres Roques et Vigan à
l'Académie royale de Toulouse; il entre ensuite à l’atelier de David à
Paris, où il demeure de 1797 à 1801.
Gagnant du prix de
Rome en 1801 avec Les Ambassadeurs d’Agamemnon venant prier
Achille de combattre, il ne peut, toutefois, se rendre à Rome
en raison de la situation politique et de manque de moyen financier. Ses premiers
tableaux, tous des portraits, sont sévèrement jugés et très mal
reçus par la critique du
Salon. Cela l'affecte profondément.
Ingres se rend à la Villa Médicis en 1806 après quatre ans de
pensionnat; il décide de demeurer en Italie jusqu’au 1824. Durant
cette période, il dessine d’après l’antique et forge les deux
genres de son art: le nu et le portrait.
Avant la chut de
l'Empire, il peint des grandes compositions: Romulus vainqueur d'Acron
et le Songe d'Ossian pour le palais impérial de Monte
Cavallo, Virgile lisant l'Énéide pour la Villa
Aldobrandini et les portraits des hauts fonctionnaires. Après la
Restitution, il travaille à des petits formats à saveur historique : Henri IV
recevant l'ambassadeur d'Espagne, la Mort de François
Ier, le Duc d'Albe à Sainte-Gudule et
Roger et Angélique ainsi que des portraits des membres de la nouvelle
colonie anglaise.
La carrière
artistique d'Ingres est étroitement liée à la classe politique
française. Juste avant de se rendre à Rome en 1806, il réalise le
portrait de Napoléon Ier, dans sa pose impériale que
Baudelaire qualifie froide, À son retour en France, il reçoit
plusieurs commandes importantes, à commencer par celle du Vœu de
Louis XIII à la Vierge, monumentale composition qui l’occupe
durant quatre années et qui est exposée au Salon de 1824, où on
l’oppose aux recherches romantiques de
Delacroix dans ses
Massacres de Scio. Cette confrontation entre les deux artistes
se poursuit avec, dès 1827, la Mort de Sardanapale et l’Apothéose
d’Homère.
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